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  1. #1
    Senior Member Jedi Trader Avatar de xenia
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    Thread importé sur la musique classique :)

    Avec l'aimable autorisation de maître Pika, je vous copie certaines de mes interventions dans le thread que j'avais initié sur un autre forum. Ce thread me tenait à coeur et jecompte bien le continuer ici, en solo

    Je commence :

    L'autre soir, nous avons parlé avec Deneb, et il m'a cité cette très belle "Stabat Mater" de Pergolèse. Je lui ai alors conseillé d'écouter le Requiem et la Grande Messe en ut mineur de Mozart, depuis, il m'a dit qu'il avait acheté le disque et l'a écouté plusieurs fois, et qu'il l'appréciait beaucoup.
    Pour moi, cette musique est la plus magnifique !
    Voici les références (enfin, il existe plusieurs enregistrement, mais c'est celui que je préfère) :
    DG 437 389-2
    C'est un double disque économique, ce qui ne gâche rien,
    La Grande Messe est dirigée par Fricsay, un chef remarquable, et le Requiem, par Jochum qui est aussi .

    Maintenant, tout à fait autre chose, j'ai envie de donner aussi les références d'un autre disque, probablement parce que je suis en train de l'écouter tout en rédigeant ce post, c'est un cycle de lieder de Gustav Mahler, c'est très différent, mais très beau aussi :
    "Des Knaben Wunderhorn" (Le cor enchanté des enfants) :
    la meilleure imterprétation, à mon avis, est celle de Maureen Forrester et Heinz Rehfuss, chef Felix Prohazka, il est sorti chez Harmonia Mundi, B 40 5.116.
    Il pourrait ne pas être disponible, personnellement, j'ai une copie.
    Mais il y a une autre interprétation splendide (c'est celle que j'écoute, là) :
    Anne Sophie von Otter et Thomas Quasthoff, le chef Claudio Abbado, chez DG, 459 646-2, on trouve cette version facilement.

  2. #2
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    et je continue lol

    Tout d'abord : la musique religieuse ayant fait ces derniers jours l'objet de notre attention, j'ai envie de vous parler d'un disque que je trouve proprement miraculeux et qui d'habitude plaît autant aux néophytes qu'aux fins connaisseurs (vous allez me dire, s'il y a un tel consensus, c'est que cette musique doit être "passe-partout", eh bien, non, croyez-moi, c'est vraiment une merveille !) : il s'agit de Dixit Dominus de Haendel dans l'interprétation de John Elliot Gardiner.
    C'est une oeuvre de la première période de Haendel, italienne, cette musique est jeune, tonique, enthousiaste, pieuse et triomphale, les choeurs sont splendides, la pulsation rythmique, victorieuse, en somme, une bonne dose d'optimisme, exactement ce qu'il faut pour ce requinquer pendant cette période boursière si incertaine

    Références du disque : Dixit Dominus
    Erato 2292-45136-2
    Bonne écoute et surtout, bonne découverte !!!

    Xenia, haendelienne, à l'occasion

  3. #3
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    Bonjour à tous

    Aujourd'hui, ce sera "Die shöne Müllerin" (La belle Meunière) de Schubert, un cycle de lieder racontant l'histoire d'un jeune homme qui tompe amoureux et chante son bonheur, qui découvre que sa belle lui préfère un autre, et qui se tue.
    C'est un joyau de pureté, passant de l'allégresse la plus lumineuse des premiers lieder aux quintes lugubres et sombres du lied ultime.
    Les bons enregistrements sont pléthoriques, pour ma part, j'aime particulièrement celui de Peter Pears, accompagné par Benjamin Britten (il se peut que d'autres lui préfèrent celui de Wunderlich, plus classique et superbement bien chanté, mais le mien est le plus poignant, le plus exalté, le plus sans défense).
    DECCA 436 201-2

  4. #4
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    Bonjour à tous,

    Il était prévu initialement que je vous parle aujourd’hui des concertos pour violon de Bach qui sont un régal pour l’oreille, - et pour le coeur.

    Et puis, là, non, j’ai envie de vous parler d’un quatuor de Haydn, celui que je suis en train de ré-écouter, le N°1 de l’opus 74.
    Pourquoi Haydn, et pourquoi un quatuor ?

    La réputation de Haydn est faite : voici l’aîné des trois classiques viennois, un créateur serein, équilibré, doté d’un solide humour, en un mot, "papa Haydn" comme l’appelait Mozart, tout le monde est d’accord là-dessus, mais peut-être, sans assez écouter ses œuvres.
    C’est aller un peu vite en besogne que de le cataloguer ainsi, c’est oublier qu’il était le seul à qui Mozart, - qui savait très bien sa valeur et qui était doté d’une langue extrêmement bien pendue lorsqu’il s’agissait de dire tout le mal qu’il pensait de ses collègues, - vouait une admiration sans bornes, que, pressentant qu’ils ne se verraient plus jamais, il le suppliait de ne pas aller en Angleterre : "Tu ne connais pas de langues étrangères, papa Haydn", à quoi l’autre a répondu "La langue que je parle est comprise dans le monde entier"….
    Cette admiration était au demeurant réciproque, et Haydn a pleuré comme un enfant, en apprenant la mort de son ami…

    C’était l’homme et c’est un compositeur le plus généreux et le plus amical qui ait jamais existé.
    .
    Et j’en viens au domaine de la musique de chambre : l’appellation vient de l’italien, "sonata da camera", musique instrumentale profane, par opposition à "sonata da chiesa", musique sacrée.
    Dans la seconde moitié du XVIII siècle, cependant, tout en conservant son caractère profane, Haydn a été à l’origine de l’émancipation et de la codification de cette musique pour les amateurs éclairés, les auditeurs attentifs et enthousiastes.

    Et le quatuor à cordes, une forme où les quatre voix, - deux violons, l’alto et le violoncelle, - au sonorités si proches, et en même temps bien différenciées, conversent en toute liberté, chaque voix a son mot à dire, délicatement, sans jamais interrompre ni couvrir la voix de ses interlocuteurs, est devenu le symbole même de la musique de chambre.

    Alors, qu’en est-il de ce fameux quatuor op.74 N°1 (mais en fait, justement, il n’est pas des plus fameux, Haydn ayant écrit une soixantaine de quatuors, tous remarquables, il en est d’autres que celui dont je vous parle, bien plus célèbres, comme "L’Empereur", "L’Alouette" ou encore "Le Cavalier")

    Le premier mouvement est ample, énergique, rempli de thèmes les plus variés, donnant lieu à l’imitation libre inventive et jubilatoire, le thème est joué par une voix, repris par une autre, le tout aboutissant à une profonde unité interne.

    Après une petite pause, commence l’Andantino grazioso… et le temps surprend son vol : en effet, on ne peut rien imaginer de plus délicat, léger, insaisissable que cette musique, une espèce de menuet lent, qui s’avance sur la pointe des pieds sur un rythme ternaire, pleine de douceur et de grâce, mystérieuse, un peu étrange, aux harmonies fines et chatoyantes, …

    Mais j’arrête de bavarder et vous laisse découvrir cette œuvre miraculeuse !

    Concernant l’interprétation : j’ai un coffret qui réunit les quatuors op.71, 74, 77 et 102 par les Amadeus que je vous recommande chaleureusement :
    DG 429 189-2
    Et, pendant que vous y êtes, pourquoi ne pas acquérir les quatuors op. 76 du même et par les mêmes, tout aussi irrésistibles :
    DG 415 867-2

    Xenia qui ne loupe jamais un concert de quatuor à cordes

  5. #5
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    J'ai l'intention de reparler prochainement de Schostakowitsch, compositeur que m'est très cher, mais, pour passer dans un registre moins sérieux (et faire des heures supplémentaires du conseil lol), on peut recommander ses "Danse Album" et surtout "Jazz Suite".
    Car c'est une musique extrêmement séduisante, facile d'accès sans rien d'avoir de vulgaire, gaie et mélancolique, espiègle et légère dans le meilleur sens du terme.
    Il faut que je trouve les références des disques enregistrés par le chef Ricardo Chailly :

    Jazz Suite (+ concerto pour piano et trompette, exubérant, ironique, plein de citations irrévérentieuses, en un mot, une merveille) :
    DECCA 433 702-2
    Danse album (+la musique du ballet "Le Boulon") :
    DECCA 452 597-2

    Et voilà, vous pouvez vous précipiter à la FNAC lol

    Xenia qui va vous composer une dicothèque du tonnerre

  6. #6
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    Le voici, l’opéra promis, et quel opéra !

    Pour moi, Le Nozze di Figaro est l’opéra du bonheur par excellence : cette "commedia per musica", composée en 1786 par Mozart sur le livret de Da Ponte, et l’œuvre la plus gaie, tendre, légère, humaine, divine, une « folle journée » toute remplie d’allégresse !
    Tout y est beau, dès les premières notes de l’ouverture, on oublie tout, cette musique vous plonge dans la félicité la plus absolue.
    Quels personnages magnifiques s’expriment à travers les airs sublimes que leur a donnés Mozart : quelle explosion de passion dans le récitatif et l’air du Comte, ce grand seigneur emporté et possessif, quelle touchante figure que celle de la Comtesse, altière et mélancolique !
    Et Figaro dont le premier air ("Se vuol ballare"), forme pour ainsi dire le leitmotiv de tout l’opéra, Figaro dont l’air militaire achève en apothéose un finale déjà glorieux, et Suzanne, quelle intelligence, quelle grâce, quelle espièglerie, mais aussi, quelle tendresse poignante dont son Air des Marroniers est tout empreint.
    Quant à Cherubino, les deux airs immortels de ce "Don Juan enfant" comme l'a appelé Kierkegaard, vous dessinent cet adolescent amoureux de toutes les femmes du monde, sans aucune exception !
    Que l’on écoute les ensembles, et notre félicité augmente encore : le duo de Suzanne et Figaro, celui de Suzanne et du comte, le duettino de la lettre entre Suzanne et la comtesse, une merveille sans pareille, avec son sublime "écho" ; et enfin, les grands finali du deuxième et du quatrième acte, bon Dieu, quels finali !
    On est émerveillé, euphorique, on plane, on a la gorge serrée et les larmes aux yeux – larmes de bonheur - ému par tant de beauté, par tant de grâce, par tant d’humanité !

    Bon, assez bavardé, passons aux choses sérieuses : les interprétations.
    Vous devez vous douter que la discographie est riche et variée :
    Personnellement, j’ai 3 versions
    1. Erich Kleiber (Poell – Siepi - Della Casa – Gueden – Danco), Decca 457 315-2
    2. Giulini (Waechter – Taddei – Schwarzkopf – Moffo – Cossotto) j’ai une copie, donc je ne peux pas vous donner les références exactes, mais c’est EMI
    3. Boehm (DFD – Prey – Janowitz – Matis – Troyanos), idem, copie offerte par Calaf, DG

    Difficile de les départager, toutes les trois sont superbes.
    Il existe aussi d’excellentes versions de Karajan (London – Kunz – Schwarzkopf – Seefried – Jurinac), EMI, et (Krause – Van Dam – Tomova-Sintow – Cotrubas – von Stade) Decca, j'ai aussi entendu, - et aimé, - celle de Muti avec la royale Margaret Price en Comtesse, et celle de Fricsay, enregistrée en live à Glyndebourne...
    N'achetez surtout pas Barenboim, pas bien cell-là ))

    Pour dire le fond de ma pensée, il me paraît préférable de posséder au moins 2 versions, par exemple, Siepi = Figaro est incontournable, pour la Comtesse, la question déchirante est de choisir entre la Schwarzcopf et Lisa della Casa etc

    Xenia qui a du coup laissé tomber sa compta et s’est mise à écouter le Nozze (version Boehm), toute heureuse

  7. #7
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    Doux adieux et variations diaboliques

    Il est un nom dont l’absence sur ce thread devient de plus en plus injustifiable. Pour pallier à ce manque, au programme d’aujourd’hui, deux œuvres.

    Pour parler de Beethoven, j’ai choisi sa musique pour piano qui est certes moins connue que ses symphonies, mais qui représente, avec ses quatuors pour cordes, la quintessence de son œuvre.

    Donc, pour commencer, 33 variations sur un thème de valse de Diabelli que l'on appelle d'habitude "Variations Diabelli".
    L’histoire est la suivante : en 1819, l’éditeur-compositeur Anton Diabelli avait proposé à plusieurs compositeurs autrichiens d’écrire chacun une variation sur une valse dont il était lui-même l’auteur, se proposant de publier cette œuvre collective. En dehors de Beethoven, ont été sollicité des musiciens tels que Schubert, ce bourreau des apprentis-pianistes de Czerny, Liszt qui à l’époque n’avait que 11 ans, le fils de Mozart et bien d’autres.
    Beethoven ne s’est pas borné à satisfaire à cette demande quelque peu insolite, oh que non, ce diable de bonhomme a pondu pas moins de 33 variations, ce qui fait que la chose a finalement été publiée en 2 parties, la première entièrement consacrée à Beethoven, et la seconde, aux autres participants.
    Ecoutez donc ce qu’il a fait avec ce pauvre thème bien plat, bien ingrat, bien lourdingue (qu’il avait d’ailleurs commencé par rejeter avec mépris) : après l’avoir exposé, il le tourne, il le contourne, il le détourne, il le retourne ; et ne voilà-t-il pas que l’air de Leporello devient l’une des variations de ce "Diabelli in musicae" ? C’est grandiose, c’est plein d’humour, c’est …
    Ecoutez donc, pour vous faire votre propre opinion, vous n’allez pas vous ennuyer une seconde !

    Disques. Deux versions, l’une sérieuse (peut-être, un peu trop sérieuse) :
    Variations Diabelli op. 120 (couplées avec les Bagatelles op.119)
    Rudolf Serkin, CBS collection Masterworks portrait, MPK 44837
    L’autre, complètement décapante, hyper-ludique et absolument jubilatoire, jouée par mon grand ami et musicien remarquable :
    Alexandre Rabinovitch, Teldec 4509-95572-2 (couplées avec les Variations op.34)

    La seconde œuvre est la plus poétique qui ait jamais été composée, elle commence, toute empreinte d’une nostalgie légère, claire et transparente, d'une tandresse mélancolique, puis, dans le mouvement final, la tristesse disparaît, cédant la place à une humeur idyllique et paisible, pour se terminer dans la joie la plus pure : il s’agit de la sonate N°26 "Les Adieux" (op . 81 a)

    Une seule interprétation, idéale (outre la sonate que je viens de présenter, il y a 3 autres merveilles : les sonates N° 27, 30 et 31, le nec plus ultra de l’immense œuvre pianistique de LVB) :
    Emil Guilels DG 453221-2, dans mon cas, c’est un disque faisant partie de la (presque) intégrale beethovénienne du grand musicien russe en )

    Xenia qui n’a pas encore parlé de Schumann, - ni de Prokofiev, - et qui va faire le nécessaire pour que ce scandale ne perdure pas

  8. #8
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    Un autre opéra, ça vous dit ?

    Bonjour à tous,

    Aujourd'hui, j'ai choisi pour vous une oeuvre apolinienne : belle, sereine joyeuse et ensorcellante.
    Il s'agit de "Ariadne auf Naxos", "Ariane à Naxos" de Richard Strauss sur un livret de Hugo von Hofmannstahl, attention à ne pas le confondre avec la dynastie de Johann Strauss (remarquez, ça n'aura pas été la première fois, en effet, à l'occasion de la création de son autre opéra, "Rosenkavalier", un critique musical parisien annonçait, exstasié : "Le nouveau chef-d'oeuvre du roi de la valse lol).
    Oui, de ce même Strauss dont mon célèbre compatriote Igor Stravinsky a écrit que "comme Richard, il préférait Wagner et comme Strauss, il préférait Johann" loool
    Comme vous voyez, les avis sont partagés lol
    Enfin, voici l'argument : Acte I. Le Compositeur arrive chez un riche bourgeois viennois qui lui a commandé un opéra sérieux qui doit être représenté le soir même, suivi d'un divertissement à l'italienne, joué par les personnages de la Commedia del Arte !
    Emoi de notre Compositeur qui craint que son chef-d'oeuvre va en souffrir, mais ce n'est pas encore le pire, car son mécène éclairé décide finalement que les deux spectacles seront joués non pas successivement, mais simultanément MDR
    Le deuxième acte nous montre justement les deux spectacles entremêlés.

    La musique est superbe, pure et transparente, les personnages, attachants : le romantique Compositeur, la tragique Ariane, la pétillante Zerbinette, on les aime tous à la folie, l'oeuvre est un pur enchantement, découvrez-la donc .

    Je vous recommande la version de Karajan avec les grandes Schwarzkopf, Streich et Seefried, proprement stupéfiante :
    EMI 7 69296 2
    Mon ami Calaf en a une autre à vous proposer, je crois, mais celle-ci qui reste pour moi LA version.

    Xenia adore RosenBlumenStrauss (encore une va lol

  9. #9
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    tout d'abord, je termine la dernière phrase du post précédant (pas très habile suis-je, informatiquement parlant lol) :
    cherie du grand Igor (Stravinsky)
    Et on y va pour de nouvelles recommandations :


    Aujourd'hui, je voudrais vous parlez (le "vous " est purement rhétorique) d'un compositeur que j'aime tendrement et passionnément, c''est Robert Schumann, compositeur romantique par excellence.
    Beau, intelligent, sensible, fidèle en amitié, aimé de tous, doté d'un goût irréprochable, remarquablement doué non seulement pour la musique, mais aussi pour la littérature (il a longuement hésité entre la poésie et la musique, avant d'avoir opté pour cette dernière), possédant un sens de l'humour fin et irrésistible, il a connu un amour tout ce qu'il y a de romantique, mais aussi des périodes de profonde dépression et est mort à 46 ans, dans un asile d'aliénés.

    Quelques disques :
    1. Fantasiestücke op.12, Waldszenen op.82, Novelette op.21 N°1 etc.
    par Sviatoslav Richter
    DG 435 751-2

    Un disque magnifique, écoutez donc ces "Scènes de la forêt", 9 miniatures avec le célèbre l'Oiseau-profète, une musique envoûtante, instable, capricieuse, belle comme la nuit étoilée, magnifiquement jouée par le grand Richter qui nous donne l'impression de l'inventer à chaque instant.

    2. Kinderszenen op. 15, Kreisleriana op. 16
    Martha Argerich
    DG 410 653-2
    Ce chef-d'oeuvre insurpassable qu'est la Kreisleriana, inspirée par un autre chef-d'oeuvre, "Le chat Murr" de ETA Hoffmann, musique sombre, fantasque, tourmentée, toujours en devenir, c'est une de mes oeuvres les plus aimées, elle semble avoir été écrite pour ma grande amie Martha qui l'interprète éperdument, sans aucune arrière-pensée, avec un don de soi absolu.

    3. Carnaval op.9, Arabesque op.18, Bunte Blätter op. 99.
    Youri Egorov
    EMI CDM 7 63163 2

    Joué par un autre ami à moi, disparu prématurément, nous privant de son génie musical et de ses qualités humlaines extraordinaires, Carnaval, oeuvre de jeunesse, claire, séduisante, où les morxeaux sombres sont suivis d'autres, lyriques, espiègles et gais, n'est peut-être pas la plus profonde que Schumann ait écrite, mais elle est tellement attachante.

    Et voilà pour aujourd'hui ))

    Xenia qui voudrait bien ne pas être si solitaire, sur ce thread.

  10. #10
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    Pour cause d'absence pendant le w-e, j'anticipe la sortie du bulletin

    Le temps est venu de vous parler de Dimitri Schostakowitsch, et c’est sciemment que je choisis d’orthographier son nom à l’allemande et non pas à la française (Chostakovitch), d’abord, parce que lui-même l’a toujours écrit ainsi et puis, domiciliée juste à côté d’une FNAC, j’en ai plus qu’assez de voir de pauvres gens en nage, ne pouvant comprendre qu’il faille chercher les disques d’un compositeur dont le nom commence par un "S" (ses disques n’étant quasiment jamais de production française) dans le "C"

    Mais d’abord, une digression.
    Comme vous le savez, - ou vous ne le savez pas (ce qui n’aurait rien d’infamant), - la notation musicale allemande (et anglaise qui est identique, à une différence près) utilise les lettres de l’alphabet, ce qui donne :
    A = la, B = si bémol, C = do, D = ré, E = mi, F = fa, G = sol et H = si naturel (chez les English, le B = si naturel, et il n’y a pas de lettre spécifique attribuée à si bémol)
    Ce système présente l’avantage de permettre de chiffrer les mots, par exemple, «"Bach" (ruisseau) devient un nom entièrement "musical" et Johann-Sebastian ne s’est certes pas privé de l’utiliser en tant que sujet de ses fugues (si bémol – la- do – si naturel). Il existe aussi un livre absolument génial, le livre qui compte pour moi peut-être le plus, "Docteur Faustus" de T. Mann, qui n’aurait pas pu être écrit sans le système de notation que je viens de vous exposer.

    Enfin, voilà, quoi, nous, ce qui nous intéresse dans toute cette histoire, c’est que Schosta a fréquemment utilisé le motif DSCH (ré – mi bémol – do – si naturel), motif très beau et désespéré, qui lui servait de signature musicale.

    La Dixième de Schosta.
    Ce n’est assurément pas ce qu’on appelle une musique joyeuse, oh non !
    Le premier mouvement, Moderato, sombre et résigné, est initié par les cordes graves, lugubres, ensuite, une longue phrase mystérieuse et pleine de poésie crépusculaire se fait entendre, jouée par la clarinette, puis reprise par la flûte, progressivement, la musique se fait plus virulente, elle accélère, elle prend de l’ampleur, elle devient hypnotique, elle culmine sur des accords déchirants dominés par des trilles stridents (flûtes piccolo), puis se transforme en une sorte de valse fantastique et fantasque, un peu nostalgique et rassérénée, pour mourir dans la douceur.
    Le deuxième mouvement suit, un très bref Allegro d’une force bestiale, brutal, effréné, sauvage, musique implacable et effrayante.
    Il cède la place au mouvement central, Allegretto. Sur un rythme ternaire, on entend la fameuse signature ; la musique est d’abord rêveuse et empreinte d’une grâce féline. Mais imperceptiblement, elle change de nature : elle gronde sourdement, elle prend de la force et la voilà qui se déchaîne, qui se transforme en une bacchanale des sons à l'extrême limite du supportable dans laquelle la signature est omniprésente, obsessionnelle et obsédante, une véritable idée fixe…

    Et, sans interruption, le dernier mouvement, Andante – Allegro, une fête sans joie, brusquement interrompue par la signature qui introduit un épisode tendu, méditatif, mais la fête reprend, la musique tourne, virevolte dans une espèce de fuite en avant, et puis, c’est tout, c’est la fin.

    Cette œuvre, tragique, mais surtout, d'un pessimisme total, est pour moi l’une des plus grandes qui aient jamais été écrites par un homme, et je ne crains pas d'avancer que Maître Portalis lui-même, adepte de la force et de la puissance en musique, ne manquerait pas de l’apprécier, pour peu qu’il se donne la peine de l’écouter !!!

    Symphonie 10 op. 93
    Chef E. Mravinsky
    2292-45753-2
    Au fait, pendant que vous y êtes, vous pouvez aussi vous acquérir la 5, 6, 7, 8, 9, 11, 12, 13, 14 et 15 ; comme cela, vous aurez presque l’intégrale, et elles valent toutes la peine d’être écoutées et ré-écoutées.

    Xenia qui vient de vous parler là d’une œuvre moins connue du public français.

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