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Discussion: orange

  1. #1
    Member Membre Avatar de jk2r
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    April 2003
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    orange

    Bonsoir à tous,
    qui aurait un avis sur ORANGE ? Faut-il apporter ses actions à l'offre ou les vendre ?
    Merci

  2. #2
    Senior Member Jedi Trader Avatar de SETH
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    April 2003
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    OPE sur Orange

    La parité d'échange est de 11 FT pour 24 Orange.

    On donne 24 X 8.90 = 213.60 et en échange on recoit 11 X 20.29 = 223.19 (calculé sur les cours de clôture de ce jour).

    Donc il y a une petite prime pour celui qui échange ses titres.

    Maintenant, la question de fond reste quand même : "comment va évoluer l'action FT ?".

    Si FT baisse après l'OPE c'est un mauvais plan. Par contre, si ca monte, c'est évidemment intéressant.

    Donc que décider ?

    Simple : si t'est pressé de récupérer les capitaux actuellement investis en Orange, alors la cession est à envisager, quitte à renoncer à la petite prime proposée.

    Si t'est pas pressé (disons que l'investissement est à horizon de 12 / 18 mois, voire davantage) l'échange sera probablement plus intéressant. Car normalement FT devrait se valoriser.

    Pourquoi FT devrait-il monter à MT ? car Orange est une "cash machine" (comme tous les opérateurs de téléphonie mobile) [cf. le prix qu'on paye pour l'envoi d'un texto... qui ne coûte rien à l'opérateur. Et les textos, c'est des millions qui sont envoyés].

    Donc la rentabilité et la trésorerie ne peuvent que s'améliorer. De ce fait FT va bénéficier d'un meilleur "rating" de la part des agences de notation internationales. C'est à dire pouvoir emprunter moins cher... tout en bénéficiant d'un intérêt plus marqué des investisseurs étrangers qui sont très sourcilleuses quand à la notation des boîtes.

    En plus... FT va peser plus lourd dans l'indice CAC 40. Et les moutons de service (pardon, les gestionnaires de fonds indiciels français) vont être obligés de renforcer leurs positions sur FT. Donc en acheter

    -----------------------------------------------------------------------

    Putain, c'est quoi ce délire... voila que je mets à argumenter sur des éléments d'analyse fondamentale j'suis malade

  3. #3
    Senior Member Yoda-Master Avatar de Goldy
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    April 2003
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    a lovely planet :-)
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    Re: OPE sur Orange

    Et les moutons de service (pardon, les gestionnaires de fonds indiciels français) vont être obligés de renforcer leurs positions sur FT. Donc en acheter

    -----------------------------------------------------------------------

    Ce ne sont pas les moutons SETH, ce sont les oxymorons, (extrait de P. Lynch .......... Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse) Ce livre se lit tout seul et est très intéressant


    [align=justify:f52b1f7c84]LES OXYMORONS DE WALL STREET

    A. la liste des fameux oxymorons - intelligence militaire, professeur
    savant, silence assourdissant, et crevette géante - j'ajouterais investissement
    professionnel. Il est important que les amateurs considèrent la profession
    avec un oeil suffisamment sceptique. Au moins vous saurez qui vous avez
    en face de vous. 70 % des actions des plus grandes sociétés étant aux mains
    des institutionnels, il est probable que lorsque vous achèterez ou vendrez
    des valeurs, vous rivaliserez avec des oxymorons. Tant mieux pour vous.
    Compte tenu des barrières culturelles, légales et sociales qui réfreinent
    l'investisseur professionnel - nous en avons nous-mêmes dressé beaucoup -,
    notre succès est étonnant.
    Bien sûr, tous les professionnels ne sont pas comme cela. Il y a d'excellents
    gérants, des gérants à l'esprit innovateur et des francs-tireurs qui investissent
    comme bon leur semble. John Templeton est l'un des meilleurs. Il
    est le pionnier du marché global, l'un des premiers à avoir gagné de
    l'argent sur tous les continents. Ses clients ont échappé à l'effondrement du
    marché américain de 1972-74 car il avait judicieusement placé ses actifs au
    Canada et au Japon. Il fut aussi le premier à profiter de l'ascension du Dow
    Jones nippon (l'indice Nikkei) qui fut multiplié par 17 tandis que le Dow
    Jones américain ne faisait que doubler.
    Max Heine (maintenant décédé) fut lui aussi, chez Mutual Shares, un
    libre penseur ingénieux. Son protégé et successeur Michael Priée poursuivit
    la tradition. Il achète des entreprises riches en actifs à moitié prix et attend
    que la place soit prête à les payer au prix fort. Il a fait un travail superbe.
    John Neff. lui, est un champion des valeurs mal aimées, qu'il guette sans
    relâche. Ken Heebner chez Loomis-Sayles a lui aussi toujours l'esprit en
    alerte, et nous a offert de remarquables résultats.

    Peter deRoetth est un autre de mes amis qui s'en est très bien tiré avec
    de petites valeurs. Licencié en droit d'Harvard, il s'est pris de passion pour
    les actions. C'est lui qui m'a fait découvrir Toys "R" Us. Le secret de sa réussite
    vient du fait qu'il n'a jamais mis les pieds dans une école de commerce
    - imaginez toutes les leçons qu'il n'a pas eu à désapprendre.
    George Soros et Jimmy Rogers ont bâti des millions sur des positions
    ésotériques que je ne pourrais vous expliquer - vente d'or à découvert,
    achat d'options, couvertures sur des obligations australiennes. Et Warren
    Buffet, le meilleur de tous, cherche le même genre de bonnes occasions
    que moi, mais quand lui les trouve, il achète toute la société.
    Ces exceptions sont très rares dans la masse des gérants banals, des
    gérants ternes, des comateux, des sycophantes, des timides, mais aussi des
    gérants sans fantaisie, des copieurs ou des moutons de Panurge prisonniers
    des règlements.
    Essayez de comprendre la mentalité des gens de notre métier. Nous
    lisons tous les mêmes journaux et écoutons tous les mêmes économistes.
    Nous sortons tous du même moule bien homogène. Peu d'entre nous ont
    quitté les sentiers battus. Je doute fort qu'il y ait des gérants qui ne soient
    pas bacheliers. Je ne crois pas qu'il y ait parmi nous des anciens surfers ou
    même d'anciens routiers.
    Vous ne trouverez pas dans nos rangs d'adolescents bien polisses. Ma
    femme avait un jour fait des recherches sur la théorie bien connue qui veut
    que les grandes idées et les grandes inventions viennent à leurs auteurs avant
    leur trentième année. J'ajouterai que j'ai 45 ans, que je suis toujours à la tête
    de Magellan Fund, et prêt à témoigner que les bons investissements n'ont rien
    à voir avec la jeunesse - et que l'investisseur d'âge moyen qui a vécu plusieurs
    sortes de marchés a peut-être un avantage sur un jeune sans expérience.
    De toute façon, l'écrasante majorité des gestionnaires de fonds étant
    d'âge moyen, cela supprime toute possibilité de génie, au début comme à la
    fin du spectre gériatrique.
    LE DÉCALAGE
    Les qualités de chaque action extraordinaire que j'ai pu dénicher étaient
    tellement évidentes que 99 % des professionnels l'auraient ajoutée à leur portefeuille
    sans hésiter. Mais, pour des raisons que je vais vous décrire, ils n'ont
    pas pu. Il y a tout simplement trop d'obstacles entre eux et les 10-baggers.
    Dans le système actuel, une valeur n'est attirante que si elle a été reconnue
    par un certain nombre d'institutionnels et si un nombre équivalent
    d'analystes respectables de Wall Street (ce sont eux qui font des recherches
    sur les différents secteurs et sociétés) ne l'ont mise sur leur liste de recommandations.
    Avec autant de personnes qui attendent que les autres fassent
    le premier pas, il est étonnant qu'il y ait des transactions.
    The Limited est un bon exemple de ce que j'appelle le décalage. Quand
    la société fut introduite en bourse, elle était complètement inconnue des
    principaux institutionnels et des grandes signatures de l'analyse financière.
    Le responsable de l'émission était une petite firme du nom de Vercoe & Co,
    située à Colombus dans l'Ohio où se trouvait le siège de The Limited. L'un
    des directeurs de Vercoe & Co, Peter Halliday, était un ami de classe de
    Leslie Wexner, le président de The Limited. Peter Halliday imputait ce
    manque d'intérêt de Wall Street au fait que Colombus dans l'Ohio n'était
    pas vraiment à cette époque La Mecque des affaires.
    Une analyste solitaire (Susie Homes de White, Weld) suivit la valeur
    deux ans avant qu'une seconde, Maggie Gilliams de First Boston, ne la
    remarque officiellement en 1974. Et ce fut par hasard, dans le centre commercial
    de Woodfield à Chicago où elle se réfugia, lors d'une tempête de
    neige à l'aéroport. Disons qu'elle suivit son instinct d'amateur.
    Le premier institutionnel à investir dans The Limited fut T, Rowe Price
    New Horizons Fund. C'était pendant l'été 1975 et le groupe avait déjà
    ouvert une centaine de boutiques à travers tout le pays. Des milliers de
    clients attentifs auraient pu à l'époque commencer leur propre enquête.
    Pourtant en 1979, deux institutionnels seulement avaient investi dans la
    firme, et possédaient 0,6 % des actions en circulation. La direction et le personnel
    étaient eux-mêmes des gros actionnaires - un signe généralement
    favorable, comme nous l'expliquerons plus loin.
    En 1981, 400 boutiques faisaient un chiffre d'affaires florissant et six analystes
    seulement suivaient la société. C'était sept ans après la découverte de
    mademoiselle Gilliam. En 1983, le cours atteignait 9 dollars, 18 fois celui de
    1979 qui était de 50 cents si l'on tient compte de la division d'actions.
    Je sais bien qu'en 1984, le cours chuta presque de moitié à 5 dollars,
    mais le groupe marchait bien, et cela donnait une chance aux investisseurs
    de sauter dans le train. (Comme je l'expliquerai plus tard, si le cours baisse
    mais que les fondamentaux restent sains, mieux vaut s'y tenir et même en
    profiter pour racheter). Il faut attendre 1985, avec un cours remonté à 15
    dollars, pour que les analystes rentrent dans la danse. Ils se sont même battus
    pour faire figurer The Limited sur leurs listes de recommandations. Le
    résultat fut une hausse du titre à 52 7/8 dollars, un cours injustifié par les
    fondamentaux mais provoqué par les achats agressifs des institutionnels.

    Une trentaine d'analystes s'étaient mis sur la piste, 37 très exactement, certains
    étant arrivés juste à temps pour voir l'action s'effondrer.
    Ma société de pompes funèbres favorite, Service Corporation
    International (SCI), fut introduite en 1969. Aucun analyste n'y prêta la
    moindre attention pendant dix ans ! La firme fit tout pour attirer Wall Street,
    avant d'être enfin remarquée par une petite firme d'investissement
    Underwook, Neuhaus. Shearson fut le premier grand courtier à s'y intéresser.
    C'était en 1982. Le titre était déjà multiplié par cinq.
    Pourtant vous auriez encore pu doubler votre argent en achetant SCI à
    12 dollars en 1983 et en le revendant à son cours extrême de 30 3/8 en
    1987, mais ce n'est pas tout à fait aussi enivrant que le 40-bagger que vous
    auriez obtenu en investissant dès 1978.
    Des milliers de personnes connaissaient cette société, ne serait-ce que
    pour avoir assisté à un enterrement, et ses fondamentaux n'ont jamais cessé
    d'être bons. Il se trouve que les oxymorons de Wall Street ont ignoré SCI
    parce qu'il ne tombait dans aucun secteur bien précis. Ce n'était pas vraiment
    le secteur des loisirs, encore moins celui des biens de consommation
    à longue durée de vie.
    Durant les années soixante-dix, quand Subaru faisait des prouesses,
    seuls trois ou quatre analystes gardaient un oeil dessus. Et alors que
    Dunkin' Donuts fut un 25-bagger entre 1977 et 1986, il n'y a encore
    aujourd'hui que deux firmes importantes pour la surveiller. Aucune des
    deux ne s'y intéressait il y a cinq ans. C'étaient alors des courtiers locaux
    comme Adams, Harkness ou Hill à Boston qui étaient au premier rang, mais
    vous auriez pu enquêter vous-même après avoir goûté les donuts.
    Pep Boys, une valeur dont je reparlerai, a bondi de moins de 1 dollar en
    1981 à 9 1/2 en 1985 avant d'attirer l'attention de trois analystes. Stop &
    Shop monta en flèche de 5 à 50 dollars; les analystes intéressés passèrent de
    un à quatre. Je pourrais poursuivre mais tout le monde aura compris.
    Comparez ces chiffres aux 56 firmes de courtage dont les analystes couvrent
    IBM, ou aux 54 qui ont les yeux fixés sur Exxon.
    LES QUATRE INSPECTIONS
    Celui qui s'imagine qu'à Wall Street, le professionnel moyen cherche des
    raisons pour acheter des valeurs excitantes, n'y a guère passé de temps. Le
    gestionnaire de fonds cherche plutôt des raisons de ne pas acheter des
    valeurs excitantes, pour pouvoir offrir des excuses si jamais ces mêmes
    actions excitantes se mettaient à monter. "Elles étaient trop petites pour
    moi", vient en tête des justifications suivi de "elle n'avait pas d'antécédents",
    "c'était un secteur sans croissance", "le management n'a pas fait ses
    preuves", "il y a des syndicats", et "la concurrence les tuera" tout comme
    "Stop & Shop ne marchera jamais, les 7-Eleven les tueront", ou "Pic 'N' Save
    ne marchera jamais, Sears les tuera" ou encore "Agency Rent-A-Car n'a
    aucune chance contre Hertz ou Avis". Ces remarques peuvent être raisonnables
    et mériter plus ample investigation, mais elles sont trop souvent utilisées
    pour étayer des jugements rapides et des tabous généralisés.
    Avec la survie comme enjeu, rare est le professionnel qui a assez de
    cran pour aller se fourrer dans un La Quinta inconnu. Entre l'opportunité de
    faire un gros bénéfice inattendu avec une société inconnue et l'assurance
    de ne faire qu'une faible perte sur une société connue, le gestionnaire normal
    choisit la seconde solution. Le succès est une chose mais il est plus
    important de ne pas faire mauvais effet si vous échouez. Il y a une règle à
    Wall Street : "Vous ne perdrez jamais votre emploi en perdant l'argent de
    votre client sur IBM".
    Si IBM se porte mal et que vous en avez, vos clients et votre patron
    vous diront : " Qu'est-il arrivé à ce sacré IBM ?" "Mais si La Quinta se porte
    mal, on vous dira : "Qu'est-ce qui vous arrive ?" Voilà pourquoi les gestionnaires
    soucieux de sécurité n'achètent pas d'actions La Quinta Motor Inn
    qui ne sont suivies que par deux analystes, et ne coûtent que 3 dollars. Ils
    n'achètent pas non plus Wal-Mart au cours de 4 dollars; ce n'est encore
    qu'un petit magasin dans une petite ville d'Arkansas, mais sur le point de
    grandir. Ils achèteront Wal-Mart quand on trouvera un point de vente du
    groupe dans chaque grande ville des Etats-Unis, que le titre sera devenu
    l'objet d'attention de cinquante analystes et que son président fera la une
    du magazine People comme le millionnaire excentrique qui va au bureau
    en camionnette. Mais à ce moment là, le titre vaudra 40 dollars.
    Ce sont surtout dans les caisses de retraite et les compagnies d'assurance
    que l'on trouve le plus grand nombre de moutons de Panurge : les transactions
    se font d'après des listes préalablement approuvées. Dans les
    caisses de retraite, neuf gestionnaires sur dix travaillent d'après ces listes, la
    meilleure couverture contre "des performances dissemblables".
    Les "performances dissemblables" peuvent être la source de gros ennuis
    ainsi qu'en témoigne cette anecdote. Deux présidents de sociétés, Smith et
    Jones, qui, tous deux, possèdent des comptes dans des caisses de retraite
    gérées par la National Bank of River City, font une partie de golf comme ils
    en ont l'habitude. En attendant un départ, ils parlent de choses et d'autres
    et notamment de leurs fonds respectifs pour découvrir que celui de Smith a
    progressé de 40 % sur un an, et celui de Jones de 28 %. Tous deux
    devraient être satisfaits mais Jones est livide. Lundi, dès la première heure, il
    téléphone à sa banque pour demander pourquoi son compte a été moins
    performant que celui de Smith; après tout, les deux ne sont-ils pas gérés
    dans le même département de la banque ? "Si cela se reproduit, tempête
    John, nous retirons notre argent".
    Ce problème désagréable pourra être évité si tous les gérants choisissent
    leurs valeurs dans un même lot approuvé. De cette façon Smith et Jones
    jouiront de résultats semblables ou du moins la différence ne sera pas assez
    importante pour provoquer leur fureur. Le résultat risque d'être médiocre,
    mais une médiocrité acceptable est beaucoup plus confortable que des
    "performances dissemblables".
    Si cette liste était faite d'une trentaine de valeurs, chacune étant le résultat
    de la libre pensée d'un analyste ou gestionnaire différent, on obtiendrait
    un portefeuille dynamique. Mais cela se passe autrement. Chaque valeur de
    la liste doit être acceptée par les trente directeurs. Aucun comité n'a jamais
    composé ni grand livre, ni grande symphonie, aucune chance qu'il compose
    jamais un grand portefeuille. Rappelez vous les étiquettes "Inspectés par
    quatre" que l'on trouve sur les nouvelles chemises. Cette méthode d'inspection
    par quatre est la même que pour la sélection de ces listes. Ceux qui
    prennent la décision savent à peine ce qu'ils approuvent. Ils ne vont pas
    voir les sociétés et ne font aucune recherche sur leurs nouveaux produits,
    ils prennent ce qu'on leur donne et le passent au suivant. Je pense à cela
    chaque fois que j'achète une chemise.
    Rien d'étonnant à ce que les gérants de portefeuille ou les gestionnaires
    de fonds soient écoeurés en choisissant leurs valeurs. Il y a autant de sécurité
    d'emploi dans la gestion de portefeuille que dans l'enseignement de la
    danse ou dans l'entraînement de football. Les entraîneurs peuvent au moins
    se reposer entre deux saisons. Les gérants ne peuvent pas ; le jeu dure
    toute l'année. Les victoires et les défaites sont revues tous les trois mois par
    les clients et les patrons qui demandent des résultats immédiats.
    C'est un peu plus confortable de travailler comme moi pour le public,
    que cela ne l'est pour les gérants qui choisissent des valeurs pour d'autres
    professionnels. Les actionnaires de Fidelity Magellan sont pour la plupart
    des petits investisseurs libres de vendre quand ils veulent, mais qui ne vérifient
    pas chaque action de mon portefeuille pour mettre en doute mes
    hypothèses. C'est pourtant ce qui arrive à Monsieur Boon Doggle à Blind
    Trust, la banque qui a été choisie pour gérer les fonds de la caisse de retraite
    de la société White Bread Inc.
    Boon Doggle connaît bien ses valeurs. Il fut gérant de portefeuille pendant
    sept ans chez Blind Trust et n'a toujours eu que de bonnes inspirations.
    Il ne demande qu'à faire son travail en paix. En face se trouve Sam
    Flint, vice président de White Bread. Il pense qu'il connaît, lui aussi, ses
    valeurs, et jette tous les trois mois un oeil critique sur les sélections que
    Boon Doggle a faites pour White Bread. Entre deux contrôles trimestriels
    énergiques, Flint appelle Doggle deux fois par jour. Doggle est tellement las
    de Flint qu'il aimerait n'avoir jamais entendu parler de lui ou de White
    Bread. Il perd tellement de temps à parler à Flint de bonnes actions à acheter
    qu'il ne lui en reste pas pour faire son travail.
    Les gérants de fonds passent le plus souvent un quart de leur temps de
    travail à expliquer ce qu'ils font - d'abord aux supérieurs immédiats de leur
    département, puis aux autorités suprêmes comme par exemple Flint chez
    White Bread. Comme le veut la règle, plus le client est important, plus le
    gérant devra lui parler longtemps. Il y a quelques exceptions connues -
    Ford Motor, Eastman Kodak et Eaton pour n'en citer que quelques-uns mais
    c'est vrai la plupart du temps.
    Disons que le très sourcilleux Flint en revoyant les derniers résultats du
    fonds, s'aperçoit que Xerox fait partie du portefeuille, et que le titre a été
    acheté au cours de 32 dollars, alors qu'il se traite en ce moment à 52 dollars.
    "Fantastique, s'écrie t-il, enthousiaste. Je n'aurais pas fait mieux".
    Il note aussi la présence de Sears. Son cours actuel est de 34 7/8 dollars,
    et elle a été achetée à 25. "Excellent", jette-t-il à Doggle. Heureusement pour
    ce dernier, les dates de transactions ne sont pas précisées, et Flint ne réalise
    pas que ces deux titres font partie du portefeuille depuis 1967 quand les
    pantalons à pattes d'éléphant faisaient fureur. En tenant compte de toutes
    ces années, le rendement de Xerox est inférieur à celui que l'on aurait obtenu
    dans un fonds commun de placement, mais Flint ne peut s'en apercevoir.
    Puis Flint trouve le nom de Seven Oaks International qui se trouve être
    l'une de mes valeurs favorites. Ne vous êtes-vous jamais demandés ce qui
    arrivait à tous ces coupons de réduction (deux francs de moins sur une
    bouteille de ketchup, - 10 % sur l'Ajax) que vous découpez dans les journaux
    et que vous tendez à la caissière de votre supermarché ? Ils sont expédiés
    chez Seven Oaks où ils sont traités à peu près comme les chèques
    dans les banques de la Fédéral Reserve. Seven Oaks tire beaucoup d'argent
    de ce travail fastidieux et les actionnaires en sont largement récompensés.
    C'est exactement le genre de société au nom impénétrable, obscure,
    ennuyeuse et très profitable, que j'aime voir figurer dans mon portefeuille.
    Flint, bien sûr, n'en a jamais entendu parler, et n'en connaît que ce qui
    apparaît sur le relevé - le titre avait été acquis à 10 dollars et en vaut maintenant
    6. "Quoi ?" demande-t-il. "Une chute de 40 % !" Doggle devra passer
    le reste de la réunion à défendre cette valeur. Après deux ou trois épisodes
    semblables, il fait le voeu de ne plus toucher à une seule société originale
    et de s'en tenir à des traditionnelles Xerox ou Sears. Il décide aussi de
    vendre Seven Oaks à la première occasion afin d'en effacer toutes les traces
    dans son portefeuille.
    En revenant à une "pensée de groupe" et en se rappelant que mieux
    vaut choisir des sociétés dans la foule, il ignore ce refrain inspiré de sagesse
    qui nous vient du dramaturge Eschyle, de l'auteur Goethe ou d'Alf, ce héros
    télévisé venu de l'espace :
    Deux, c'est une compagnie, trois une foule
    Quatre, c'est deux compagnies
    Cinq, une compagnie et une foule
    Six, c'est deux foules
    Sept, une foule et deux compagnies
    Huit, peut-être quatre compagnies ou deux foules et une compagnie
    Neuf, c'est trois foules
    Dix, peut-être cinq compagnies ou deux compagnies et deux foules.
    Même sans élément défavorable dans les fondamentaux de Seven Oaks
    (ce dont je suis presque sûr puisque j'ai encore quelques titres et que le
    titre deviendra plus tard un 10-bagger) les actions disparaîtront du fonds de
    retraite de White Bread, uniquement parce que Flint ne l'aime pas. Et bien
    sûr celles qui devraient être vendues seront conservées. Dans notre métier,
    vendre sans discrimination des valeurs qui baissent s'appelle "enterrer les
    preuves". Parmi les gérants expérimentés, enterrer les preuves se fait si vite
    et si bien que je crains que cela ne soit devenu un mécanisme de survie, et
    que les futures générations le fassent sans hésiter, de la même façon que les
    autruches se cachent la tête dans le sable.
    Si Boon Doggle n'enterre pas lui-même les preuves à la première occasion,
    il sera renvoyé et son portefeuille confié à un successeur qui s'empressera de
    le faire. Un successeur veut toujours prendre la ligne de départ avec un sentiment
    positif, c'est-à-dire garder les Xerox et se débarrasser des Seven Oaks.
    Avant que tous mes collègues ne m'injurient, laissez-moi faire l'éloge de
    quelques exceptions connues. Certaines banques régionales ont fait un travail
    remarquable. De nombreuses entreprises, dont beaucoup de taille moyenne, ont
    réussi elles-mêmes à gérer leurs fonds de retraite. Un sondage national découvrirait
    certainement des douzaines de talentueux chercheurs d'actions dans les
    caisses de retraite, compagnies d'assurance ou sociétés d'investissement.

    LES HUITRES ROCKEFELLER
    Quand le gérant d'un fonds décide d'acheter quelque chose d'excitant
    (en dépit d'obstacles d'ordre politique ou social) il peut en être empêché
    par divers règlements. Certaines sociétés d'investissement empêchent tout
    simplement l'acquisition d'actions des sociétés où régnent des syndicats.
    D'autres n'investiront pas dans des secteurs à faible croissance, ou tout simplement
    dans certaines industries comme les compagnies de distribution
    d'électricité, les pétrolières ou les sidérurgiques. Il arrive qu'il ne puisse pas
    investir dans les sociétés dont le nom commence par "r", une règle empruntée
    à la dégustation des huîtres.
    Si la banque ou le fonds n'érige pas de règlement, la SEC (Securities
    Exchange Commission, l'équivalent de notre Commission des Opérations de
    Bourse, la COB) le fera. Elle interdira notamment à un fonds comme le
    mien de détenir plus de 10 % du capital d'une société, ou d'investir plus de
    5 % des actifs du fonds dans une même société.
    Toutes ces règles sont bien intentionnées, et empêchent un fonds de
    mettre tous ses oeufs dans le même panier (j'en reparlerai) ou de prendre le
    contrôle d'un groupe à la manière de Cari Icahn (j'en reparlerai aussi).
    Résultat, les fonds importants doivent se limiter aux 90 ou 100 plus grosses
    sociétés sur les 10 000 cotées.
    Imaginons que vous gériez un fonds d'un milliard de dollars. Pour éviter
    des performances dissemblables, on exige que vous choisissiez les actions
    parmi la quarantaine d'une liste approuvée selon la méthode d'inspection par
    quatre. N'étant pas autorisé à investir plus de 5 % de vos actifs dans chaque
    société, il vous faudra placer 50 millions de dollars dans 20 titres, ou au
    mieux 25 millions de dollars dans 40 titres. Dans ce cas il vous faudra trouver
    des sociétés où 25 millions de dollars correspondront à moins de 10 % des
    actions en circulation. Cela supprime pas mal d'opportunités, et notamment
    les petites entreprises à forte croissance qui s'avèrent souvent des 10-baggers.
    Vous n'auriez pas pu acheter Seven Oaks ou Dunkin' Donuts.
    Pour certains fonds, s'ajoute une restriction supplémentaire : ils ne peuvent
    pas acquérir les actions d'une société dont la taille n'atteint pas, disons
    100 millions de dollars. (La taille se calcule en multipliant le nombre d'actions
    en circulation par le cours de l'action). Une société avec 20 millions d'actions
    au cours unitaire de 1,75 dollars a une capitalisation de 35 millions de dollars
    et doit donc être évitée par le fonds. Mais si le titre triple à 5,25 dollars, sa
    capitalisation passera à 105 millions de dollars, et la société devient une cible
    autorisée. Il en résulte un étrange phénomène : les grands fonds ne peuvent
    investir dans des petites entreprises que lorsque leurs actions sont chères.

    Donc, par définition, les caisses de retraite sont vouées aux actions gagnepetit,
    aux poussives, ou aux 500 grands noms du classement du magazine
    "Fortune" qui offrent rarement des surprises. Elles achètent les IBM, les Xerox,
    et les Chrysler, mais attendront avant d'acheter Chrysler que celui-ci ait achevé
    son redressement et bien sûr que le cours soit réajusté en conséquence. La très
    respectée et compétente firme d'investissement Scudder, Stevens and Clark a
    cessé de suivre Chrysler quand le cours avait sombré à 3,5 dollars et ne s'y
    intéressa plus jusqu'à ce qu'il remonte à 30 dollars. Rien d'étonnant à ce que
    les directeurs de fonds de retraite aient du mal à faire mieux que la moyenne
    du marché. Si vous demandez à une banque de gérer votre argent, attendez
    vous à des résultats médiocres dans la plupart des cas.
    Les fonds communs de placement comme le mien sont plus souples. Je
    ne choisis pas mes actions sur un menu, et aucun Monsieur Flint ne me surveille
    par-dessus l'épaule. Cela ne veut pas dire que mes patrons et mes
    supérieurs chez Fidelity n'enregistrent pas mes progrès, ne me défient pas
    avec des questions, et ne vérifient pas régulièrement mes résultats. Mais personne
    ne me dit de prendre des Xerox et de ne pas prendre des Seven Oaks.
    Mon plus gros handicap est la taille. Plus un fonds d'actions est important,
    plus il lui est difficile de surpasser ses concurrents. Vouloir qu'un fonds de 9
    milliards de dollars fasse mieux qu'un fonds de 800 millions revient à demander
    à Larry Bird de remporter une victoire de basket-bail avec un poids de
    trois kilos attaché à la taille. Les gros fonds ont les mêmes inconvénients que
    tous les gros - plus on l'est, plus cela demande d'énergie pour avancer.
    Pourtant, même avec 9 milliards de dollars, Fidelity Magellan continue à
    faire bonne figure dans la compétition. Chaque année un Cassandre prétend
    que cela ne durera pas, mais jusqu'à maintenant nous avons prouvé le
    contraire. Depuis juin 1985, date où Magellan devint le fonds le plus important
    des Etats-Unis, il a surpassé 98 % des autres fonds investis en actions.
    Je dois ces résultats à Seven Oaks, Chrysler, Taco Bell, Pep Boys et
    toutes les autres valeurs à la hausse rapide, aux sociétés redressées, et aux
    entreprises mal aimées que j'ai trouvées. Les actions que j'ai achetées sont
    les mêmes actions que les gérants classiques cherchent à éviter. Autrement
    dit, je continue le plus souvent possible à réfléchir comme un amateur.
    ALLEZ-Y TOUT SEUL
    Vous n'avez pas besoin d'investir comme un institutionnel. Si vous le faîtes,
    vous êtes condamnés à obtenir les mêmes performances que lui, ce qui n'est
    généralement guère brillant. Vous n'avez pas non plus à vous forcer à penser

    comme un amateur si vous en êtes déjà un. Surfer, routier, retraité excentrique,
    ou non diplômé, vous avez déjà un avantage. C'est de là que viennent les 10-
    baggers, au delà des frontières de la cogitation de Wall Street.
    Quand vous investissez, aucun Flint ne vient critiquer vos résultats trimestriels
    ou semi-annuels, ou vous torturer pour savoir pourquoi vous avez acheté
    Agency Rent-A-Car au lieu d'IBM. Peut-être y a-t-il une épouse ou un courtier
    avec qui vous serez forcés de parler, mais un courtier acceptera vos choix
    étranges et ne vous renverra certainement pas pour avoir remarqué Seven Oaks
    - du moins tant que vous lui payez ses commissions. Quant à l'épouse ("la
    Personne Qui Ne Connaît Rien Au Domaine Sérieux De l'Argent") ne vous a-telle
    pas déjà prouvé sa confiance en vous laissant continuer à faire des erreurs ?
    Dans l'éventualité improbable où votre conjoint serait consterné par votre
    sélection, vous pouvez toujours cacher vos relevés. Je n'approuve pas cette pratique,
    mais je veux seulement vous prouver que c'est un avantage de plus pour
    l'investisseur particulier face au gérant de portefeuille.
    Vous n'avez pas non plus besoin de passer le quart de votre temps à expliquer
    à un collègue pourquoi vous achetez ce que vous achetez. Aucun règlement
    ne vous empêche d'acheter une action qui commence par r, une action de
    moins de 6 dollars ou une action liée aux Teamsters, le syndicat des poids
    lourds*. Personne ne rouspétera, "je n'ai jamais entendu parler de Wal-Mart", ou
    "Dunkin" Donuts, quel nom idiot - John Rockefeller n'aurait jamais investi dans
    des beignets". Personne ne vous interdira de racheter à 19 dollars une action
    que vous venez de vendre à 11 - ce qui peut être parfaitement raisonnable. Des
    professionnels n'ont pas le droit de le faire. On leur confisquerait leur écran.
    Vous n'êtes pas obligés d'avoir 1 400 valeurs différentes, et on ne vous
    conseillera pas non plus de répartir votre argent sur 100 titres. Vous êtes libre de
    posséder une, quatre ou dix actions. Si aucune ne vous attire, vous pouvez
    attendre une prochaine occasion. Les gestionnaires de fonds ne connaissent pas
    ce luxe. Nous ne pouvons pas tout vendre, si nous essayons, nous ne trouverons
    personne pour acheter à des cours intéressants.
    C'est important, vous découvrirez des occasions uniques autour de vous ou
    au bureau, des mois ou même des années avant que les analystes en prennent
    conscience et ne les désignent aux gérants.
    Mais une fois encore, peut-être vaudrait-il mieux que vous ne touchiez pas à
    la bourse. Il faut le débattre avec précision, car la bourse exige de la conviction,
    aussi sûrement qu'elle élit ses victimes parmi les hésitants.[/align:f52b1f7c84]

  4. #4
    Member Membre Avatar de jk2r
    Date d'inscription
    April 2003
    Messages
    32
    Merci, messieurs pour vos explications.

  5. #5
    Banned Jedi Trader Avatar de ronin
    Date d'inscription
    April 2003
    Localisation
    Nord-Est
    Messages
    5 671
    Trés intéressant effectivement.

    Goldy tu devrais envoyer la présentation de cet ouvrage à Bat, pour la future bibliothèque. Il y aurait surement une bonne place.

  6. #6
    Senior Member Yoda-Master Avatar de Goldy
    Date d'inscription
    April 2003
    Localisation
    a lovely planet :-)
    Messages
    223
    les références sont indiquées.......enfin heureusement que je suis pas un pro, je viens d'acheter du Eurontunnel à 0.91 alors que j'en avais vendu à 0.87 il y a qq semaines, pour un gérant, ce serait VERBOTEN
    Better in trend that in Range

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