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  1. #1
    Senior Member Jedi Trader Avatar de xenia
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    Les daubinettes se laissent conter fleurette

    Bonjour à tous,

    Aujourd’hui, au menu, les fleurs, sous toutes les sauces. En effet, pour démontrer que le joli popotin No 15 du thread précédent qui n’a pas eu l’heur d’agréer à Cinna n’est pas une incitation à la débauche, mais bien au contraire, s’inspire de la peinture tout ce qu’il y a de sérieuse, j’ai décidé de vous poster une exposition virtuelle de tableaux de Georgia O’Keefe (1887 – 1986), représentant des fleurs passablement inquiétantes et carnivores.
    Et, pour ne pas nous arrêter en si bon chemin, deux nouvelles « florales » début du siècle (le XXème, bien entendu !) autrichiennes. La première est due à la plume de Gustav Meyrink, créateur du Golem, écrivain sombre, fantasque et fantastique. La seconde … eh bien, c’est un peu la même veine, mais vous verrez tout ça par vous-mêmes.


    [align=left:dc8a8a2684]Larmes bolonaises

    Gustav Meyrink


    Vous voyez, là-bas, ce colporteur à la barbe hirsute ? on l’appelle Tonio. Il va s’approcher dans un instant de notre table. Achetez-lui une gemme ou quelques larmes bolonaises – vous savez, ces gouttes de velle qui se brisent dans la main en minuscules écltas, comme du sel, lorsqu’on casse leur pointe filiforme. Une babiole. Mais regardez son visage, son expression !

    Avez-vous vu ? Il y a dans le regard de cet homme quelque chose de bouleversant, quand il dit de sa voix sourde, en montrant sa marchandise : larmes bolonaises, cheveux filés, cheveux de femme. Il ne dit jamais : verre filé. Lorsque nous rentrerons tout à l’heure à la maison, je vous raconterai son histoire, pas ici, dans cette auberge triste, mais dehors, au bord du lac, dans le parc.
    Une histoire que je ne pourrai jamais oublier, même si celui que vous voyez aujourd’hui en colporteur et qui ne me reconnaît pas n’avait pas été mon ami.
    Croyez-moi, c’était un de mes bons amis – autrefois, lorsqu’il était encore vivant, qu’il avait encore une âme,j qu’il avait encore sa raison. Pourquoi je ne l’aide pas ? Ne croyez-vous pas que l’on doive abandonner à son sort une âme qui, après avoir perdu ses yeux, tâtonne à nouveau, secrètement, à sa manière, vers la lumière – peut-être une lumière plus radieuse, plus éclatante ?

    Et offrir aux passants des larmes bolonaises n’est rien d’autre pour Tonio – vous le comprendrez tout à l’heure – qu’une manière de chercher à tâtons dans sa mémoire. Allons-nous-en d’ici, maintenant.
    [/align:dc8a8a2684]


    Il y a quelque chose que Tony, le héros de la nouvelle de Mayrink et la première daubinette ont en commun, mettons que dans le cas de Tony ce sont les larmes bolonaises, pour ce qui est de la petite, je ne saurais pas vous donner de précisions. Mais en même temps, notre daubinette est très dissemblable, ce n’est certes pas elle qui tâtonnerait, elle sait très bien ce qu’elle veut !

  2. #2
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    [align=left:33e336e2c1] La magie de ce lac qui scintille sous la lune !
    Les roseaux, là-bas, sur l’autre rive, dans la nuit sombre ! Et l’ombre des grands ormes couchée sur le miroir des eaux – là-bas dans la crique !
    Souvent, les nuits d’été, je viens m’asseoir sur ce banc, lorsque le murmure du vent effleure, caresse les joncs, que le clapitos des vagues s’alanguit et se meurt au pied des arbres – et je plonge en imagination dans les profondeurs du lac, au cœur de ses merveilles secrètes, regarde glisser les poissons argentés, étincelants, plissant lentement, comme en rêve, leurs nageoires roses – vieilles pierres moussues, branches noyées, arbres morts, coquilles nacrées sur fond de gravier blanc.
    Ne voudrait-il pas mieux reposer pour l’éternité dans ces abysses, dans le berceau des algues ondoyantes, après avoir oublié tous les désirs et tous les rêves ?
    Mais je voulais vous raconter l’histoire de Tonio. [/align:33e336e2c1]


    Notre seconde valeur pourrait faire former un triumvirat avec Tony et la daubinette initiale. Et si la chose se fait, la No 2 assurera des contacts suivis et une concertation permanente entre les trois, à n’en pas douter.

  3. #3
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    [align=left:c11e609a0e] Nous habitions à cette époque-là de l’autre côté, en ville.
    Nous l’appelions Tonio, bien que ce ne fût pas son vrai nom.
    Vous n’avez sans doute jamais encore entendu parler de la belle Mercedes ? Une créole aux cheveux roux, aux yeux si clairs, si étranges.
    Je ne sais plus les circonstances dans lesquelles elle arriva dans notre ville – et il y a longtemps, maintenant, qu’elle a disparu.
    Lorsque Tonio fit sa connaissance – lors d’une réception de la Société des amateurs d’orchidées – elle était la maîtresse d’un jeune Russe.
    Nous étions assis dans une serre, et de la grande salle nous parvenaient les accents lointains et doucereux d’une chanson espagnole.
    Au plafond pendaient des guirlandes d’orchidées des tropiques, d’une splendeur inouïe : Cattleya aurea, la reine de ces fleurs immortelles, odontoglossium et dendrobrium agrippées à des branches vermoulues, loelium rutilants, comme des papillons de paradis. Cascades de lycastes bleu-nuit – tous ces buissons de fleurs enlacées comme en une sarabande exhalant un parfum entêtant qui me pénètre encore aujourd’hui lorsque je repense à l’image de cette nuit qui reste gravée de manière indélébile dans ma mémoire, comme dans un miroir magique : Mercedes assise sur un banc de rondins, la silhouette à demi dissimulée derrière un rideau vivant de vandées violettes. Visage émacié et exalté caché dans la pénombre. [/align:c11e609a0e]


    Ah mais la troisième daubette pourrait y participer aussi, encore que cela donnerait un non-sens tel qu’un triumvirat à quatre. Bon, disons que sans y participer – pour ne pas trop compliquer les choses, - l’un des mots composant son patronyme (et il y en a trois en tout) pourrait bien décrire l’union des trois autres.

  4. #4
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    [align=left:233b3841b4] Aucun d’entre nous ne disait mot.
    Comme une vision des Mille et une nuit ; je pensai à l’histoire de cette sultane qui était une chouette et qui par les nuits de pleine lune hantait les cimetières pour dévorer sur les tombes la chair des cadavres. Mercedes me fixait de son regard inquisiteur.
    Un vague souvenir s’éveilla en moi, comme si dans un passé lointain, dans une autre vie, j’avais été fasciné par les yeux cruels d’un serpent que je ne pouvais effacer de ma mémoire.
    Elle pencha la tête en avant : les labelles fantastiques, mouchetés de noir et de pourpre, d’un bulbophyllum birman se prirent dans sa chevelure, comme pour lui suggérer à l’oreille des péchés inouïs. C’est à ce moment que je compris que l’on pouvait vendre son âme pour l’amour de cette femme.
    Le jeune Russe était agenouillé à se pieds. Lui non plus ne disait mot.
    La fête avait quelque chose d’insolite – comme les orchidées – et réservait mille surprises plus étranges les unes que les autres. Un nègre fendit les plus des portières et vint offrir aux invités des larmes bolonaises scintillant dans une coupe de jespe. Je vis Mercedes dire quelque chose en souriant à l’oreille du Russe, et je vis celui-ci prendre entre ses lèvres une larme bolonaise, la garder ainsi un long moment avant de la donner à sa maîtresse. [/align:233b3841b4]


    Cette Mercedes, quelle femme hein ? Elle sait se défendre, pas de harcellement sexuel avec elle, ou alors, c’est elle qui serait la harcelleuse ! On dirait qu’elle est sortie tout droit d’un mouvement dont le mnémonique de notre quatrième valeur donne les lettres en désordre.

  5. #5
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    [align=left:2a5e4d8844] A cet instant, une orchidée géante surgit hors du lacis touffu des feuilles – une face de démon aux babines grasses et voraces, un menton fuyant, deux yeux coruscants, une gorge bleuâtre béante. Et cet effrayant visage végétal frémit sur sa tige, se balança comme secoué d’un rire sardonique – les yeux rivés sur les mains de Mercedes. Mon cœur s’arrêta de battre, comme si un abîme s’ouvrait sous mes pieds.

    Croyez-vous que les orchidées soient douées de la faculté de penser ? J’ai pressenti à cet instant qu’elles l’étaient en effet – presenti, comme peut le faire un voyant, que toutes ces fleurs débordaient d’allégresse en l’honneur de leur souveraine. Elles reconnaissaient pour reine cette créole aux lèvres rouges sensuelles, au grain de beauté irisé, à la chevelure aux sombres reflets cuivrés. Non, les orchidées ne sont pas des plantes – mais des créatures sataniques. Des êtres qui, sans se montrer, déploient leurs antennes, n’étalent devant nous l’enserceleuse bigarrure de leurs yeux, de leurs lèvres et de leur langue que pour mieux nous faire oublier l’horrible et fatal corps de vipère qui, au fond d’elles-mêmes, nous guette, invisible, dans le royaume des ombres.
    Enivrés par le parfum entêtant, nous regagnâmes enfin la grande salle. [/align:2a5e4d8844]


    Une drôle de manière de décrire les fleurs, elles ont l’air carnassières et dangereuses. Remarquez, récemment, j’ai été chez des amis qui habitent du côté de la Bastille, dans un local immense, une ancienne usine reconvertie, en fait. Eh bien, il y avait une serre aux orchidées, et, soit que je m’étais laissée influencer par cette nouvelle, soit, c’était autre choses, mais elles m’ont paru assez effrayantes !
    Ah oui, pour le nom de la daubette : ma foi, il s’apparente partiellement à ladite usine.

  6. #6
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    [align=left:db02763dc4] Le Russe nous lança un mot d’adieu. Un adieu définitif en vérité, car la mort était à ses trousses. Une explosion de moteur, le lendemain matin, le déchiqueta.
    Des mois passèrent. Mercedes prit pour amant Ivan, le frère du précédent. Un homme hautain et distant, qui fuyait le monde. Tous les deux habitaient une villa aux portes de la ville et vivaient là – à l’écart de tous – une passion sauvage et folle.
    Qui, comme moi, les a vus se promener le soir, au coucher du soleil, dans le parc, blottis l’un contre l’autre, seuls au monde, se murmurant à l’oreille des mots tendres, pouvait deviner que ces deux êtres étaient liés l’un à l’autre par une force surhumaine, dépassant le sentiment commun.
    On apprit un jour, brusquement, qu’Ivan, lui aussi, avait eu un accident, qu’il était mystérieusement tombé de la nacelle lors d’un voyage en ballon apparemment tout à fait anodin.
    Nous imaginions tous que Mercedes serait inconsolable. [/align:db02763dc4]


    Regardez-moi ces deux-là ! Ils se promènent, ils roucoulent, on dirait qu’ils habitent sur un îlot de sérénité, mais attendez voir, les impressions sont parfois trompeuses ! Quand à notre valeur No 6, il vous souffit d’ôter la lettre finale d’un des mots de ma phrase précédente, qui en compte quatre, pour retrouver son mnémo.

  7. #7
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    [align=left:008992fcb3] Quelques semaines plus tard – c’était au printemps – je la vis passer devant moi, dans la rue, en voiture découverte. Aucun trait de son visage impassible ne trahissait une douleur contenue. C’était comme si je vouais passer devant moi une statuette de bronze égyptienne, les mains posées à plat sur les genoux, le regard tourné vers un autre monde. Cette image me poursuivit jusque dans mes rêves : Memmon avançant en moderne équipage, avec un tétachement, une indifférence souveraine, dans la lumière du matin – se rapprochant toujours plus près du soleil, à travers les vapeurs purpurines des nappes de brume. L’ombre des roues et des chevaux s’allongeant démesurément, s’étirant en formes étranges – fantomatiques grimaces violines sur les pavés humides de rosée.
    Je partis ensuite pour un long voyage. Je parcourus le monde et vis quelques merveilles, mais dont très peu me laissèrent une impression profonde. Il y a des couleurs, des formes avec lesquelles notre âme tisse des songes éveillés, des rêves vivants. Le bruit d’une grillr de rue sous nos pas, d’une rame qui déchire l’eau, des effluves de parfum, l’arête vive d’un toit de tuiles roses, la pluie qui tombe sur nos mains – ce sont ces impressions fugitives qui ont le pouvoir magique d’évoquer ces images dans notre mémoire affective. Il y a comme des accents de harpe mélancoliques dans cette reviviscence du passé. [/align:008992fcb3]


    Les fleurs, les fleurs, aujourd’hui, elles sont partout (ça doit être parce que tout récemment, j’ai débuté dans le jardinage (d’intérieur, hein ? je n’ai pas de jardin car j’habite un appartement, mais je l’ai rempli de fleurettes). Même cette daubinette qui nous occupe actuellement, vous n’avez qu’à remplacer les deux lettres finales de son mnémo (il n’en contient que trois) par deux autres , - et chacune d’elles n’est pas sans ressembler à la lettre dont elle prend la place, - pour avoir un nom de fleur.

  8. #8
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    [align=left:953905b764] Lorsque je rentrai, Tonio avait pris la place du Russe auprès de Mercedes. Ivre d’amour, l’âme et les sens enchaînés, comme lui. Je rencontrais souvent Mercedes : il y avait en elle la même violence de sentiments. Parfois, je sentais peser sur moi son regard inquisiteur.
    Comme cette nuit-là, au bal des orchidées.
    Tonio et moi nous recontrions parfois chez Manuel, un ami commun. C’est là que je le vis un jour appuyé contre la fenêtre, comme brisé, les traits du visage torturés.
    Sans un mot, Manuel me prit à part.
    C’est une étrange histoire qu’il me chuchota à l’oreille : Mercedes, un démon, une sorcière ! Des lettres trouvées chez elle en avaient convaincu Tonio. C’est elle qui avait assassiné les deux Russes, par la seule puissance de l’imagination, grâce aux larmes bolonaises.
    J’ai eu plus tard ces feuilles entre les mains. On peut y lire que le corps de la victime désignée se désintègre à la minute où quelqu’un, dans l’enceinte d’une église, pendant l’office, brise une larme bolonaise que celle-ci a tenue entre ses lèvres avant de l’offrir en gage d’amour. [/align:953905b764]


    Hm hm est-ce bien vrai, Mercedes est-elle réellement un démon, une sorcière ? Ou alors, ce sont les accusateurs qui ont perdu les boules ? ça arrive, vous savez ?
    Bref, pour débrouiller cette situation passablement compliquée, il aurait fallu faire subir à Tony et Manuel des examens médicaux idoines, et notre valeur No 8 aurait éventuellement s’en charger, au cas où elle serait assurée d’être rémunérée pour ses services, car c’est une petite matérialiste.

  9. #9
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    [align=left:301eae1ff1] Ivan et son frère avaient eu en vérité une fin si soudaine et si horrible !
    Nous comprenions le désespoir, l’accablement de Tonio. Même si la réussite du maléfice n’étaitn que le fruit du hasard, quel abîme de passions diaboliques se révélait ainsi chez cette femme ! Une violence des sentiments si inouïe, si onconcevable, que nous autres, gens normaux, nous enlisons dans les mystères de l’inconnu si d’aventure nous voulons éclairer de nos lumières les terribles secrets de cette âme abyssale.
    Tous les trois, nous restâmes assis sans mot dire presque toute la nuit, écoutant la vieille horloge égrener les heures.
    J’essayai de trouver quelques paroles de consolation, mais ni ma tête, ni mon cœur, ni les lèvres ne m’obéirent. Tonio guiettait la moindre de mes paroles ; il espérait entendre le mensonge qui pourrait encore l’étourdir.
    Je n’eux pas besoin de me retourner pour sentir le moment où, derrière moi, Manuel se décida à ouvrir la bouche. C’était maintenant, maintenant qu’il devait le dire. Un toussottement, une chaise qui racla le sol – puis à nouveau le silence qui parut une éternité. C’est alors que l’horrible spectre du mensonge – nous le pressentions – se glissa dans la pièce, tâtonnant le long des murs. [/align:301eae1ff1]


    Naturels ou surnaturels, les charmes de Mercedes ? La daubette No 9 est pas mal placée pour émettre son jugement, elle qui est spécialiste en la matière.

  10. #10
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    [align=left:fa8b0314f4] Enfin, ces mots, ces mots fallacieux et brûlants : « Peut-être, peut-être t’aime-t-elle autrement … que les autres. »
    Silence de mort. Nous ne bougions pas, retenant notre respiration : pouvu que l’illusion s’installe – elle vacille, se relâche, chancelle … encore une petite seconde !
    Lentement, très lentement, les traits de Tonio commencèrent à se détendre : une étincelle d’espoir !
    Le mensonge s’est fait chair !

    Dois-je vous raconter la fin de l’histoire ? Les mots me manquent. Allons faire quelques pas, j’ai des frissons dans le dos, nous sommes restés trop longtemps assis sur ce banc. Et la nuit est si fraîche.
    Vouez-vous, le destin guette l’homme comme un serpent : il n’y a pas d’échappatoire. Tonio sombra à nouveau dans le tourbillon de la passion. Plus fou que jamais, il suivait Mercedes pas à pas, comme son ombre. Elle le retenait prisonnier par son amour diabolique comme une pieuvre retient sa proie au fond des océans.
    C’est le Vendredi Saint que la destinée s’accomplit. Tonio montait la garde depuis le matin à la porte de l’église, dans le vent glacé de ce mois d’avril. Tête nue, les vêtements en lambeaux, les poings serrés, il voulait empêcher la foule de se rendre à l’office. Mercedes lui avait écrit – il en avait perdu la raison ; on retrouva dans sa poche cette lettre : Mercedes lui demandait de lui offrir une larme bolonaise.
    Et depuis ce Vendredi Saint, l’esprit de Tonio est plongé dans les ténèbres. [/align:fa8b0314f4]


    Quelle passion enivrante que celle de ce pauvre Tonio. Je me demande s’il n’exagérait pas avec le produit commercialisé par notre valeur No 10 ?

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