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  1. #1
    Senior Member Jedi Trader Avatar de xenia
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    Les daubinettes jouent à Lolita

    Si aujourd’hui, j’ai choisi de vous montrer les tableaux de Balthazar Klossovwki de Rola dit Balthus (1908 – 2001) peintre d’origine polonaise, c’est que je trouve que ces toiles montrant des adolescentes au charme un peu trouble me paraissent convenir à merveille pour accompagner les textes de Nabokov, or c’est à Nabokov qu’est consacré mon thread.
    Ce grand, très grand écrivain a réussi l’exploit de devenir grand auteur anglophone et américain, après s’être distingué en tant que prosaïste russe. Les écrits russes de Nabokov sont d’une pureté cristalline, d’un classicisme sophistiqué dans leur feinte simplicité. Ce sont cependant ses livres américains que je préfère. Je vous les donne en vrac : Pnine, Ada, ce livre étrange et mélodieux dont j’ai tiré les textes pour le thread d’aujourd’hui, le poignant, l’incomparable Feu Pâle.
    Mais au fond, peut-on parler de livres « américains » ? Car en vérité, ces romans, écrits par un apatride polyglotte de langue maternelle russe ne sont destinés qu’aux autres apatrides de la même origine dont le parcours (et je ne parle pas seulement de la géographie) a été comparable - c’est dire si le nombre de leurs lecteurs est restreint par définition. En effet, rédigés en anglais américain, les inserts français y sont nombreux, mais surtout, les textes nabokoviens sont tissés de « russismes » qui ne sont compréhensibles qu’aux rusophones car suffisamment chiffrés et rendus sciemment opaques, qu’il s’agisse de jeux de mots zembliens ou pninistes, des citations détournés et pervertis des classiques russes ou du sentiment fier de solitude, familier à chaque émigré.
    Oh, j’aurais certainement beaucoup à dire sur cet écrivain que j’admire tant, mais non ! tout compte fait, je préfère me retirer sur la pointe des pieds, vous laissant découvrir, - ou vous rappeler – cette splendide prose, bye.



    [align=left:9bbe06093e] La grande porte était verrouillée et cadenassée. Van essaya une petite porte grillagée qui donnait dans une galerie latérale festonnée de guirlandes bleues. Vain effort. Ignorant encore qu’un réduit, dissimulé sous l’escalier, abritait un assortiment de clefs de secours (dont certaines fort anciennes et sans attribution connue, qui pendaient à des crochets de bronze) et communiquait avec une resserre à outils ouvrant de plain-pied sur un coin retiré du jardin, Van traversa plusieurs salons en quête d’une fenêtre obligeante. Chemin faisant, il découvrit dans une pièce d’angle, debout devant une haute croisée, une petite camériste qu’il avait aperçue la veille et qu’il avait mentalement promise à ses investigations futures. Elle portait ce que Démon appelait (avec une œillade plus ou moins parodique) « le noir soubrette et un frisson de blanc ». Dans ses cheveux châtains, un peigne d’écaille accrochait la lumière ambrée ; la porte-fenêtre était ouverte sur le jardin et la fille, appuyant haut sur le chambranle une main qu’étoilait une minuscule aigue-marine, regardait un moineau qui s’approchait en sautillant d’un petit beurre qu’elle avait jeté sur les dalles du jardin.
    [/align:9bbe06093e]
    Avez-vu vu des portraits de Nabokov ? Je trouve qu’il s’est bonifié avec l’âge : les photos de sa jeunesse nous montrent un beau jeune homme très comme il faut, mais celles de ces dernières années sont irrésistibles : un vieux dandy hautain chassant le papillon. Tiens, la dénomination de notre daubinette initiale indique une qualité nabokovienne qui ne me déplaît pas du tout !


  2. #2
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    2

    [align=left:3bc70515c3] Son profil de camée, ses gentilles narines roses, son long cou français, blanc comme les lis, les pleins et les déliés de ses contours (la concupiscence masculine ne va pas loin et fait de trouvailles descriptives), et surtout l'instinct féroce de l’occasion favorable, émurent Van de façon tellement vigoureuse qu’il ne peut s’empêcher de saisir au poignet le joli bras levé, gainé d’une manche étroite. La jeune fille se dégagea et, signalant à son poursuivant par le flegme de son attitude qu’elle l’avait vu venir, elle tourna vers lui un visage attrayant, quoique presque dépourvu de sourcils, et lui demanda s’il voulait prendre une tasse de thé avant le breakfast. Non merci. Mais pouvait-on savoir comment elle se nommait ? Blanche, monsieur, mais Mlle Larivière l’appelait Cendrillon parce que ses bas avaient une tendance marquée à faire des échelles (Monsieur voit ce que je veux dire ?) et parce qu’elle cassait tout, perdait tout et confondait les coquelicots avec les bleuets.
    [/align:3bc70515c3]
    Notre valeur No 2 saurait assurément repérer le génie nabokovien car c’est une spécialiste en la matière. Il n’en reste pas moins qu’elle est trop matérialiste pour l’apprécier sans arrière-pensée, qu’en pensez-vous ?


  3. #3
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    [align=left:7b6166fe74] Van s’approcha plus près encore. Son lâche vêtement trahissait son désir : ce point ne pouvait échapper à l’attention d’une gamine, fût-elle daltonienne, et tandis que le regard de Van glissant un peu au-dessus du peigne d’écaille, parcourait l’horizon domestique attendant qu’une couche praticable apparût en quelque endroit de ce manoir enchanté (où tous les lieux, comme dans les Mémoires de Casanova, pouvaient devenir par l’alchimie de rêve, les coins et les recoins d’un sérail claustral), elle s’éloigna à bonne distance et modula ce monologue dans le doux français de Ladore :
    « Monsieur a quinze ans, je crois, et moi, je le sais, j’en ai dix-neuf. Monsieur est gentilhomme ; je suis la fille d’un pauvre tourbier. Monsieur a tâté, sans doute, des filles de la ville ; quant à moi, je suis vierge ou peu s’en faut. De plus, si je devais m’éprendre de Monsieur – m’éprendre tout de bon – et cela pourrait bien arriver hélas, si monsieur me possédait rien qu’une petite fois, je n’en récolterais que chagrin, flammes infernales, désespoir et même trépas. J’ajouterai, pour finir, que j’ai des pertes blanches et que je dois consulter le docteur Chronique, Crolique veux-je dire, mon prochain jour de sortie.
    [/align:7b6166fe74]
    Héhé, notre troisième daubinette est singulièrement bien choisie pour illustrer ce message, bien que ce soit une pro des marchés financiers : après tout, on peut dire que dans le passage ci-dessus l(objet de l’attention de l’écrivain est une partie de sa raison sociale, même s’il ne la nomme point !


  4. #4
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    [align=left:fd342ed55b] A présent, il faut nous séparer : le moineau a disparu, voyez, et monsieur Bouteillan qui vient d’entrer dans la pièce voisine, peut nous observer tout à loisir dans le miroir suspendu au-dessus du sofa que dissimule ce paravent de soie.
    - Pardonnez-moi, petite », - murmura Van, troublé plus que de raison par cette voix étrange et tragique, comme s’il avait un rôle à jouer dans une pièce dont il était le principal personnage, mais dont il ne se rappelait que cette scène unique. Dans le miroir, une main de maître d’hôtel fit sortir une carafe des marges de l’inexistence et glissa hors du cadre. Van, renouant le cordon de sa robe de chambre, franchit la porte vitrée et plongea dans la verte réalité du jardin matinal.
    Ce matin-là, ou deux jours plus tard, sur la terrasse, Mlle Larivière disait, poussant Ada (dont les hanches enfantines tressautèrent au risque de se désarticuler) :
    « Mais va donc jouer avec lui. Peux-tu bien laisser ton cousin se morfondre, par une aussi belle matinée ? Prends-le par la main, conduis-le dans ton allée favorite et montre-lui la dame blanche, et la montagne et le grand chêne. »
    [/align:fd342ed55b]
    Quelle logique implacable que celle des arguments développés par la jeune servante, elle est peut-être vierge ou tout comme, mais tout sauf naïve ! et quelle cohérence (qu’elle partage avec notre valeur No 5) !


  5. #5
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    [align=left:f1b4c790ec] Ada haussa les épaules et s’approcha de Van. Le contact de sa paume moite et de ses doigts glacés et la façon un peu embarrassée dont elle rejetait sa chevelure en arrière pendant qu’ils descendaient ensemble la grande allée du parc firent que Van non plus ne se sentait pas trop à son aise ; sous prétexte de ramasser une pomme de sapin il dégagea sa main captive puis, ne sachant que faire de l’objet, il le lança sur une nymphe de marbre penchée au-dessus d’un stamnos ; il réussit seulement à effrayer un oiseau qui s’était perché sur le col de l’urne brisée.
    « Il n’y a rien au monde de plus ordinaire, dit Ada, que de jeter des pierres sur un gros-bec.
    - Mille regrets. Je ne voulais pas lui faire peur. C’est que je ne suis pas un de ces gars de la campagne qui savent reconnaître une pigne d’une pierre. A quels jeux, au fond, s’attend-elle à nous voir jouer ?
    [/align:f1b4c790ec]
    Et là, vous allez voir, la seène décrite par Nabokov est absolument EMErveillante. L’on ne sait pas dire où résite le charme de cette description tout compte fait assez simple, on se laisse juste bercer par ce rythme si doux, par ce on ne sait quoi de paradisiaque.


  6. #6
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    [align=left:54e1b208f2] - Je l’ignore. Il faut bien dire que je me soucie médiocrement des opérations de son faible esprit. A cache-cache, j’imagine, ou à grimper aux arbres.
    - Quant à cela, c’est mon affaire ; je suis même brachipodiste. Tu veux voir comment je m’y prends ?
    - Non, c’est à mes jeux que nous allons jouer. Des jeux auxquels (espérons-le) Lucette pourra jouer avec moi l’année prochaine, la pauvre chérie ! Tu viens ? On commence. La première série appartient au groupe « ombre et lumière ». Aujourd’hui je t’en apprendrai deux.
    -Je vois », fit Van.
    « Dans un instant, ce sera tout vu », répliqua la jolie poseuse. « Il faut avant tout trouver une bonne baguette.
    - Regarde là, dit Van, toujours un peu vexé, encore un gros Bébec. » Ils venaient d’atteindre le rond-point, modeste arène entourée de plates-bandes et de buissons de jasmin en fleurs. Dans les hauteurs, les bras d’un tilleur se tendaient vers les bras d’un chêne tels une jeune beauté pailletée de vert s’élançant dans l’espace à la rencontre de son robuste père, suspendu par les pieds au barreau d’un trapèze. Même alors nous comprenions tous deux ces choses divines, oui, déjà …
    [/align:54e1b208f2]
    Sans hESIter, Ada révèle à Van les jeux auxquels elle s’adonne en solitaire, quelle belle preuve de confiance, il ne faut pas qu’il la trahisse !


  7. #7
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    [align=left:a1590248db] « Il y a je ne sais quoi d’assez acrobatique dans cet arbre », dit Van, le doigt levé.
    « Oui, dit Ada. Il y a longtemps que j’en ai fait la découverte. Le tilia, c’est la sylphide italienne, et le vieux chêne est celui qui souffre … le vieil amant jaloux. Chaque fois, pourtant, il la rattrape … » Comment restituer à la fois l'intonation exacte et le sens complet de ses paroles … après quatre-vingt ans ! Mais en vérité, tandis que nos regards s’élevaient dans la ramure et redescendaient vers la terre, elle dit ces mots extravagants, tout à fait disproportionnés avec la simplicité de son âge.
    Le regard incliné, et brandissant un tuteur de couleur verte à l’extrémité bien pointue qu’elle avait extrait d’un massif de pivoines, Ada expliqua à son compagnon la règle du premier jeu.
    L’ombre du feuillage sur le sable était diversement tachetée de petits cercles de lumière vive. Chacun des joueurs devait choisir son circulet – le mieux fait, le plus brillant qu’il pût trouver – et d’un trait ferle en souligner le contour avec la pointe de sa baguette. A la suite de cette opération, la tache lumineuse acquérait un semblant de relief et paraissait bombée comme la surface d’une coupe d’huile dorée pleine jusqu’au bord.
    [/align:a1590248db]
    Le patronyme de notre septième daubinette (qui compte 2 mots dont le premier est une abréviation) convient à merveille pour décrire les personnages du passage que vous venez de lire – en une espèce de franglais, hein ?


  8. #8
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    [align=left:730ef5b227] Alors, bien délicatement, le joueur creusait le sable à l’intérieur du cercle de lumière au moyen de sa baguette ou de ses doigts ; en même temps le niveau de la tache limpide, lumineuse infusion de tilleur, s’abaissait comme part magie dans son gobelet de sable, jusqu’à ce qu’il ne restât plus, dans le fond, qu’une seule goutte précieuse. Le gagnant était celui qui avait creusé le plus grand nombre de gobelets, disons en vingt minutes.
    Van demanda avec quelque méfiance si « c’était tout ». Non. Ce n’était pas tout. Ada traçait un petit cercle bien net autour d’une tache d’or de la plus belle venue, et tandis qu »elle oeuvrait et se déplaçait à croupetons, ses cheveux noirs balayaient ses genoux mobiles, polis comme l’ivoire, et ses mains et ses hanches diligemment s’activaient (d’une main elle tenait sa baguette, et de l’autre écartait de son visage di longues mèches importunes). Soudain, mal à propos, une brise légère éteignit la tache d’or. Cet accident faisait perdre un point au joueur, même si la feuille ou le nuage s’empressaient de rendre un passage au rayon intercepté.
    [/align:730ef5b227]
    Tiens, on n’a qu’à garder la lettre initiale de notre daubinette précédente, ainsi que les deux premières lettre du second des mots qui en composent la raison sociale, pour avoir celle de notre petite présente !


  9. #9
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    [align=left:a514f2b0a2] On avait compris. Et l’autre jeu ?
    L’autre jeu (cela débité d’une vois traînante) pouvait paraître un peu compliqué. Pour y jouer correctement, il fallait attendre que les heures de l’après-midi allongeassent les ombres. Le joueur …
    « Arrête de dire : le joueur. C’est toi ou c’est moi.
    - Disons, toi. Tu dessines le contour de mon ombre derrière moi, sur le sable. J’avance. Tu dessines ma nouvelle ombre. Puis la suivante (lui tendant la baguette). Et maintenant, si je recule …
    - Ah, ça, dit Van en jetant la baguette, si tu veux savoir mon avis, voilà les jeux les plus stupides et les plus assommants qu’on ait jamais inventés, n’importe où, n’importe quand, après ou avant midi. »
    [/align:a514f2b0a2]
    Sans faire attention à la remarque un peu impertinente du garçon, Ada continue de lui expliquer les règles du jeu. Au fait, comment dirait-on « elle continuer de lui expliquer » en anglais ? C’est du datif, on est bien d’accord ? Eh bien, trouvez-le et vous aurez trouvé le mnémo de la daubette No 9.


  10. #10
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    10

    [align=left:3849af811a] Ada ne répondit pas, mais ses narines se resserrèrent. Elle ramassa la baguette et la piqua férocement à sa première place dans le terreau profond d’une plate-bande, à côté d’une fleur reconnaissante, à la tige de laquelle elle la relia avec un petit signe de tête silencieux. Elle reprit le chemin de la maison et Van se demanda en la regardant si plus tard sa démarche aurait meilleure grâce.
    « Je ne suis qu’une brute, un rustre. Veux-tu bien me pardonner ? »
    Elle inclina la tête, mais sans se retourner, et lui montra, en gage de réconciliation partielle, deux robustes crochets suspendus à des cercles de fer enserrant les troncs de deux tulipiers : avant qu’elle ne vînt au monde, un autre adolescent, qui s’appelait Van, lui aussi, et qui était le frère de sa mère, avait l’habitude d’y suspendre un hamac au milieu de l’été et, quand la chaleur des nuits devenait insupportable, il dormait à la même latitude que la Sicile).
    « C’est une bonne idée, dit Van. A propos, quand on dort ainsi sous le ciel, les lucioles vous brûlent-elles avec leurs lumignons ? Tu sais, je te demande ça … Sotte question d’un habitant des villes ».
    [/align:3849af811a]
    Laissons maintenant le charmant groupe pour nous occuper de notre dixième petite valeur qui n’est pas non plus une valeur isolée. Mais juste une question : votre fIBre romantique, est-ce qu’elle vIBre à la lecture de VN ?


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