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  1. #1
    Senior Member Jedi Trader Avatar de xenia
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    Les daubinettes se révèlent naïves

    Aimez-vous Pirosmani ? Pour l’aimer, il faut déjà le connaître, or la chose n’étant pas certaine, nous avons décidé de vous en parler un peu. Je dois vous prévenir que j’ai essayé de caser le maximum d’images, pour vous donner une impression tant soit pêu complète de ce peintre qu’on dit naïf et que personnellement, je trouve lucide.

    La vie de cet artiste est très mal connue. L’on sait que Niko Pirosmanichvili est né en 1862 dans un village géorgien, Mirzaani, que, resté orphelin très tôt, il a été pris en charge par l’une de ses sœurs qui l’a fait venir à la capitale, Tbilissi. On sait aussi que pendant 4 ans, il a travaillé comme contrôleur dans le Chemin de fer caucasien, enfin, on sait qu’il a peint des enseignes, - comme celle que vous voyez sur l’image qui appâte le chaland assoiffé, - pour des estaminets à Tbilissi, contre du pain et du vin pour lui et pour ses amis. On sait aussi que dans la vie, il ne tenait qu’à la peinture mais qu’une fois terminées, il donnait ses toiles à qui les voulait bien.


    La daubinette No 1 mérite ma foi bien son numéro : en effet, il faut bien que j’ouvre mon thread, n’est-ce pas ? Et de plus, le second mot des deux qui composent son patronyme, accompagné d’adjectif « agréable » définit bien le caractère de notre peintre, du moins, tous ceux qui l’ont cotoyé l’affirmaient.

  2. #2
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    On sait enfin qu’il était amoureux d’une chanteuse française qui se produisait à un café-chantant à Tbilissi, une dénommée Marguerite, et qu’il lui a offert une fois un million de roses rouges. Vous la voyez ci-dessous, à gauche, représentée en tutu, un bouquet de fleurs à la main, sur fond du ciel bleu, entourée d’oiseaux.

    Il est mort en 1918 d’une maladie dont on ignore la nature.
    Personne ne sait où est sa tombe.


    En voilà un qui savait s’y prendre avec les femmes, pardi, un million de roses, j’aimerais bien voir ça ! J’adore les hommes comme ça, galants, élégants, courtois. Bizarrement, notre petite No 2 ne partage pas mes goûts, sinon, elle ne se serait jamais mise en ménage avec ce truc dont la dénomination proclame que ses pratiques relationnelles sont détestables !

  3. #3
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    En 1910, Ilia Zdanevitch, un artiste de l’avant-garde russe, a vu ses toiles à Tbilissi et, profondément boulversé, les a amenées à Moscou où elles ont été exposées en 1913 à l’exposition moderniste « La cible » et ont déclenché une réaction enthousiaste des avant-gardistes tels que Larionov, Gontcharova, Yakoulov qui subissaient justement à ce moment-là l’influence de l’art dit naïf ou populaire – on a déjà évoqué le sujet, vous voyez comme tout s’embrique ?

    Notre troisième valeur s’apparenterait avec cette exposition de Pirosmani qui donnait une espèce de panorama de son œuvre, mais elle intervient dans un autre domazine, bien sûr, elle ne vante pas les débits de boisson mais une autre drogue à laquelle nous sommes tous accros.

  4. #4
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    Parlons un peu de sa technique : Pirosmani fabriquait ses couleurs lui-même ; il peignait sur une espèce de toile cirée noire dont il laissait de larges surfaces intactes, utilisant ce noir comme fond pour ses tableaux, mais aussi pour représenter des objets sombres dont il ne dessinait que la silhouette. On en voit bien la démostration sur ces deux images dont la première est l’enseigne d’une cave à vin et la seconde, une nature morte.

    Il faut croire que Pirosmani était croyant et même pieux. Eh bien, c’est cette particularité qu’il partage avec toute l’équipe de notre quatrième daubinette.

  5. #5
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    Ce procédé explique sa palette très particulière, que l’on pourrait trouver sombre et austère, mais qu’illuminent des taches de couleurs vives, resplendissantes.
    Autodidacte, il recourt souvent au procédé compositionnel narratif, qui lui permet de raconter une histoire en peignant sur une même toile des scènes différentes (procédé largement utilisé dans l’art de l’icône, mais aussi dans les inluminures médiévales, pour ne citer que ces deux esemples).
    Le tableau du haut s’appelle « La pleine d’Alazani » ; on y voit les voyageurs festoyer après un long chemin le long de la rivière. La toile du bas se divise en 6 épisodes représentant les envorins de Tbilissi dont son localement fameux funiculaire.


    La Géorgie, fait-elle partie de l’Europe ou pas ? Je donne ma langue au chat, mais notre daubette No 5, fine mouche, pourrait répondre à cette question de portée géographique.

  6. #6
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    6

    Ici, la toile du haut nous montre les passagers d’un ferry traversant le fleuve, alors que sur celle du bas, on voit un « physicien » ou plutôt, un géodésiste, avançant sur son petit âne et tenant à la main une baguette qui est censée lui permettre de trouver des sources d’eau.

    Vous ne pouvez sans doute pas le savoir, mais il y a eu un film russe qui racontait la biographie de Pirosmani, un très beau film, qui a eu beaucoup de succès et qui a fait de Pirosmani post mortem quelqu’un de médiatique. Il est possible d’ailleurs que la valeur No 6 a aidé à organiser la publicité pour le film, en effet, les médias, elle s’y connaît.

  7. #7
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    7

    N’étant pas indifférent aux événements politiques de son temps, il nous a laissé ce saisissant témoignage sur la guerre russo-japonaise des 1901-1904. Rappelez-vous la série des « Soldats » de Larionov. Maintenant, vous voyez l’une de ses sources, n’est-ce pas? ce qui ne diminue aucunement le mérite de Monsieur L.

    Comme c’est dommage qu’à cette époque-là, la daubinette No 7 n’existait pas encore, c’est sûr que le cas Pirosmani l’aurait grandement intéressée : pouvoir faire une analyse génétique d’un peintre aussi talentueux doit être passionnant !

  8. #8
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    Les personnages de ces deux toiles sont des enfants, et c’est peut-être pour celà qu’elles baignent dans la tendresse, voilées comme elles le sont d’une douce lumière. Le fond noir, loin d’être austère, ne fait que souligner la douceur juvénile des traits, la fraîcheur de la carnation des personnages.

    Le nom de la huitième daubinette se prête vraiment très difficilement aux devinettes. Disons que ses deux premières lettres forment le prénom d’une héroïne grecque ancienne qui a su attirer le principal dieu de l’Olympe et a déclenché du coup l’ire de son épouse qui l’a punie sévèrement. Du reste, un peu plus loin vous verrez un tableau de Pirosmani qui pourrait vous rappeler cette tragique histoire.

  9. #9
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    Des scènes idylliques, sans nuages : la mère donnant à son enfant une grappe de raisins, un grand-père tendant à son petit-fils une carafe, - on se demande si elle contient de l’eau ou un liquide plus euphorisant ? – irradiant la quiétude, épiques. C’est chez Gontcharova qu’on retrouve ce caractère posé, serein, hiératique et pieux des images, remplies d’un étrange silence, cette similitude est-elle fortuite ?

    La daubinette No 9 a aussi à voir avec la mythologie, mais dans son cas, c’est de la mythologie non pas grecque mais égyptienne (il faut varier ses plaisirs, non ?). Son mnémonique pourrait servir à former le nom d’un dieu qui a souffert de la jalousie d’un autre dieu qui l’a impitoyablement mis en pièces !

  10. #10
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    10

    Ces deux tableaux-là sont des portraits des amis de Pirosmani, tenanciers d’auberges, garçons de salle. Toujours ce grand laconisme des moyens aboutissant à une expressivité accrue de la peinture.

    Ce qui est attachant DANs la peinture de Pirosmani, c’est cette fraîcheur de vision, ces yeux grand ouverts au monde et facilement émerveillés par lui qu’on appelle – à tort, à mon avis, la naïveté.

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