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  1. #1
    Senior Member Jedi Trader Avatar de xenia
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    Les daubinettes restent naïves

    Bonjour à tous. Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à un écrivain qui occupe une place à part dans mon Olympe littéraire, car c’est l’un des peu nombreux auteurs que j’ai découverts déjà ici, en France, après mon départ de Russie. Complètement subjuguée par son imagination débridée, luxuriante, mais aussi par son côté tragique, j’ai littéralement dévoré tous ses livres. C’est aussi un écrivain très austro-hongrois – on pense à Kafka, à Meyrink, au baroque pragois, au gothique de Vienne qui se reflètent dans ses livres.
    Je voudrais vraiment que vous le découvriez et que, pour certains d’entre vous, l’aimiez comme je l’ai aimé moi.
    Pour illustrer le texte de Perutz, j’ai choisi henri Rousseau. Pourquoi ? Cela, je ne vous le dirai pas, et en plus, pour comprendre mes raisons, il faudrait que vous vous procuriez le livre dont j’ai extrait le texte du présent thread et le lisiez jusqu’à la fin, car les phénomènes étranges et inquiétants décrits dans le texte que je poste ne sont rien en regard ce ce qui va se passer ulitérieurement, et je ne vous donne pas la chute de l’histoire qui est absolument impressionnante, vous pouvez m’en croire !
    Et puis, c’est ma manière de faire un petit présent à notre Laura qui m’a dit une fois aimer la peinture naïve.
    Bonne lecture !


    [align=left:d2f7f5e4aa]
    Leo Perutz

    Le miracle du manguier

    /…/
    La gouvernante sortit de la pièce. Le Dr Kircheisen tendit l’oreille. Il écouta le bruit de la porte qui s’ouvrait puis se refermait. Bettina disait bonjour à quelqu’un. Une voix d’homme lui répondit ; il crut entendre son nom. Mais déjà Bettina était sur le seuil et annonçait :
    - Monsieur l’architecte !
    Avant qu’elle ait eu le temps de s’écarter, elle fut repoussée par un jeune homme qui fit irruption dans la pièce.
    - C’est toi, Fritz ? s’étonna le Dr Kircheisen, qui avait déjà dit au revoir à son ami vers midi.
    - Ce maudit téléphone ! fit celui-ci, voilà une demi-heure que j’essaye de t’appeler ! Dix fois de suite ! J’ai houspillé l’opératrice, invectivé le contrôleur, en vain ! Il n’y avait pas moyen d’avoir la ligne !
    - Je veux bien te croire ! répondit en riant le médecin, j’avais besoin qu’on ne me dérange pas pendant que je faisais mes bagages. Je voulais être tranquille. C’est la raison pour laquelle j’ai débranché mon téléphone.
    - Voilà une idée vraiment sympathique ! C’est précisément dans les cas d’urgence que les gens ne supportent pas la sonnerie du téléphone.
    - Qu’y a-t-il donc de si urgent ?
    - Il faut que tu viennes tout de suite visiter un malade !
    - Tu ne parles pas sérieusement ? Mon train part dans trois heures. Et de plus, je ne suis pas praticien. Depuis quand est-ce que je fais des visites ? Tu aurais mieux fait de t’adresser à l’un des cinq mille autres médecins qui exercent sur la place de Vienne ; tu as frappé à la mauvaise porte.
    - A la seule bonne porte, au contraire ! Tu es toxicologue, et il s’agit d’un cas d’empoisonnement, et même probablement d’un cas excessivement grave.

    [/align:d2f7f5e4aa]


    Et voilà, Bourso est en rade !!! Il a fallu donc que j’utilise les moyens du bord, et ça m’a pris un temps fou, et en plus, les moyens du bord sont eux aussi en rade, vendredi soir, c’est vraiment galère !!!
    Bon, à la guerre comme à la guerre, j’y vais quand même, mais soyez indulgents !


  2. #2
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    1

    [align=left:f73034534c]
    - Dans ta famille ?
    - Non. C’est le baron Vogh qui s’est adressé à moi.
    - Le baron Vogh ? Qui est-ce ? demanda le Dr Kircheisen.
    - Tu ne connais pas le baron Vogh ? Le grand sportif, le célèbre alpiniste ! Tu as forcément déjà entendu parler de lui !
    - Cela se peut. Je crois en effet me souvenir.
    - Je lui ai construit sa maison de campagne, à Hietzing, l’année dernière. Je t’en avais montré les plans.
    - Tu as raison. Qu’est-ce qui est arrivé au baron ?
    - Je ne sais pas. Il m’a appelé au téléphone il y a environ une demi-heure, a aussitôt évoqué ton nom en me priant de t’avertir sur-le-champ. Apparemment, il sait que nous sommes amis. Il semble attacher une très grande importance à ton intervention et j’ai pris sur moi de t’aller chercher.
    A cet instant la sonnerie du téléphone, que Bettina avait entre-temps rebranché, retentit dans la pièce voisine. Le Dr Kircheisen se précipité et décrocha le combiné.
    - Bonsoir, monsieur le baron ! Oui, ici le Dr Kircheisen, l’entendit répondre l’architecte, c’est exact, mon ami est justement auprès de moi … Non, absolument pas ! Il ne m’a encore rien dit. Est-ce que vous ne pourriez pas … En quelques mots, tout au moins ! Vous m’avez envoyé une automobile ? Parfait ! Espérons qu’elle ne mettra pas trop de temps … Ainsi, il s’agit d’un empoisonnement ! Quelle sorte de poison ? Oui, oui … certes, j’arrive, mais …
    « Il a raccroché, dit le médecin d’un air fâché. Mais pourquoi ne m’a-t-il pas donné le moindre renseignement pour me préciser s’il s’agit d’un accident ou d’une tentative de suicide ? Il ne m’a même pas dit, surtout, de qui il s’agit …

    [/align:f73034534c]


    Ce cher docteur qui va visiter la Grèce ! Je ne sais pas s’il s’intéresse aux dieux de l’Olympe, en fait, je ne le crois pas, mais si c’était le cas, notre première daubinette qui est liée avec le plus beau des dieux pourrait lui être d’un grand secour. Pas beaucoup de chances non plus que le médecin se soûle régulièrement la gueule, donc notre petite ne peut hélas pas lui servir.



  3. #3
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    [align=left:267b1404cd]
    - Peut-être est-il arrivé quelque chose à la jeune demoiselle, sa petite fille. C’est même très probable, car il semble véritablement très affecté, reprit l’architecte.
    - Il va falloir que je rouvre mon bureau ! soupira le Dr Kircheisen. Bettina ! Ma sacoche noire !

    Il mit à peine quelques secondes ç réunir un trousseau d’épingles, de pinces, de ciseaux argentés qui disparurent en cliquetant au fond de son sac ; il prit aussi plusieurs éprouvettes, les glissa dans un étui qu’il enfouit également dans la sacoche de cuir.
    - Je suis prêt, l’auto peut arriver, dit-il en regardant l’horloge. Il m’a envoyé chercher en voiture par son domestique. Sept heures un quart ! Et mon train qui part à dix heures vingt et une ! Il n’y a pas beaucoup d’espoir que je l’attrape ! A propos, comment as-tu fait la connaissance du baron ?
    - A la montaigne. Je l’ai rencontré pour la première fois il y a deux ans, dans un passage très difficile de la face nord du Planspitze. J’avais présumé de mes forces, je n’arrivais plus ni à progresser ni même à retourner en arrière, j’étais complètement démoralisé. C’est à ce moment-là qu’il m’a rejoint et encordé à lui pour me hisser jusqu’au sommet. Il m’a certainement sauvé la vie. Des muscles d’acier, une force, une énergie hors du commun – tu verras, il est impressionnant. Il accomplit en montagne des choses tout à fait extraordinaires. Ses amis l’ont surnommé « le baron fou ».
    - Tu es pourtant toi-même un alpiniste de tout premier ordre ! coupa le Dr Kircheisen.
    - Un enfant, à côté du baron Vogh ! Il n’y a absolument aucune comparaison. Si cela t’intéresse, je peux t’apporter le compte rendu de l’une de ses « premières ». Je lui suis d’ailleurs redevable également sur un autre plan, puisque c’est à moi qu’il a confié la construction de sa villa de Hietzing.
    [/align:267b1404cd]


    La démonimation de notre seconde valeur pourrait désigner la totalité des patients du docteur, surtout s’ils appartiennent au même groupe social et sont liés d’amitié.

  4. #4
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    [align=left:f57f18b951]
    - Le baron est sans doute très riche ?
    - L’argent ne compte pas, pour lui. Quand tu verras le parc … et la superbe serre que je lui ai construite – entièrement dans le style d’un temple indien ! Il ne passe cependant jamais plus de trois mois par an à Vienne ; le reste du temps, il est en voyage. Aux Indes, en Afrique du Sud, dans la cordillère des Andes. Il est rentré d’Angleterre il y a environ deux semaines, où il a passé l’été … Mais dis-moi, que signifient ces paquets, là, sur la table ?
    - Il faut encore que je mette tout cela dans ma valise, répondit le médecin, cinq cents feuilles de papier à lettres, avec les enveloppes ! Ma réserve de cigares, soixante-trois exactement, trois par jour ; je reste parti trois semaines, trois fois vingt et un, donc ! Tu comprends, je vais sur une île complètement isolée … ajouta le Dr Kircheisen en voyant le visage étonné de son ami.
    - Tu sembles avoir une curieuse idée de Corfou, dit l’architecte. Tiens, voilà déjà le serviteur du baron !
    Le petit homme aux cheveux blancs était entré dans la pièce, vêtu d’une livrée fermée par une double rangée de boutons d’argent rutilants. Le laquais salua en s’inclinant respectueusement.
    - Vous venez de la part du baron Vogh ? demanda le Dr Kircheisen en enfilant prestement son manteau. Je suis au courant. Ne perdons pas de temps ! Vous me raconterez dans la voiture. Adieu, Fritz ! A bientôt ! Si je suis encore là demain, je t’appelle au téléphone.
    [/align:f57f18b951]


    Tiens, notre daubinette No 3 se trouve très à l’aise dans ce thread qui parle des choses médicales. Une chose qui m’étonne quand même : son patronyme est composé des deux mots dont le premier est une abréviation qui est presque identique à son mnémo, mais … pas tout à fait ! Je me demande bien pourquoi cela ?



  5. #5
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    [align=left:836c29c3c7]
    Devant la maison attendait l’automobile, dans un bruit de pétarade. Une main sur le levier de vitesse, l’autre sur le volant, le chauffeur guettait le signal pour démarrer. Le médecin sauté dans la voiture, le vieux serviteur derrière lui.
    - Vous êtes le valet de chambre du baron ? demanda le Dr Kircheisen lorsque l’automobile se fut ébranlée.
    - Le vieux acquiesça et boutonna le col de sa vareuse, à cause des bourrasques de vent qui lui cinglaient le visage.
    - Vous savez naturellement de quoi il s’agit ? demanda le médecin.
    Le vieux serviteur leva les deux bras comme pour implorer le ciel.
    - Racontez-moi en quelques mots ce qui est arrivé. Ou bien en détail, comme vous voulez, poursuivit le Dr Kircheisen, pour l’instant je sais seulement qu’il s’agit d’un empoisonnement, rien de plus !
    Le laquais se découvrit brusquement, laissant échapper au vent quelques fines mèches de sa maigre chevelure blanche. Il garda son vieux chapeau noir élimé entre ses deux mains, le triturant de ses doigts fébriles.
    - N’est-ce pas, docteur, que vous allez aider mon pauvre maître ? gémit-il.
    Le médecin regarda pendant un moment les doigts tremblants du vieillard qui maltraitaient le chapeau.
    - Bien sûr que je vais l’aider ! Mais je voudrais surtout savoir ce qui est arrivé et à qui cela est arrivé. Sans doute au baron lui-même ?
    - Un accident, docteur ! Un terrible accident !
    - Quelle sorte d’accident ?
    - Je n'ai jamais rien vu de pareil. Et pourtant, j’en ai vu beaucoup, à soixante-neuf ans, vous pouvez me croire !
    [/align:836c29c3c7]


    La valeur No 4 ne figure dans nos sélections que très rarement. Vous allez me dire, tant mieux, c’est d’autant plus facile de trouver une devinette qui lui convienne. Ouais, mais voilà, je trouve que sa raison sociale ne s’y prête absolument pas !
    Bon, disons si on remplace sa première lettre par une autre, le terme ainsi obtenu désignerait un demandeur dans une langue étrangère, mais familière à tout le monde, du moins, c’est ce que l’on dit.

  6. #6
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    [align=left:0cd82341e4]
    - Je crois tout ce que vous voulez ! Mais au lieu de me raconter votre vie, parlez-moi plutôt de cet épisode bien précis !
    - Si quelqu’un m’avait dit qu’une chose pareille était possible ! Et il faut justement que cela arrive à mon maître, à ce bon monsieur le baron ! Je vous le dis, docteur, il n’y a pas meilleur maître que lui, sur tout la terre ! Et la pauvre baronne ! Quel malheur ! Quel malheur !
    « Je sais au moins maintenant qu’il s’agit du baron lui-même ou éventuellement de sa fille, songea le médecin. Je n’en apprendrai pas davantage du serviteur. Le vieil homme paraît complètement perturbé. L’événement l’a visiblement bouleversé, c’est plus qu’il ne pouvait supporter. A voir le désarroi du serviteur, on peut en tout cas conclure qu’il s’agit de quelque chose de grave. On ne doit plus maintenant être très loin, nous avons passé la gare ouest, encore quelques minutes de patience et je serai fixé … »
    Le médecin se renversa dans son siège et ferma les yeux. Le frontispice du livre qu’il avait lu ces jours derniers surgit à sa mémoire. Au-dessus du titre en fins caractères – Recherches botaniques sur les îles lointaines, Paris 1879 – il y avait une petite gravure représentant un promontoire s’avançant loin dans la mer et couronné par un castel. Au loin se dressait un clocher. Le médecin eut l’impression que la voiture dans laquelle il se trouvait le conduisait là-bas à une vitesse accélérée … « Peut-être pourrai-je encore attraper le train de nuit », songea-t-il. Il ouvrit les yeux et se pencha à la fenêtre. La voiture filait sur une large allée toute droite, bordée de chaque côté par des grilles ou des murs recouverts de place en place de feuillages aux formes et aux couleurs variées. La flamme jaune verdâtre d’un réverbère surgissait, à intervalles réguliers, de l’obscurité. [/align:0cd82341e4]


    Je me demande quelle est la spécialité du docteur, pratique-t-il les ceSARiennes, soigne-t-il les SARcomes, bref, est-il généraliste, cardiologue, ORL ou encore autre chose ? Avez-vous une idée ?



  7. #7
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    [align=left:d86940c47d]
    Le vieux serviteur, jusqu’à présent prostré sur son siège, sortit soudain de sa léthargie. Il se redressa, se pencha à la fenêtre pour scruter l’obscurité et tapa du doigt- sur l’épaule du chauffeur devant lui. L’automobile ralentit, puis s’arrêta quelques instants après devant un grand portail baroque, encadré de chaque côté, le long de la route, par une grille de fer forgé de plus de deux mètres de haut. Une lampe à arc électrique, se balançant au vent, répandait une douce lumière. Le médecin prit sa sacoche et descendit de la voiture. Un homme sortit du jardin, s’avança vers le chauffeur et s’appliqua à extraire de la bourse qu’il tenait à la main le nombre de pièces de monnaie demandé.
    C’était un vieux monsieur, avec une longue et maigre silhouette. Il était vêtu d’un costume de homespun brun - le médecin remarqua aussitôt que celui-ci était bien trop grand pour lui, qu’il flottait littéralement autour de son corps fluet. Son visage était hâlé par le soleil, sa peau tannée comme du cuir, sillonnée de plis et de rides. Il avait des cheveux presque tout gris, encore remarquablement épais, de grands yeux gris clair sous des sourcils broussailleux. Ses doigts étaient agités de tremblements incessants, tandis qu’ils fouillaient dans le porte-monnaie. Il réunit enfin les pièces et les tendit au chauffeur qui remercia en portant la main à sa casquette, fit faire un brusque demi-tour à la voiture et repartit à pleine vitesse.
    Le vieux monsieur, appuyé sur sa canne, s’avança vers le médecin et lui tendit les deux mains. [/align:d86940c47d]


    En voilà un cas qui risque d’être bien etRANge ! Ce pauvre serviteur perturbé, incapable d’expliquer la nature de l’accident, il y a du mystère là-dedans, hein ?


  8. #8
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    7

    [align=left:e3262586ff]
    - Docteur Kircheisen ? demanda-t-il. Dieu soit loué, vous êtes là !
    Il avait la voix roque et cassée ; lorsqu’il eut achevé sa phrase, il fut obligé de marquer un temps d’arrêt, pour reprendre sa respiration.
    - Je me suis permis de vous appeler il y a une demi-heure … reprit-il. Le Dr Kircheisen ne comprit pas tout de suite.
    - Une demi-heure ? dit-il. J’avais cru parler au téléphone avec le baron lui-même.
    - Je suis le baron Felix von Vogh, répondit le vieux monsieur en saisissant la main du médecin.
    - Enchanté ! Vous êtes sans doute le père du célèbre alpiniste qui a sauvé la vie de mon ami sur le Planspitze ?
    - Je n’ai pas de fils, docteur. Je suis le célèbre alpiniste dont vous parlez. Quant à l’épisode auquel vous faites allusion, votre ami a un peu exagéré …
    « On peut dire effectivement qu’il a exagéré, songea le médecin, je m’étais représenté autrement « le baron fou » ! Comment avait-il dit, déjà ? Des muscles d’acier, une force, une énergie hors du commun … Une mauvaise plaisanterie, ou alors cette histoire de sauvetage en montagne doit remonter à de nombreuses années. Ce vieillard décrépit pourrait à peine grimper encore jusqu’au Kobenzl ou toute autre ferme-auberge de la Wienerwald … » [/align:e3262586ff]


    Oh, vous avez vu ça ? A cette époque, il n’y avait pas de lignes téléphoniques automatiques, il fallait qu’on passe par une opératrice, et cela ne devait être ni rapide ni bien confortable, et en plus, il paraît que ces dames écoutaient volontiers les conversations des usagers, shoking ! Heureusement que nous avons notre daubinette No 7 qui n’est pas pour rien dans l’automatisation de nos communication du moins, c’est ce que laisse entendre son nom.


  9. #9
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    8

    [align=left:a7b446a9a1]
    - Auriez-vous l’amabilité de bien vouloir me suivre ? pria le baron. Philippe ! cria-t-il ensuite au serviteur, ne t’éloigne pas, au cas où le docteur aurait besoin de quelque chose !
    Philippe passa devant eux à pas pressés et s’engagea dans l’allée de jardin soigneusement entretenue, tapissée de petits graviers rouges. Le Dr Kircheisen regarda les ornements variés des parterres qui, telles de grandes ombres noires, se détachaient sur les pelouses baignées par le clair de lune. Derrière une haie d’arbustes sombre et impénétrable, il entendit le bruit d’eau d’une fontaine. Au loin, il aperçut la silhouette fantomatique, étrangement inquiétante, d’une bâtisse en forme de pagode ; il s’agissait probablement de la serre indienne dont lui avait parlé l’architecte.
    Ils étaient entre-temps arrivés devant la villa. Le médecin s’arrêta et se retourna vers son compagnon :
    - Des propos de votre serviteur, j’ai cru comprendre que c’est à vous-même, monsieur le baron, qu’est arrivé l’accident …
    - Absolument pas ! Pas du tout ! cria presque le baron, je vais tout à fait bien, je suis en parfaite santé !
    - Dois-je en conclure qu’il s’agit de mademoiselle votre fille ?
    - Non, grâce au ciel, ma fille n’a rien !
    - Mais votre serviteur m’a pourtant bien dit qu’il venait me chercher pour vous porter secours, à vous et à votre fille !
    - C’est exact ! Un grand malheur nous est arrivé ! Un terrible malheur nous a frappés ! reprit le baron à voix basse.
    - Ne voulez-vous pas enfin me dire qui est malade ici ? C’est quelqu’un de vos proches ? demanda, impatienté, le Dr Kircheisen.
    Le baron lança au médecin un regard anxieux, indécis.
    - Il s’agit … il s’agit de … hésita-t-il.
    Il s’arrêta un instant, puis se fit violence et déclara en se redressant :
    - Il s’agit de mon jardinier, docteur ! [/align:a7b446a9a1]


    Grand personnage, ce “baron fou” : sportif accompli, audacieux pour ne pas dire téméraire, un vrai héros !
    Ah oui, et pour trouver notre daubinette No 8, vous n’avez qu’à traduire en franglais l’un des termes utilisés dans ma première phrase, héhé.


  10. #10
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    [align=left:c2851777b0]
    Tout en parlant, ils avaient pénétré dans le vestibule de la villa, une vaste pièce dont la magnificence, aussitôt, séduisit et fascina le médecin. Les murs étaient lambrissés, jusqu’à hauteur d’homme, d’un bois sombre cannelé de rose et de noir, incrustés de mosaïques – longues silhouettes féminines aux mains chargées de guirlandes de roses. Aux quatre coins du plafond, des coupelles de verre serties d’argent, à fond galbé, diffusaient dans la pièce une douce lumière blanche. A l’arrière-plan, un escalier de quelques marches de marbre habillées d’un tapis vert sombre conduisait dans la pièce voisine.
    Le Dr Kircheisen se tourna à nouveau vers le vieux monsieur :
    - Qui donc, dites-vous, est le malade ?
    - Mon jardinier, répéta le baron.
    - Monsieur le baron, fit le médecin, je crains qu’il ne s’agisse d’un malentendu. On vous a probablement mal renseigné sur mon compte. Cela fait des années que j’ai cessé d’exercer pour me consacrer exclusivement à mes rechercher scientifiques. Dans la mesure où il s’agit de l’un de vos domestiques, il serait peut-être plus judicieux de le faire simplement transporter ç l’hôpital. Cela serait en tout cas beaucoup moins onéreux pour vous ! Je crois de mon devoir de vous rendre attentif à cet aspect des choses …
    - Je sais cela, répondit calmement le baron, mais je n’en ai pas moins de sérieuses raisons de vous demander de vous occuper de ce cas.
    - Mon temps est très précieux et de toute façon déjà pris, dans les prochaines semaines, par d’autres activités, qui me tiennent particulièrement à cœur. En venant ici, j’ai cédé à la demande pressante de mon ami en supposant, comme lui, monsieur le baron, que vos jours, ou ceux de vos proches, étaient en danger. [/align:c2851777b0]


    Quelle idée d’aller à Corfu, quand on peut visiter une autre île grecque, celle qui a vu la naissance de la plus belle déesse de toutes, et dont le nom est fort opportunément
    presque homonyme à avec celui de notre valeur No 9 !


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