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  1. #1
    Senior Member Jedi Trader Avatar de xenia
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    Les daubinettes déchiffrent les hyéroglyphes

    Les daubinettes continuent leur voyage du côté de l’Union Jack : les énigmes d’aujourd’hui sont dédiées à Horace Walpole, un autre écrivain britannique du XVIII siècle connu premièrement, pour avoir écrit Le Château d’Otrante, premier roman noir de la littérature moderne, mais aussi pour être l’auteur de la célèbre lettre-canular, signée du nom de Frédéric II de Prusse qu’il a adressée au pauvre Jean-Jacque Rousseau. C’est aussi l’écrivain qui a introduit le nonsense dans la littérature anglaise dans ses Contes hyéroglyphiques dont on vous citera quelques extraits. Les écrits de Walpole, vous allez le voir pour peu que vous vous donniez la peine de lire les échantillons que je vous cite, sont vraiment baroques. Pour calmer un peu le jeu, j’ai décidé de les illustrer avec les tableaux d’un des peintres les plus équilibrés, - et les plus magnifiques, - et c’est Vermeer. J’ai du reste quelque justification à le faire, vu que le personnage central de l’un des contes walpoliens est d’origine hollandaise.


    De l’amour des vieilles femmes

    Jeudi, 12 juillet 1753


    [align=left:e7e23c49da] C’est une réflexion commune que, quoique le bonheur soit le but de tous les hommes, et quoique généralement ce soit lui que l’on recherche en satisfaisant sa passion favorite, peu de gens cependant ont assez de sagacité, pour découvrir le point précis où ils trouveraient effectivement la fin si longtemps cherchée. On ne peut qu’être étonné de ce que, malgré l’application soutenue avec laquelle la plupart des hommes s’occupent de leurs désirs favoris ils restent dans l’ignorance sur les objets les plus essentiels de leur étude.
    Pour ce qui me regarde, j’ai été convaincu de si bonne heure de la vérité de cette réflexion, qu’au lieu de chercher ce qui pourrait contribuer le plus à mon propre bonheur, j’ai passé une grande partie de ma vie à étudier ce qui pourrait étendre la félicité des autres.


    Notre première valeur s’est associée il n’y a pas longtemps avec une autre, et l’on se demande si ce ménage va bien et si notre petite n’est pas systématiquement maltraitée par son partenaire dont l’appellation laisse entendre qu’il n’y va pas de main morte ! [/align:e7e23c49da]

  2. #2
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    2

    Je me flatte d’avoir fait cette découverte, et je vais la communiquer au genre humain. Je demande qu’on m’écoute attentivement ; je prie le genre humain de croire que je suis mieux instruit que qui que ce soit de ce qui pourrait assurer le bonheur de la vie. Je ne vais pas faire part d’un secret aussi caché (quoique si souvent révélé), que l’est la religion et la vertu ; peu de gens me croiraient, moins encore voudraient essayer ma recette.
    En dépit de la philosophie du siècle, en dépit de la gravité de mon caractère, et de la décence que je me flatte d’avoir jusqu’ici observée religieusement, je dois avouer que je suis convaincu que le plaisir sensuel de l’amour est le meilleur cordial de la vie, et le seul spécifique pour éloigner les inquiétudes de nos autres passions, et nous faire supporter les sorts et les injustices que nous essuyons de la part de passions des autres.
    « Quoi, me dira-t-on, voilà donc votre admirable découverte ? C’est là ce grand secret qui a échappé à la pénétration et aux recherches des philosophes, de tous les siècles ? Quelle autre doctrine a donc été enseignée par les philosophes les plus sensés ? N’était-ce pas là le texte des sermons d’Epicure ? N’était-ce pas la théorie et même la pratique de l’expérimenté Alcibiade ? Quels étaient donc les dogmes du sage Lord Rochester ou du missionnaire Saint-Evremond … ? »


    Tiens, notre seconde daubinette est parfaitement à sa place parmi toutes ces Ninon de Lanclos et autres Hélène : elle est tout aussi coquette, tout aussi féminine, même si Walpole aurait sans doute déclaré qu’elle n’est pas assez mûre. Mais enfin, les goûts et les couleurs ne se discutent pas, n’est-ce pas ?

  3. #3
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    Oui, cela est très vrai ; et mille autres fondateurs de sectes, et même d’ordres religieux, ont enseigné … ou du moins pratiqué la même doctrine. Mais je prétends introduire de tels raffinements dans le système de la sensualité que l’honneur de la découverte m’appartiendra tout entier, et que je laisserai bien loin derrière moi ces petits Philosophes, qui ont eu à la vérité l’avantage d’être mes prédécesseurs, mais qui n’ont servi qu’à égarer le monde.
    Ecoutez donc en un mot ma mystérieuse recette. « Les jeunes femmes ne sont point l’objet convenable d’un amour sensuel ; c’est une MATRONE, UNE BELLE A CHEVEUX BLANCS, qui peut donner, communiquer et assurer le bonheur ».
    Je pourrais alléguer un millier de raisons pour soutenir ma doctrine, telles que sont la légèreté de la jeunesse, les caprices de la beauté et son peu de durée, la jalousie des rivaux, les embarras que donnent les enfants, les importantes distractions de la toilette, et les occupations sans nombre que partagent les sentiments d’une jolie femme, et empêchent qu’ils ne soient toujours fixés sur un fidèle adorateur.
    Rien de tout cela n’attaque les sentiments d’une reconnaissance tendre et attentive d’une matrone.


    Oh oh oh, on navigue ici dans des eaux troubles, ça sent très fort la gérontophilie, hein ? Eh bien, la daubinette No 3 pourrait nous être très utile, elle dont c’est le métier.

  4. #4
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    Mais comme un seul exemple vaut mille raisons, je défendrai mon plan, en faisant connaître l’extrême bonheur dont ont joui ces héros discrets, célèbres dans les fastes de l’amour, pour avoir consacré leur cœur à de vieilles reliques ; et je démontrerai évidemment par les faits, que plusieurs Dames à la fleur de leurs RIDES ont inspiré des passions plus durables et plus ardentes que n’en ont fait naître les plus grandes beautés, dans leur première jeunesse. Les belles jeunes d’aujourd’hui, pardonneront une préférence qui est le résultat d’une profonde méditation, d’une immense lecture, et d’une scrupuleuse impartialité, si elles veulent bien considérer qu’elles ne peuvent guère trouver le moyen d’être jeunes pendant plus de douze ans, et qu’elles peuvent être vieilles pendant cinquante, ou soixante.
    D’ailleurs, elles peuvent m’en croire sur ma parole, passé quarante ans, elle feront plus de cas d’un seul amant, qu’elles n’en font aujourd’hui de vingt : or, c’est là un sentiment très doux qu’elles verront s’accroître à mesure qu’elles avanceront en âge. Je ne puis remarquer qu’avec plaisir que la loi elle-même s’accorde avec ma façon de penser, et qu’elle a fort sagement ordonné que les jeunes dames n’entrassent pas de trop bonne heure dans les liens de l’amour ; et avant que d’être capables de réfléchir et de remplir tous les devoirs importants qui appartiennent à l’union des cœurs.
    C’est une idée que nos lois semblent en effet avoir toujours eue en vue ; car s’il n’y avait pas dans notre nature un violent penchant à l’amour des VIEILLES, pourquoi la première loi dans la table des degrés de parenté défendrait-elle à un homme d’épouser sa GRAND-MERE ?


    La doctrine de Walpole est CERtes très originale, toutefois, je me demande si ces Messieurs les Smiliens vont la partager ? Je les appelle d’ailleurs à donner leur avis, c’est un sujet qui me paraît très intéressant !

  5. #5
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    La première héroïne que nous présente l’histoire, comme ayant eu des charmes à l’épreuve des injures du temps, c’est la belle SARA : je pense que les calculs les plus modérés ne peuvent lui donner moins de quatre-vingt-dix ans, quand le libertin Abimélech voulut corrompre sa vertu. Mais comme, sans doute, c’était l’observation même de cette vertu qui fut le grand fondement de la continuation de sa beauté, et que sa sévérité la tire du nombre des sujets propres à me fournir des exemples, je ne dirai plus rien de cette Dame.
    HELENE, la belle HELENE, si l’on peut s’en fier aux registres des paroisses tenus par les auteurs classiques, était octogénaire quand Pâris l’enleva ; et quoique la guerre, qui se fit pour elle, durât dix ans, Monsieur Homère, qui a écrit son roman, ne laisse point soupçonner qu’on ait vu dans le jeune prince galant la moindre diminution d’amour, ou quelque symptôme d’inconstance ; et cette fidélité, selon toute apparence, était due autant à l’expérience de la Dame et à son art en raffinement de plaisir qu’à ses yeux plein de feu, à son teint une, aux roses et aux lys éternels de ses joues.
    Il se pourrait bien que le nombre des années, surtout dans des âmes héroïques, augmentât plutôt qu’il ne diminuât une flamme que le sentiment accompagne.


    La daubinette No 5 n’est pas déplacée ici non plus : elle pourrait faciliter toutes ces alliances en centralisant les offres et les demandes. On pourrait d’ailleurs ouvrir un forum spécial qu’elle gérerait pour les Smiliens désireux de trouver l’âme sœur, qu’en dites-vous, mes amis ?

  6. #6
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    La grande ELIZABETH, dont la passion pour l’infortuné Compte d’Essex est à si juste titre le lieu commun favori de tous ceux qui se plaisent aux histoires romanesques ; Elizabeth avait soixante-huit bonnes années, quand elle condamna son amant à la mort pour avoir méprisé sa tendresse. Et s’il m’est permis de prendre des exemples dans notre sexe, le charmant, le digne ANTOINE n’était pas loin de soixante-dix ans, lorsqu’il eut le goût assez formé pour sacrifier la lâche passion de l’ambition et même le monde entier à l’Amour.
    Mais c’est des Français, de ce peuple d’un jugement si exquis en affaires d’amour, que nous pouvons emprunter l’art d’être heureux, aussi bien que leurs autres découvertes en matière de plaisir. Les monarques de cette nation ont plus d’une fois appris au monde, par leur exemple, qu’une belle femme peut avoir passé sa grande années climatérique et n’être qu’à peine encore au méridien de ses charmes. Henri II et Louis XIV seront célèbres à jamais par la passion qu’ils ressentirent si longtemps, l’un pour la duchesse de VALENTINOIS et l’autre pour madame de MAINTENON. Le premier à la fleur de son âge et ayant sous les yeux la perspective de l’empire devint esclave des respectables attraits de DIANE DE POITIERS, plusieurs années après que le père peu judicieux de ce prince avait renoncé à la possession de cette dame, dans l’appréhension ridicule qu’elle ne commençât à être trop vieille ; et jusqu’au dernier moment de sa vie et de son règne, Henri fut un constant et jaloux adorateur de ses charmes que le temps ne faisait que mûrir.


    Bon, que toutes ces dames d’un âge certain pour ne pas dire d’un certain âge aient conservé la fraîcheur de leur visage, je le conçois à la rigueur : les lotions, les crèmes, tout ça existe depuis toujours. Mais le corps ! Comment ont-elles fait pour garder leur ligne, à l’époque où les technologies modernes n’existaient pas encore, où les seins siliconés, la liposuccion, le drainage lymphatique et toutes les autres merveilles modernes étaient inconnues ? Il faut le demander à notre daubette No 6 car moi personnellement, je sèche !

  7. #7
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    Dans un siècle livré à l’astrologie judiciaire, à la superstition, à la bigoterie et aux idées de nécromancie, Henri idolâtra une femme qui non seulement avait marié sa petite-fille, beauté célèbre dans ce temps-là, mais qui encore, si elle eût vécu sous quelque autre roi, était assez vieille pour être accusée de sortilège, tant il est vrai que le vulgaire ne sait pas distinguer les idées de vieille sorcière et de belle femme. La passion de l’autre monarque n’est pas moins remarquable.
    Ce héros qui prit tant de villes, gagna tant de batailles, bâtit tant de palais superbes, rendit son royaume et sa Cour si brillants, et fit tant d’établissement également utiles et célèbres, ce monarque, dis-je, tomba enfin dans les fers d’une femme qui était déjà sur le retour. Si Louis le Grand n’était pas bon juge en fait de beauté, qui prétendra l’être ? Et s’il l’était, à quel âge a-t-il donné la préférence ?
    Je terminerai ma liste des maîtresses vieilles, par la célèbre NINON LENCLOS, dont la vie seule suffira pour établir pleinement ma doctrine. Je ne dirai rien des nombreuses conquêtes qu’elle fit pendant la première moitié de sa vie ; elle avait de l’esprit, de la jeunesse et de la beauté, trois ingrédients qui attireront toujours des adorateurs. Ce ne fut qu’à sa cinquante-septième année que son mérite supérieur se fit connaître avec distinction ; et dès lors, jusqu’à sa quatre-vingt-dixième année, elle fit toujours de nouveaux progrès dans le vrai secret et les vrais charmes de l’amour. Que je suis malheureux qu’elle n’ait pas vécu quelques années de plus, pour que j’eusse pu avoir l’occasion de porter ses chaînes !
    Ce fut dans sa cinquante-sixième année que son fils naturel, le chevalier de Villiers, qu’elle avait eu du Comte de Gerzai, arriva à Paris, venant de la province, où il avait été élevé, sans savoir de qui il était né. Il vit sa mère ; il en devint amoureux.


    Il paraît que Ninon, la grande Ninon était une adoratrice de Sélène ou autrement dit de la Lune qui, sensible aux hommages que Ninon lui rendait, lui a permis de conserver sa beauté. Madame de Lanclos aurait bien aimé notre daubinette No 7, puisque son patronyme désigne cet astre, mais dans un autre idiome que le français.

  8. #8
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    Les progrès et la violence de sa passion donnèrent les plus grandes inquiétudes à cette tendre matrone. Enfin, quand elle crut qu’il n’y avait plus que la connaissance de la vérité qui pût mettre un frein à l’impétuosité de ses entreprises, elle le conduisit dans sa chambre à lit …
    ………………………………….. Ici mes lecteurs concevront aisément quelles devaient être les transports d’un jeune amant, sur les bords de la félicité avec une charmante maîtresse d’environ soixante ans ! Le jeune homme devenant trop entreprenant, elle l’arrêta ; et lui montrant du doigt sa pendule : « Téméraire », dit-elle, « voyez à cette même heure, il y a vingt-deux ans, je vous mis au monde dans ce même lit ! ». C’est un fait certain que l’infortuné et honteux jeune homme, courut dans le jardin et se jeta sur son épée. Cette catastrophe pensa priver le siècle de la maîtresse la plus accomplie qui ait jamais honoré les annales de Cythère. Il se passa plus de vingt ans avant que cette mère affligée voulût prêter l’oreille à de tendres discours. Enfin, l’aimable Abbé de Gédoin demanda et obtint un rendez-vous.
    Il vient et trouve la grand-mère des amours, dans le déshabillé le plus galant ; et, ce qu’il y avait de plus ravissant, disposée à répondre à ses vœux. Après les plus tendres caresses, il lui demanda … mais avec le plus grand respect, pourquoi elle avait différé si longtemps de le rendre heureux ? « Je vous avouerai », dit-elle, « que c’est un reste de vanité qui en est la cause. Je me suis piquée d’avoir un amant quand j’aurai quatre-vingt ans, et ce n’est que depuis hier que je suis complètement OCTOGENAIRE ».


    Voyez-vous ça ? La vaniteuse, va ! Et en plus, elle a de la repartie ! Son bon mot s’est assurément propagé parmi toute la cour. Dommage seulement qu’à ce temps-là, ils n’avaient pas les possiblités techniques qui nous sont proposées par notre daubinette No 8 et ses consoeurs et qui permettent aux nouvelles de circuler presque à la vitesse de lumière !

  9. #9
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    La nomme et le jeune homme
    22 janvier 1975

    [align=left:ca1f187a53]Lady Elizabeth, fille du marque de Juliers, et veuve de John Plantagenêt, comte de Kent, s’étant retirée dans le monastère de Waverly après la mort de son mari fit (immédiatement, je suppose) vœu de chasteté et prit solennellement le voile devant William d’Edendon, archevêque de Winchester. D’une manière ou d’une autre, il se trouva que près de huit ans plus tard, sœur Elizabeth tomba amoureuse d’un gentil chevalier, nommé sur Eustache Vrawbridgcourt, frappée (comme la légende veut qu’elle l’ait affirmé) par son extrême ressemblance avec feu son seigneur, bien que, comme affirment d’autres écrivains d’autorité, il fût considérablement plus jeune et malgré ses vœux de continence qui ne pouvaient retenir sa conscience, et en dépit de son confinement qui n’était pas assez fort pour contenir une dame de sa haute qualité, elle fut clandestinement mariée à son amant, dans une certaine chapelle de la résidence de Robert de Brome, chanoine de l’église collégiale de Wyngham, sans la moindre autorisation de l’archevêque de Canterbury, par un certain John Ireland, prêtre, avant de lever du soleil, le jour de la saint Michel, le trente-quatrième d’Edouard III.
    Malgré le scandale qu’un tel indecorum a pu produire, il est évident d’après la soumission des deux prêtres à ses désirs, que son rang de princesse du sang la mit au-dessus de toute appréhension de représailles pour avoir rompu ses vœux monastiques ; pourtant, il est clair, d’après les suites de l’histoire, que sa dignité ne pourrait l’exempter de censures et de pénalités aussi appropriées, qui auraient dissuadé d’autres de pareilles offenses, qui exposeraient quotidiennement et fréquemment la dame à rougir de sa méconduite ; et qui apporteraient une consolation aux pauvres en la soutirant aux gratifications désordonnées des appétits de leurs supérieurs : une sorte de réconfort qui leur rendrait justice et qu’ils seraient à même d’accepter comme le soulagement de leurs besoins.
    [/align:ca1f187a53]

    Héhé, j’adore cette histoire, car elle parle de faiblesses humaines, et notre petite No 9 partage mon sentiment à n’en pas douter, car l’umanisme, elle s’y connaît !

  10. #10
    Senior Member Jedi Trader Avatar de xenia
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    La dame douairière et son jeune époux étant personnellement convoqués devant l’archevêque de Canterbury pour ladite transgression dans sa demeure de Haghfeld, les sept ides d’avril, l’archevêque pour leur peine leur enjoignit de trouver un prêter pour célébrer le service divin chaque jour à leur intention, à eux, ledit sir Eustache et Elizabeth, et à son intention, à lui, l’archevêque ; outre une grande quantité de psaumes pénitentiels, de Notre Père, de Je Vous salue Marie, qui devaient être répétés quotidiennement par le prêtre et les transgresseurs.
    Sa grâce, de plus, ordonna à lady Elizabeth, que, pour quelque raison connue mieux de lui-même je suppose, il considérait comme la séductrice, d’aller une fois par an à pied en pèlerinage sur la tombe de ce glorieux martyr, saint Thomas de Canterbury, et une fois par semaine durant toute sa vie de jeûner de pain et de boisson, et d’un potage, sans porter de sarrau, surtout en absence de son mari, pénitence qui peut nous paraître saugrenue et qui n’est pas peu partiale en faveur de sir Eustache, que l’archevêque semble à bien des égards avoir considéré plutôt comme désobéissant aux règles canoniques que comme coupable d’une grande volupté liée à son mariage. Mais les deux articles les plus remarquables de sa pénitence étaient les suivants : l’archevêque signifia au dit sir Eustache et à lady Elizabeth que le lendemain de chaque répétition de leur transgression, ils soulageraient six pauvres et qu’ils s’abstiendraient de plat de chair ou de poisson qu’ils aimaient par-dessus tout autre.
    On ne peut guère songer sans sourire aux troupes de mendiants attendant tous les matins à la porte de sir Eustache, jusqu’à ce que son épouse et lui se fussent levés, pour savoir si leurs besoins seraient allégés.


    N’empêche que l’archevêque avait de la jugeote, mieux, il avait un vrai sens de l’humour ! Cette histoire de l’aumône mATInale est à crever de rire, vous ne trouvez pas ?

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