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  1. #1
    Senior Member Jedi Trader Avatar de xenia
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    Les daubinettes font cuire les carottes

    Bonjour à tous. Aujourd’hui, suite et fin du conte de mon bien-aimé Ernst Théodor Amédée Hoffmann. Et puis, la bonne nouvelle : finalement, je vous ai trouvé les fruits et légumes dont la semaine dernière, je déplorais tant la rareté ! Ce sont les tableaux peints par le grand Crilander, pardon, je voulais dire, par Giuseppe Arcimboldo, artiste italien du XVI siècle, célèbre par ses étonnants portraits botanico-zoologiques, dont l'autoportrait ouvre notre thread. D’ailleurs, j’ai décidé de vous poster des détails de ses tableaux pour que vous puissiez bien voir la manière dont il avait procédé. Mais trève de parlote, en avant !


    [align=left:79853d6952] Tu sais, naturellement, que nous nous aimons aussi tendrement qu’il peut être donné à des amoureux de le faire et que je suis ta fiancée et que papa voulait bien nous accompagner à l’église ? Eh bien, voilà que survient un affreux petit être jaune, dans un carrosse attelé de huit chevaux : une nombreuse suite de seigneurs et de valets l’accompagne ; il prétend que nous avons échangé des anneaux et que je suis sa fiancée ! imagine le comble de l’horreur ; papa, lui aussi, dit qu’il faut que j’épouse ce petit monstre parce qu’il appartient à une famille très distinguée. C’est bien possible, si l’on en juge par le nombre de ses gens et par la magnificence de leurs costumes. Mais cet homme porte un nom si horrible que pour cette seule raison je ne voudrai jamais être sa femme.
    Je ne peux même pas prononcer tous les mots de païen dont se compose son nom. Mais il est aussi dénommé il et ce doit être cela son nom de famille. Dis-moi donc si ces il sont des gens tellement extraordinaires : cela doit se savoir à la ville.
    Je ne comprends pas du tout ce qui arrive à papa sur ses vieux jours ! Voilà qu’il veut encore se marier à son âge ! et l’affreux Corduanspitz va, paraît-il, l’accoupler à une femme qui plane dans les airs ! Que Dieu nous protège ! Notre première servante hausse les épaules et dit qu’elle ne fait pas grand cas de ces belles dames qui volent dans les airs ou nagent dans les eaux ; elle dit aussi qu’elle préférerait nous quitter et souhaite dans mon intérêt que ma belle-maman se rompe le cou la prochaine fois qu’elle se rendra au sabbat de la Walpurgis sur son manche à balai !
    « Quelles histoires ! C’est en toi que repose tout mon espoir ! Car je n’oublie pas que tu es un de ceux qui sont devant être et que me sauveras un jour d’un grand danger. Ce danger est là. Viens, accours et sauve ta fiancée désespérée à en mourir, mais fidèle jusqu’à la mort. [/align:79853d6952]


    Drôle de daubinette que notre valeur initiale : si l’on ajoute à son mnémo une voyelle, on obtient un terme qui désigne dans une langue étrangère un type de valeur financière, mais il suffit de la remplacer par une autre pour que le mot ainsi formé caractérise, dans la même langue, une joyeuse formation !


  2. #2
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    2

    [align=left:fa2dfda33b] « Anna von Zabelthau.
    « PS Ne pourrais-tu provoquer en duel ce petit Corduanspitz jaune ? Tu vaincrais certainement, car il n’est pas très solide sur ses jambes.
    « P.S. Je t’en supplie encore une fois, prépare-toi immédiatement et accours vers ta malheureuse, mais, comme je te le disais plus haut, toujours fidèle fiancée,
    « Anna von Zabelthau. » [/align:fa2dfda33b]

    Chapitre quatrième

    l’on décrit
    la vie à la cour
    d’un puissant monarque
    et où l’on relate ensuite un duel sanglant
    et d’autres singulières péripéties.

    [align=left:fa2dfda33b] Demoiselle Ännchen se sentait comme paralysée par l’excès de son chagrin. Elle était assise à la fenêtre, les bras croisés, et regardait dans la cour sans prêter attention aux piaulements, aux caquets, aux pépiements et aux piaillements de la volaille qui, ainsi que chaque jour à l’heure du crépuscule, attendait qu’elle vînt fermer le poulailler. Avec la plus parfaite indifférence, elle laissa la servante pourvoir à cette tâche et fouetter même assez rudement le pauvre coq qui refusait de se soumettre à ce nouvel état de choses et prétendait s’insurger contre cet intérim. Le chagrin d’amour qui déchirait son propre cœur la rendait insensible aux souffrances de son cher protégé, de celui à l’éducation de qui elle avait passé tant d’heures délicieuses sans avoir besoin de lire Chesterfiled ou Knigge ni de consulter Mme de Genlis ou toute autre dame célèbre par sa connaissance du cœur humain et sachant infailliblement pétrir les jeunes âmes.
    On eût pu, en vérité, l’accuser d’excessive insouciance.
    [/align:fa2dfda33b]


    Ce Corduanspitz et sa tribu, quels homuncules déplaisants, n’est-ce pas ? Ils ne font qu’abuser de la naïveté de la pauvre Ännchen et l’enduire en erreur. Mais ne dit-on pas que l’erreur est le propre des hUMainS ?


  3. #3
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    3

    [align=left:2afdb2b213] Corduanspitz ne s’était pas montré de la journée ; il était resté enferme dans la tour avec M. Dapsul von Zabelthau, et il semblait évident que tous deux avaient entrepris là-haut d’importantes opérations.
    Mais, à l’heure où demoiselle Ännchen était à sa fenêtre, elle aperçut, sous les feux du soleil couchant, le petit homme qui traversait la cour de son pas incertain.
    Il lui parut plus déplaisant que jamais, dans son habit jaune vif, et son chagrin s’accrut encore lorsqu’elle vit de quelle manière grotesque il sautillait en tous sens, donnait à chaque instant l’impression qu’il allait trébucher, puis reprenait soudain son équilibre, toutes choses qui eussent pu faire mourir de rire tout autre observateur. Elle finit par se cacher le visage de ses mains, afin de ne plus voir cet épouvantail. Tout à coup, elle sentit que l’on tirait le coin de son tablier. « Couché, Feldmann ! » s’écria-t-elle, croyant que c’était son chien. Mais ce n’était pas lui.
    Quand demoiselle Ännchen écarta les mains de son visage, elle aperçut le baron Porphyrio von Ockerodastes qui, avec une agilité extraordinaire, sauta sur ses genoux et se suspendit à son cou. Poussant un hurlement de dégoût et de frayeur, demoiselle Ännchen bondit de sa chaise. Mais Corduanspitz, toujours accroché à son cou, se mit brusquement à peser vingt quintaux pour le moins, ce qui la força à se rasseoir. Puis il descendit aussitôt de son giron, mit son petit genou droit en terre avec autant de grâce et de délicatesse que le lui permettait son manque d’équilibre, et dit d’une voix claire dont le timbre singulier n’avait pourtant rien de déplaisant :
    - Adorable demoiselle Anna von Zabelthau, dame exquise, parfaite fiancée, ne vous mettez pas en colère ! Je vous en supplie, ne vous mettez surtout pas en colère !
    [/align:2afdb2b213]


    La troisième daubinette de notre sélection vous apportera la clef de la réussite, pour peu que vous soyez un peu polyglotte !


  4. #4
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    4

    [align=left:b774001619] - Vous croyez, je le sais bien, que mes gens ont dévasté votre beau potager pour édifier mon palais ! Oh ! Toute-Puissance éternelle ! Si seulement vous pouviez, à travers ce corps médiocre, lire dans mon cœur tremblant de passion et de générosité ! Si seulement vous pouviez, sous cet habit de satin jaune, découvrir en mon âme toutes les vertus cardinales qui y sont assemblées !
    Je suis si éloigné de la vile cruauté dont vous me croyez capable ! Comment imaginer qu’un prince bienveillant, quand il s’agit de ses propres su… Mais, silence ! Et d’ailleurs à quoi bon les mots ! à quoi bon les phrases ! Venez plutôt vous rendre compte par vous-même, ô ma fiancée ! Venez admirer vous-même les merveilles qui vous attendent ! Venez, venez avec moi sur-le-champ, je vais vous conduire dans mon palais, où tout un peuple joyeux attend avec impatience la visite de celle que son maître vénère et adore !
    On imagine l’horreur qu’éprouva demoiselle Ännchen quand Corduanspitz lui fit cette proposition et comment elle refusa de suivre, ne fût-ce que pour un seul pas, l’affreux épouvantail. Mais Corduanspitz, sans se laisser décourager, continua à lui décrire l’extraordinaire beauté, le faste somptueux du potager qui lui servait de palais, et il trouva des paroles si convaincantes qu’elle finit par se décider à jeter au moins un tout petit coup d’œil sous la tente, pensant qu’après tout elle ne risquait rien. Le petit homme en éprouva tant de joie qu’il fit au moins douze fois la roue avant de prendre délicatement la main de demoiselle Ännchen pour la conduire à travers le jardin jusqu’à son palais de soie. [/align:b774001619]


    Sonnez, les trompettez, battez, les tambours, je vous présente la quatrième daubinette qui s’apparente justement à l’un des instruments mentionnés ci-dessus, tout en étant nettement plus exotique que lui.


  5. #5
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    [align=left:4043d74b7b] Quand les rideaux se soulevèrent, demoiselle Ännchen poussa un cri d’admiration et resta clouée à l’entrée de la tente. Elle avait sous les yeux un immense jardin potager, dont la merveilleuse beauté dépassait tout ce qu’elle avait pu imaginer dans ses rêves. Choux, pois, navets, salades, haricots, tous les légumes imaginables verdoyaient et fleurissaient avec un éclat indescriptible. La musique des fifres, des tambours et des cymbales s’amplifia et les quatre beaux seigneurs que demoiselle Ännchen connaissait déjà, Herr von Raifort, M. de Rocambole, le Signor di Brocoli et le Pan Kapustowicz s’approchèrent en faisant maintes révérences.
    - Mes chambellans, dit Porphyrio von Ockerodastes en personne avec un sourire. Et, précédé de ces dits chambellans, il s’avança avec demoiselle Ännchen à travers la double haie que formait la garde rouge des Carottes Anglaises jusqu’au grand trône magnifique qui s’élevait au milieu du champ. Autour de ce trône étaient groupés les Grands du royaume : les princes Salade et les princesses Fève, les ducs Concombre avec le prince Melon à leur tête, les ministres Chou Pommé, l’Etat-major des Oignons et des Raves, les dames de Chou Frisé, etc., tous revêtus des brillants costumes qui seyaient à leur rang et à leur qualité.
    Une centaine de ravissants pages de la famille des Lavandes et des Fenouils couraient en tous sens et répandaient de délicieux parfums. Quand Ockerodastes et demoiselle Ännchen furent montés sur le trône, Turnip, Grand Maréchal de la Cour, fit un signe de son grand bâton : aussitôt, la musique se tut et tous écoutèrent dans un religieux silence. Alors Ockerodastes, élevant la voix, dit d’un ton solennel : [/align:4043d74b7b]


    Ces petits bonshommes, on se demande quel genre de chevaux ils utilisent : à vrai dire, j’ai du mal à me les imaginer enfouchant un fier destrier, je les vois plutôt atteler une COXinelle, pas vous ?


  6. #6
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    [align=left:4667a28698] - Mes fidèles et très chers sujets ! Vous voyez à mes côtés la noble demoiselle Anna von Zabelthau que j’ai choisie pour femme. Sa beauté égale sa vertu. Elle a depuis longtemps pour vous les tendres attentions d’une mère et vous a toujours choyés, aimés ; elle vous a préparé dans son jardin des couches molles et grasses. Elle restera pour vous une fidèle mère nourricière. Prouvez donc maintenant par vos applaudissements et par les acclamations d’usage la reconnaissance que vous me témoignez pour le bienfait dont je vais vous combler !
    Sur un second signe du Grand Maréchal de la Cour, une acclamation s’éleva de mille poitrines, une salve retentit et les musiciens de la garde des Carottes jouèrent l’air de parade bien connu : Salade, salade et persil vert !

    Ce fut un moment sublime ! Les dignitaires de la Cour, et surtout les dames de Chou Frisé, en versaient des larmes d’émotion. Quant à demoiselle Ännchen, elle ne fut pas loin non plus de perdre tout à fait contenance quand elle s’aperçut que le petit monarque arborait sur sa tête une scintillante couronne de diamants et tenait à la main un sceptre d’or.
    - Seigneur Jésus ! s’écria-t-elle en battant des mains tant elle était surprise, vous devez être bien plus puissant que vous ne paraissez, cher monsieur Corduanspitz ?
    - Mon Anna adorée, répondit Ockerodastes avec douceur, les autres m’ont obligé à me présenter à monsieur votre père sous un nom d’emprunt. Apprenez, chère enfant, que je suis l’un des plus puissants monarques de la terre et que je règne sur un empire dnt les frontières s’étendent à perte de vue, puisqu’elles n’ont jamais été tracées sur les cartes. [/align:4667a28698]


    Déplaisant, ai-je dis. Mais quand même, mignon, tout petit comme il est ! Je prendrais bien un panier en OSIer, je l’y mettrais et je l’amenerais partout avec moi pour faire pâlir de jalousie toutes mes copines !


  7. #7
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    [align=left:27ab2e7f0a] C’est Daucus Carota Premier, roi des Légumes, qui vous offre, ô charmante Anna, sa main et sa couronne. Tous les princes des Légumes sont mes vassaux, et le roi des Fèves est le seul qui, selon une antique coutume, ait le droit de régner pendant un jour, chaque année.
    - Ainsi, s’écria joyeusement demoiselle Ännchen, je serai reine et ce magnifique potager sera à moi ?
    Le roi Daucus Carota l’en assura une fois de plus et ajouta que tous les légumes du monde entier seraient soumis à sa domination.
    Demoiselle Ännchen ne revenait pas de sa surprise. Elle trouvait même que le petit Corduanspitz, depuis le moment où il était devenu le roi Daucus Carota Premier, n’était plus du tout aussi laid qu’auparavant et que la couronne et le sceptre, et aussi le manteau royal, lui seyaient à ravir.

    Si elle considérait, en plus de ces charmes, la parfaite courtoisie de ce petit roi et les immenses richesses qu’une telle alliance lui apporterait, elle était bien obligée de convenir que jamais fille de gentilhomme campagnard ne trouverait aussi brillant parti qu’elle, qui se voyait en une seconde métamorphoser en fiancée de roi. Elle en éprouva une immense satisfaction et demanda à son royal fiancé si elle ne pourrait pas rester tout de suite dans ce beau palais et s’il ne serait pas possible de fêter le mariage dès le lendemain. Mais le roi Daucus, tout en protestant de la joie que lui causait la hâte de son adorable fiancée, répondit qu’il devrait pourtant, en raison de certaines constellation, différer son bonheur. [/align:27ab2e7f0a]


    Ce que je disais dans mon message précédant doit vous intéresser, Messieurs, car cela signifie qu’il n’est pas nécessaire d’être un Apollon de …, c’est compris ? Et la daubinette, elle est trouvée, j’espère ? Bon, j’aime mieux ça !


  8. #8
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    [align=left:5f6cc5170a] M. Dapsul von Zabelthau, pour l’instant, ne devait pas connaître la qualité royale de son gendre, faute de quoi eussent été compromises les opérations destinées à faciliter son union avec la sylphide Nehahilah. D’ailleurs, il avait également promis à M. Dapsul von Zabelthau que les deux mariages seraient célébrés le même jour. Demoiselle Ännchen dut s’engager, par un serment solennel, à ne pas révéler à son père de ce qui venait de se passer. Puis elle quitta le palais de soie sous les acclamations du peuple, que sa beauté et son affable condescendance avaient transporté d’enthousiasme.
    Elle revit en rêve le royaume du charmant roi Daucus Carota, et sa félicité ne connut plus de bornes.
    La lettre qu’elle avait envoyée à M. Amandus von Nebelstern avait produit sur ce pauvre jeune homme une impression terrible. Peu de temps après, elle reçut la réponse suivante :
    « Divine Anna, idole de mon cœur,
    « Des poignards !... Chaque mot de ta lettre fut un poignard brûlant, empoisonné, mortel, qui me perça le cœur. O Anna ! On veut t’arracher à moi ? Quelle affreuse pensée !

    Je m’étonne encore de n’être pas devenu fou sur-le-champ ou de ne m’être pas livré à quelque terrible et sanglante démonstration. Irrité du malheur qui me frappait à mort, je voulus fuir les gens ; aussitôt après le repas, au lieu de jouer au billard comme les autres jours, je courus donc dans la forêt ; là je me tordais les mains de désespoir en criant mille fois ton nom ! [/align:5f6cc5170a]


    Ah la donna é mobile, Verdi nous a bien éclairés à ce sujet. Mais tout de même, ce Amandus est un CAS : au lieu de se précipiter pour administrer à son rival une magistrale targnole et récupérer sa promise, il ne fait que chialer, et encore, épistolairement, non mais !


  9. #9
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    [align=left:b58270535b] « Mais il se mit à pleuvoir à verse. Or, j’avais justement un béret de velours rouge, orné d’un magnifique gland doré, que je venais d’acheter et qui me sied à mieux au visage, à ce que chacun dit, qu’aucun autre béret ne fit jamais. La pluie risquait de gâcher ce chef-d’œuvre de goût. Mais que chaut au désespoir amoureux béret, or ou velours ! Je courus donc comme un fou, jusqu’à ce que je fusse trempé, glacé, anéanti par une affreuse colique. Tout cela m’incita à gagner l’auberge la plus proche où je me fis préparer un excellent vin chaud et fumai une pipe de ton délicieux tabac de Virginie. Bientôt, je me sentis soulevé par une inspiration divine : je tirai mon portefeuille, jetais en hâte sur le papier une douzaine de magnifiques poèmes et – ô miracle de la poésie ! – je me sentis délivré tout à la fois de mon désespoir et de ma colique ! Je ne te communiquerai que le dernier de ces poèmes ; dès que tu l’auras lu, un joyeux espoir l’habitera à ton tour, ô perle de virginité !
    La douleur me broie.
    En mon cœur s’éteint
    Le feu de l’amour.
    Rien ne me sourit !
    Mais l’esprit s’éveille,
    Des rimes s’assemblent ;
    Je trace des vers !
    La joie réparait,
    Et le feu d’amour
    En mon cœur renaît.
    La douleur s’éloigne
    Et tout me sourit ! [/align:b58270535b]


    Pfffff, quel garçon narcissique et vain, avec son béret vert et ses jérémiades ! Il ne se préoccupe que de son bien-être, tout en assurant notre petite Ännchen de son iDoLâTrie. Du coup, on comprend qu’elle se soit laissé détourner de son jules !


  10. #10
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    10

    [align=left:84f81d728d] « Oui, ma chère Anna, je vais bientôt accourir, tel un chevalier protecteur, et t’arracher du misérable qui veut te dérober à moi !
    « Mais pour qu’en attendant tu ne perdes pas courage, je t’envoie quelques-unes des sentences consolatrices que contient le précieux livre d’or de mon maître. Puissent-ils te réconforter !
    Ton sein se gonfle ! A ton esprit poussent des ailes !
    Sois un cœur ! sois une âme : mais toujours un espiègle !

    L’amour peut haïr l’amour
    Et le temps perdre son temps !

    L’amour est un parfum, une incessante vie,
    Lave la peau, jeune homme, mais ne la mouille pas !

    Te plains-tu qu’en hiver il souffle un vent glacial ?
    Mais les manteaux sont chauds car ce sont des manteaux !

    « Quelles maximes sublimes, divines, grandioses ! Porte-moi dans ton cœur comme par le passé ! Il accourt, il te sauve, il te presse contre son sein gonflé de passion, ton fidèle
    « Amandus von Nebelstern. [/align:84f81d728d]


    Notre daubinette N° 10 est une grande amatrice de jeux auxquels elle s’adonne dans un endroit branché. Elle pourrait bien y inviter la petite Anna, mais il est douteux que la pauvre fillette ait envie de s’adonner aux jeux et autres futilités, perturbée comme elle est.


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