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  1. #1
    Senior Member Jedi Trader Avatar de xenia
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    Les daubinettes chez les Antipodes

    Bonsoir à tous.

    Aujourd’hui, on a une soirée argentine. Ce pays - que je ne connais pas mais pour lequel je ressens une attirance certaine (d’aucuns diraient que la proximité de la station du métro dédiée au pays en question de mon domicile n’est pas fortuite, mais bon, perso, je ne me prononce pas là-dessus !) - dont la population est, dit-on, composée d’Italiens et d’Allemands qui se sont mis à parler l’espagnol, va savoir pourquoi ? ce pays est le pays natal de Borges et de ma grande amie, musicienne Martha Argerich.
    D’ailleurs, Borges et Argerich, auxquels on pourrait joindre Carlos Gardel et Astor Piazzola, sorti récemment des limbes par un autre ami, le violoniste Gidon Kremer – voilà la panoplie de l’intellectuel europpéen. Pourtant, la richesse argentine, sans même parler du blé et de la viande bovine, ne se limite pas par ces 4 créateurs de génie, et pour vous en donner un preuve, j’ai décidé de vous poster aujourd’hui deux nouvelles de Adolfo Bioy Casares, un écrivain étrange, paradoxal et fascinant, grand ami de Borges en collaboration avec lequel il a écrit plusieurs livres.
    Pour illustrer ces récits, j’ai opté pour Francisco Goya qui n’était pas Argentin mais Espagnol, en l’honneur de la langue parlée dans le pays qui nous intéresse aujourd’hui ainsi que par l’absence des références picturales argentines. Mon choix, malgré le côté arbitraire qui ne m’échappe pas, est amplement justifié par le fait que ledit Goya est l’un des plus grands peintres de toutes les époques confondues.



    [align=left:620dda7b39] L’inconnu attire la jeunesse

    Luisito Coria, qui travaillait avec ses frères dans la ferme maternelle, avait toujours été attire par Rosario ; mais comme cette ville, de par son éloignement et ses dimension, semblait hors d’atteinte, Luisito rêvait d’une bourgade de la région, qui était assez grande car elle dépassait en importance La California (sans toutefois atteindre celle de la Casilda) et suffisamment inconnue et prestigieuse car la surveillance protectrice exercée par sa mère transformait les quatre lieues du déplacement nécessaire en un obstacle difficile à franchir.
    [/align:620dda7b39]

    La première de nos daubinettes nous concerne tous, spéculateurs que nous sommes, et elle nous concerne très directement, on y est attirés comme le jeune Luisito l’était par les lumières d’une (relativement) grande ville qu’était Rosario.


  2. #2
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    [align=left:5f939b64ed] En février 1930, quand il eut vingt et un ans, sa mère lui dit avec une gravité de circonstance :
    - A partir d’aujourd’hui tu es un homme. Si c’est ta volonté d’aller à la ville, je ne m’y opposerai pas. Mais alors tout ce que je peux te donner c’est ma bénédiction, un conseil et une lettre pour don Leopoldo.
    Rédigée par l’aînée des filles qui avait fait ses études d’institutrice, la lettre était adressée au commissionnaire don Leopoldo Medina, qu’elle appelait « mon ami » et contenait la demande « d’engager si possible mon fils Luis, porteur de la présente, dans votre prestigieuse maison de commerce ».
    Luisito demanda :
    - Et le conseil ?
    - Etre prudent, mon fils. A la ville abonde la fripouille.
    Il partit le lendemain à l’aube avec, en croupe, l’un de ses frères qui ramènerait le cheval. Ils furent vite arrivés. Comme la maison était encore fermée, ils attendirent un moment, appuyés au grillage de clôture. Luisito constata ce qu’il savait déjà : les installations étaient en bordure de la ville. Il eût préféré qu’il n’en soit pas ainsi.
    Enfin arriva un monsieur, qui ouvrit la porte ; quelques minutes après entra une grosse demoiselle et, en dernier, dans une automobile découverte à quatre places, donc Leopoldo, le patron. C’était un petit vieux aux gestes vifs, au teint rouge, portant une veste de lustrine, des culottes de cheval et des guêtres de cuir jaune.
    Don Leopoldo le reçut dans son bureau et lui demanda des nouvelles de sa mère qu’il appelait alternativement « Madame votre mère » ou « mon amie Filomena ».
    [/align:5f939b64ed]

    Pas evident de se faire citadin, quand on a une mere poule comme cela semble être le cas de notre héros. Mais voyez comme il est persévérant ? Notre daubinette l’aurait certainement approuvé car elle les aime ainsi, décidés et affairés !


  3. #3
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    [align=left:ed7a4ee53f] Assis dans son grand fauteuil, sous le portrait d’un monsieur d’autrefois, barbu, qui lui ressemblait, il lut la lettre.
    Il roula une cigarette, l’alluma, en tira sans hâte une bouffée ou deux puis il déclara :
    - Une demande de mon amie Filomena est un ordre pour moi. Tu commenceras comme péon, à vingt-cinq pesos par mois. Installe-toi dans la baraque qui se trouve au-delà des derniers enclos. Tu y trouveras tes camarades de loisir, Rafael et un garçon de Cordoba qui s’appelle Flores. Le dimanche, s’il n’y a pas foire, tu as congé.
    Luisito fit ses adieux à son frère et lui dit :
    - Raconte aux autres que j’habite pratiquement en ville.
    Excellents jeunes gens, Rafael et Flores, le garçon de Cordoba, devinrent pour lui de vieux amis. Rafael lui dit :
    - Dommage que tu ne sois pas arrivé la semaine dernière. Dans les salons de la Patrie des Italiens, ils ont donné une pantomime aquatique. C’était à mourir de rire.
    Le garçon de Cordoba ajouta :
    - Sur la cuve d’eau de la pantomime, on avait posé des planches d’un bord à l’autre. Ensuite est venu un magicien qui a demandé un volontaire. Un des spectateurs est monté ; on lui a bandé les yeux et on l’a fait tourner comme une toupie jusqu’à l’étourdir complètement. Alors le magicien, sans dire un mot et, d’après ce qu’il nous a expliqué, par la seule force de sa pensée, l’a fait aller d’un bout à l’autre sur les planches. Quand l’homme était sur le point de tomber et que j’assistance célébrait déjà à grands cris le plongeon, le magicien le retenait et le redressait comme s’il le tenait par des brides, mais sans brides, par la seule force de sa pensée.
    [/align:ed7a4ee53f]

    “Une demande de Filomena”. Il suffirait, pour connaître le nom de notre troisième valeur, une voyelle, pour être précis, de changer la lettre initiale pour qu’elle traduise fidélement un mot de la citation en une langue voisine.


  4. #4
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    [align=left:6fb86cb7bf] Avec Rafael, il apprit à se hisser à cheval s’un simple bond, sans élan ni flexion des jambes. Avec Flores, qui avait de l’instruction, il prit l’habitude de lire le journal.
    Dès le début il s’en tint aux faits divers et à la page des sports.
    Il travaillait à cheval, groupait le bétail et le répartissait dans les enclos. S’il avait congé, il se promenait dans le bourg, soit seul soit avec l’un de ses camarades.
    Tout l’émerveillait, aussi bien l’imposante architecture de l’église et de la Banque de la Nation, que l’intense animation de la rue San Martin, de la place et du café.
    Autour des billards de ce dernier, qu’il apercevait du trottoir, s’agitait bruyamment un personnage qu’on ne pouvait qu’admirer : le grand Bilardo, remarquable par son élégance, sa réputation de payer à boire à la terre entière et une certaine morgue d’homme sûr de son pouvoir. Avec Flores, il passa plus d’une nuit blanche à épier la sortie du personnage. Ils le virent ainsi monter au volant d’une interminable automobile qui s’éloigna comme si elle flottait sur la luxueuse arabesque de ses roues à rayons métalliques, couleur orange. Les deux garçons imitèrent spontanément les mugissements et les pétarades du pot d’échappement.
    - D’où est-ce qu’il tire son pognon ? demanda avec un gros rire quelqu’un d’irrespectueux.
    Sincèrement intéressé, Coria transmit la question à son ami. Celui-ci, qui grâce au plateau du maté circulait dans le bureau de l’entreprise, avait recueilli des lèvres mêmes de Maria Carmen, la grosses demoiselle qui travaillait là, le bruit que Bilardo dirigeait dans la région la succursale d’une importante société, ou commandite, d’assistance mutuelle ayant des ramifications dans la province et la République entière.
    [/align:6fb86cb7bf]

    Notre quatrième petite pratique elle aussi le multilinguisme. Ajoutons à ce la que visiblement, elle met la barre haut, très haut, et son nom ne représenterait plus un secret pour vous, n’est- ce pas ?


  5. #5
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    [align=left:aad4bb7fdf] A propos de ces ramifications, le garçon de Cordoba entendit même une conversation assez animée entre leur patron et un certain Galiffi, ou Galtieri, gros acheteur de céréales pour une maison de Rosario.
    Un moment après, étendu sur les ponchos d’une selle, seul enfin avec lui-même, Luisito passa en revue les événements de la semaine la plus mouvementée dont il se souvint et il arriva sur-le-champ à cette conclusion : avec beaucoup d’argent n’importe qui pouvait vivre luxueusement dans l’insouciance. Il prit aussi cette décision : à la première occasion, il se présenterait à Bilardo. Ces pensées le remplirent d’une joie inhabituelle et il s’endormit satisfait.
    Plein d’espoir, il attendit l’occasion qui se présenta le dimanche suivant, peu avant le début de la vente aux enchères, quand Bilardo se mit à examiner un lot de demi-sang de course qu’ils avaient sélectionnés dans un élevage. L’occasion était belle : le public se massait autour des enclos du bétail si bien qu’ils étaient seuls, Bilardo et lui, à cette extrémité des installations. Comme il ne voulait pas que quelqu’un le vît et pensât qu’il trafiquait pour son compte, il dit aussitôt :
    - Monsieur Bilardo, si vous permettez …
    - Qu’y a-t-il ?
    - Je vais vous demander de me pistonner dans cette commandite que vous avez.
    Bilardo durcit son regard et répondit d’un air indifférent :
    - J’ignore de quoi vous parlez.
    - Mais, Monsieur, de la société d’assistance mutuelle.
    - Tu es discret, toi, c’est le moins qu’on puisse dire.
    Luisito le regarda sans comprendre, mais il reprit vite son aplomb et dit :
    - Je suis à vos ordres.
    [/align:aad4bb7fdf]

    La cinquième valeur de notre selection a elle aussi un mnémo, c’est normal. Pour le trouver, vous n’avez qu’à vous inspirer du patronyme d’un des personnages décrits ci-dessus. Mais comment procéder ? Eh bien, vous enléverez autant de lettres à la fin dudit patronyme que compte le mnémo en question, et il ne vous en restera plus qu’une qu’il faudra virer elle aussi. C’est assez clair, me semble-t-il ? Bon alors, au travail !
    P.S. Ah oui, il faudra aussi remplacer la dernière des lettres qui vous resteront après les opérations préconisées par une autre, voilà, c’est élémentaire.


  6. #6
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    6

    [align=left:5bc3beb571] - Comment est-ce qu’on dit ? Je te préviens que nous sommes sans pitié pour celui qui flanche.
    - Mais pourquoi est-ce que je flancherais ? demanda-t-il, très grave.
    L’autre sourit, ou remua simplement les lèvres, pour dire :
    - Bon, s’il y a quelque chose pour toi, je te préviens.
    Les jours eurent beau passer, il ne s’inquiéta pas. Enfin, dans une grande vente de bétail d’une même provenance, Bilardo fit son apparition et il ordonna de lui apporter une Bilz. C’était un prétexte pour lui parler.
    - Nous allons te mettre à l’essai, dit-il.
    - A vos ordres.
    - Tu disposes d’un fusil ?
    Luisito parvint à articuler un « non ».
    - Tu t’en achètes un.
    Il n’allait peut-être pas avoir assez d’argent mais il ne voulait pas soulever des difficultés, aussi répondit-il :
    - D’accord.
    - Comment est-ce qu’on dit ? Tu vas t’occuper du vieux. C’est évident qu’il faut y aller avec prudence. Tu me suis ?
    - Je vous suis.
    - Le vieux dispose d’un fusil ?
    - Quel vieux ?
    - J’approuve ta discrétion mais je te préviens : je me fatigue très vite. Medina dispose-t-il, oui ou non, d’un fusil ?
    [/align:5bc3beb571]

    La daubinettes n° 6 a ceci de particulier que les lettres qui composent son mnémonique, peuvent vous fournir une épithète qualifiant le caractère de don Bilardo, pour peu qu’on en change l’ordre.


  7. #7
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    [align=left:5d3ff63503] - Je crois que oui. Dans son jeune temps, m’a-t-on dit, il aimait la chasse.
    - Alors ça ne serait pas mal que tu le descendes avec son propre fusil. Tu t’entends bien avec le vieux ?
    - Parfaitement. Pourquoi ?
    - Tant mieux. Comment est-ce qu’on dit ? Tu l’expédies comme bon te semble. Tu me suis ? Avec un fusil, pour qu’on sache que c’est notre société : il est bon qu’on nous craigne ; mais avec le fusil de don Leopoldo, pas avec le tien, pour qu’on ne sache pas que c’est toi et qu’on ne t’arrête pas aussitôt. Tu me comprends ?
    Il allait effectivement demander s’il avait bien compris mais il pensa qu’il valait mieux ne rien dire. Une fois seul, il ferait le point de la situation.
    - Parfaitement.
    - Si par malheur on t’arrête, compte sur nous, mais ne dis rien sinon tu sais ce qui t’attend. Mais, bien sûr, on ne t’attrapera pas et ceci n’a beau être qu’un début, tu auras ta récompense pour ce petit service. Et, entends-moi bien, elles sont de celles qui vous sortent de la misère ! Maintenant, déguerpis en vitesse, qu’on ne me voie pas avec toi.
    Ce soir-là, il ne trouva pas le temps de réfléchir. La journée avait été si épuisante qu’à l’heure de la soupe, près du feu, ses yeux se fermaient et il rêva même de Bilardo et de don Leopoldo. Comme il savait ce qu’il avait à faire, il ne s’inquiétait pas ; il lui fallait seulement trouver la meilleure façon d’agir et, pour cela, le lendemain soir il examinerait à fond le problème. Sa décision prise, il s’allongea tranquillement pour dormir sur une couverture de cheval.
    [/align:5d3ff63503]

    Et la septième évoque le mot final pour une biographie de don Leopoldo (au cas où Luisito s’avérait capable de bien exécuter la commande de Bilardo.
    P.S. N’oubliez pas qu’Argentine est un pays catholique !


  8. #8
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    [align=left:bcce12dfb7] Le jour suivant amena lui aussi son lot d’occupations pressantes et le soir venu, alors que Luisito se lavait les mains, les pieds et le cou dans une cuvette avant de se mettre à table, don Leopoldo l’appela.
    - Je vais à Edina de Miles, expliqua-t-il tout en roulant sa cigarette avec une dextérité qui parut admirable à Luisito. J’ai besoin d’un volontaire pour m’ouvrir les quatorze barrières à l’aller et au retour. Aussi je t’emmène.
    - A vos ordres, patron.
    - Nous prenons l’automobile. Sais-tu que le brigand qui est venu me voir, celui qui se prétend négociant, est tombé sur un Rugby exactement pareil au mien ? J’étais stupéfait : je me demandais s’il ne me l’avait pas volé. Mets-toi sur la banquette arrière car la portière avant, si tu l’ouvres de l’intérieur, se referme mal, et avec toutes ces barrières tu vas passer ton temps à monter et à descendre comme un ludion.
    Il ne comprit pas tous les mots mais il se dit : « Mauvaise comparaison. »
    - Je débarrasse le siège ?
    La banquette était couverte de clefs anglaises et autres outils.
    - A ta guise.
    D’abord, il les repoussa un peu, mais comme ces outils tressautaient à chaque cahot, il les mit par terre.
    [/align:bcce12dfb7]

    Les forêts d’Argentine sont, paraît-il, peuplées d’animaux étranges et effrayants, et le nom d’un de ces êtres fabuleux a la même racine que la dénomination de notre présente daubinette.


  9. #9
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    [align=left:960f3fa7c9] Il y avait un beau clair de lune. Luisito regardait don Leopoldo : ses cheveux étaient clairsemés sur sa nuque et son cou sillonné de lignes qui auraient été vraiment plus à leur place sur une paume de main. Don Leopoldo payait bien, il ne lésinait pas sur la nourriture et le travail n’avait rien d’éreintant. Bien entendu, quand don Leopoldo ouvrait la bouche, c’était pour insulter ; mais qui s’en formalisait ? Tous les adultes, ayant un peu d’autorité, agissaient de même.
    A La Edina, il attendit en dormant dans la voiture. Il eut un rêve très agité qu’il oublia aussitôt. Des extravagances, à coup sûr.
    Sur le chemin du retour, le patron lui raconta :
    - J’ai voulu prévenir Miles, qui est une excellente personne, à propos de notre ami le négociant, qui fait partie des gens de Bilardo. Avec ça je t’ai tout dit. Une vraie sangsue.
    Par loyauté envers la société d’assistance mutuelle, Luisito s’offensa. « Il ne devrait pas me provoquer. Surtout la nuit, alors qu’il m’offre sa nuque et que j’ai une clef anglaise dans la main. »
    L’occasion semblait faite exprès. Personne ne savait qu’il accompagnait le patron. Personne ne l’avait vu partir. En chemin ils n’avaient rencontré âme qui vive. Il suffisait d’un coup sur la nuque et de s’enfuir à pied. Rafael et le garçon de Cordoba, réputés pour leur sommeil profond, il aurait beau faire il ne les réveillerait pas. Il ne laisserait pas de traces compromettantes et il ne donnerait aucune prise au soupçon. Bilardo serait content.
    [/align:960f3fa7c9]

    Quels êtres entiers que ces Argentins, dites donc ! Sentiments forts, actions rapides, ça ce sont de vrais hommes hein ?
    Eh bien, notre neuvième daubinette est elle aussi très nature.


  10. #10
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    10

    [align=left:05f8f7af1a] Il divaguait de la sorte mais n’avait aucune intention d’agresser don Leopoldo. Sa mère le respectait énormément et lui, quand il les entendait dire « mon vieil ami » et « mon amie Filomena », il se gonflait d’orgueil. « Si par malheur je le tuais, se fit-il, je n’échapperais pas facilement aux remords, il suffirait qu’un homme roule une cigarette pour que je voie apparaître le défunt dans son suaire. »
    A cet instant même le « défunt » expliqua :
    - Si les gens honnêtes ne font pas cause commune, les sangsues nous envahissent. Cette ordure de Bilardo fera bien de ne pas se montrer à la prochaine vente aux enchères car tu devras le repousser, sur mon ordre, avec ton cheval.
    Ils étaient de retour. Luisito descendit aux installations de l’entreprise et le patron rentra chez lui.
    Le lendemain soir Luisito se rendit au bourg, tout seul. A travers les vitres du café, il aperçut Bilardo, dans la salle et il entra bravement. Arrivé au comptoir, il demanda une eau de vie qu’il but lentement. Un moment après, comme il n’était pas sûr que Bilardo l’ait vu, il se dit qu’il ferait peut-être mieux de s’approcher de sa table. Plongé dans ses réflexions, il entendit soudain près de lui la voix de Bilardo qui lui ordonnait tout bas, d’un ton d’irritation mal contenue :
    - Dehors, au centre de la place, sur un banc. Je te rejoins.
    Il avait d’abord cru que Bilardo avait crié « Dehors ! » comme à un chien. Il finit par comprendre qu’il n’en était rien, que Bilardo lui avait seulement dit – mais avec rage – de l’attendre dehors, sur la place.
    [/align:05f8f7af1a]

    Et de plus, ces gens cons fiers comme Artaban, ah quell délice ! Eh bien, pour peu que vous ajoutiez 2 voyelles au mnémo de notre valeur n°10 qui est composé exclusivement des consonnes, vous obtiendriez un substantif anglais, désignant le sentiment que je viens d’évoquer.


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