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Un patron américain oblige à choisir entre fumer et travailler


CHICAGO (Reuters) - Le patron d'une entreprise du Michigan, qui a déjà obligé ses salariés à choisir entre arrêter de fumer et quitter leur emploi, a déclaré mercredi qu'il voulait proposer le même choix à ses employés en excès de poids.

L'interdiction totale de fumer, sur leur lieu de travail comme au domicile, faite aux employés de Weyco, une société d'assurances d'Okemos, dans le Michigan, a conduit la semaine dernière au licenciement de quatre des 200 salariés de l'entreprise.

Les quatre licenciés avaient refusé de se soumettre à une analyse d'urine imposée par le fondateur et seul actionnaire de la société, Howard Weyers, qui estime rester dans la plus parfaite légalité.

"Si vous ne voulez pas passer le test, vous pouvez partir", a-t-il déclaré à Reuters. "Je ne contrôle pas leur vie, ils peuvent choisir s'ils veulent travailler ici."

Suivants sur la liste: les salariés trop gros.

"Nous devons travailler sur les habitudes nutritionnelles et amener les gens à faire de l'exercice. Mais si vous êtes (pathologiquement) obèse, vous êtes protégé (par la loi)", a-t-il expliqué.

Le chef d'entreprise a engagé un nutritionniste pour tenir des réunions d'information et donner des conseils d'alimentation, créé un système de points qui permet aux salariés de gagner des primes jusque 100 dollars s'ils améliorent leur santé, et prévoit d'offrir des bons de réduction de 45 dollars pour les inciter à fréquenter une salle de remise en forme.

Weyers, 71 ans, a certifié n'avoir jamais fumé et s'estime en bonne forme en courant tous les jours.

Il a expliqué avoir commencé sa politique en interdisant l'embauche de fumeurs en 2003, pour la santé de ses employés et pour économiser de l'argent sur l'assurance-santé de son entreprise.

En 2004, il a d'abord interdit le tabac pendant les heures de bureau, puis infligé aux fumeurs une pénalité de 50 dollars par mois avant de finalement instituer des analyses obligatoires. Résultat, 20 salariés ont arrêté de fumer.

John Challenger, spécialiste du monde du travail, a estimé que la politique de Weyco pouvait constituer un précédent pour des entreprises plus importantes, à condition qu'elle survive aux contestations juridiques. Aucun recours n'a encore été déposé.

"Cela pose certainement un problème intéressant: faut-il choisir les économies d'assurance-santé et l'aversion de la société contre le tabac ou le droit à la liberté et à la vie privée des individus ?", a-t-il déclaré.