La Cour des Comptes tire à vue sur le Quai d'Orsay et Jussieu 02/03/05 - 15:55

La Cour des Comptes s'alarme des dérives financières du Quai d'Orsay et des mauvaises conditions dans lesquelles s'effectuent le désamiantage de l'université de Jussieu. La transformation du service public de la transfusion sanguine est saluée.

Le Quai d'Orsay et Jussieu mis à l'index. Dans son rapport annuel, la Cour des Comptes présidée par Philippe Seguin, épingle sérieusement le ministère des Affaires étrangères et l'université de Jussieu.

Selon l'institution, en 2004, le ministère des Affaires étrangères s'est rendu coupable de "graves défaillances" et de dérives financières majeures dans ses opérations immobilières majeures. Ce rapport stigmatise fermement "les défaillances dans l'exercice de la fonction de maître d'ouvrage, la succession incohérente de programmes constamment revus, modifiés, voire abandonnés et enfin, l'importance des conséquences qui en résultent pour les finances publiques." Il souligne également la convergence des manquements aux règles qui doivent présider à une politique immobilière.

Ce rapport déplore également les intervenants multiples, l'absence de coordination interne au ministère et entre les administrations intervenant à l'étranger. Il dénonce notamment le caractère "généreux" du projet de construction d'un nouveau campus diplomatique à Pékin. De plus, outre l'abandon et la suspension de plus d'un tiers des opérations jugées prioritaires ces dernières années, la Cour des Comptes s'inquiète des dérives financières, le coût des grandes opérations immobilières menées par le Quai d'Orsay ayant été dépassé d'au moins 20%.

Autre défaillance soulignée par la Cour des Comptes, le désamiantage de l'université de Jussieu. Cinq ans après avoir recommandé la "constitution d'une autorité commune à tous les occupants du campus" pour assurer la cohésion de la gestion des travaux de désamiantage, la Cour des Comptes constate que ses conseils sont restés lettre morte. De fait, la "maîtrise des procédures, des délais et de coûts" n'a pas été maîtrisée.

Enfin, dernière victime de ce rapport, la direction générale de la santé. Son efficacité est fortement remise en cause, notamment en raison de l'éclatement des responsabilités, du foisonnement des textes, du poids des tâches de gestion ou encore de la succession des urgences sanitaires.

Des conclusions qui font mal alors que la gestion des dépenses publiques par les différents ministères est actuellement au centre de l'actualité

Heureusement, quelques points positifs viennent égayer ce tableau plutôt sombre de l'administration française. Le rapport pointe notamment l'efficacité du système français de transfusion sanguine dont le fonctionnement avait été sérieusement réformé après l'affaire du sang contaminé avec la création de l'Etablissement français du sang (EFS).

Grâce à l'EFS, les "dysfonctionnements à l'origine du sang contaminé" ont cessé tandis que la sécurité et la continuité des approvisionnements en produits sanguins est désormais assurée.

S'interrogeant sur les conditions de l'équilibre financier du secteur, la Cour des Comptes précise toutefois que, face à la baisse des besoins en produits sanguins, l'EFS doit sérieusement se pencher sur la gestion de ses coûts, notamment en terme d'effectifs, et appelle à une adaptation de l'outil de production.

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