Associated Press (AP)



©AP/Galatée Film, Yves Prince
Une scène du film Les Choristes
Les enfants chantant dans le choeur de Saint-Marc, interprètes du film Les choristes, n'ont touché aucun droit d'interprétation et l'une des familles envisage aujourd'hui de demander le paiement de ces droits, a-t-on appris auprès de leur avocat, Me Alain Jacubowicz.
«Ces enfants ont participé à l'enregistrement de la bande originale du film qui a fait 9 millions d'entrées. Ils chantent sur le DVD vendu à plus d'un million d'exemplaires, sur le CD vendu à 1,5 million d'exemplaires. Or, ils n'ont jamais été rémunérés au titre de l'interprétation», précise Me Jacubowicz.

«Nous sommes en colère car le choeur de Saint-Marc est aujourd'hui devenu une vaste machine à fric, au détriment des enfants», raconte Francis Hartmann, père d'une des «choristes». «Je fais partie des parents qui veulent demander des comptes, et pas seulement financiers. Depuis le film, nos enfants sont sollicités en permanence. On les réquisitionne pour des concerts plusieurs fois par semaine. Ils vont de plateau télé en plateau télé, cela ressemble à de l'exploitation», dénonce-t-il.

Sa fille, âgée de 14 ans, a démissionné du choeur début février. «Elle n'en pouvait plus, elle s'endormait en cours», résume son père.

«Cette affaire m'attriste, parce que c'était une belle histoire et tout à coup, ça prend des relents nauséeux», a réagi le réalisateur du film Christophe Barratier, interrogé sur RTL.

Lundi soir, l'Inspection du travail a fait a annuler un concert à Metz où devaient se produire les choristes en raison de l'horaire du concert (20h), jugé trop tardif pour des enfants.

La trentaine d'enfants du choeur de l'institution lyonnaise Saint-Marc ne sont liés par aucun contrat individuel à Warner, distributeur de la bande originale du film, contrairement à Jean-Baptiste Maunier, le soliste du choeur. Seule l'association du choeur touche un pourcentage sur les droits d'interprétation, équivalent à 1% du prix de vente des CD.

«Ceci est parfaitement anormal. Le droit d'interprétation est normalement de 8 à 10%. On est loin du compte. D'autant que les enfants ne touchent rien sur ces sommes», explique Me Alain Jacubowicz.

Selon lui, la gestion des droits a été mauvaise «depuis le début». «Il semble que personne ne s'attendait à pareil succès, ce qui explique pas mal de dysfonctionnements», analyse l'avocat.

«Nous avons un contrat tout à fait clair avec l'association des petits chanteurs de Saint-Marc qui va toucher une grosse somme d'argent», a corrigé le réalisateur, qui a calculé que la chorale a touché «un cachet de 21 000 euros» (environ 34 000$) pour les trois jours d'enregistrement ainsi que «entre 120 000 et 150 000 euros» (195 000 et 245 000 $) sur les ventes des disques. «Pour une chorale amateur, c'est absolument colossal», a estimé Christophe Barratier.