Greenspan confiant sur le dossier énergétique malgré la flambée des prix
Le président de la Réserve fédérale (Fed) Alan Greenspan s'est montré confiant mardi sur le dossier énergétique, malgré la flambée des prix du pétrole qui pourrait selon lui s'atténuer.



"Il est certain que le dossier énergétique pose des questions et des compromis difficiles pour les responsables politiques et les citoyens", a indiqué M. Greenspan dans un discours télédiffusé à San Antonio depuis Washington.


Mais "on peut espérer que ces inquiétudes seront résolues d'une façon qui n'asphyxiera ni ne défigurera le fonctionnement de nos marchés", a-t-il ajouté selon le texte de son discours diffusé par avance.


Il a souligné la hausse récente des cours du pétrole, qui a mis l'an dernier les marchés sous une pression "inconnue depuis une génération".


Le pétrole de qualité "light sweet crude" a atteint un nouveau record en séance électronique lundi, à 58,28 dollars le baril, son plus haut niveau depuis le début de sa cotation en 1983. Il a depuis baissé pour s'établir autour de 56 dollars.



Mais quelques signes incitent à l'optimisme selon le président de la Fed.


Les prix des livraisons à terme pour l'été excèdent actuellement les prix spot et "cela parle sans doute en faveur d'une augmentation des stocks de pétrole brut", selon lui.



"Si elles durent, ces caractéristiques techniques pourraient encourager la constitution de réserves tampon assez importantes pour refroidir la frénésie actuelle des prix", a-t-il ajouté.



M. Greenspan a souligné combien "ce qui va se passer sur les marchés de l'énergie va demeurer crucial pour la santé à long terme de l'économie de notre pays".




Notamment "l'ampleur des économies en carburant des voitures particulières aura une importance cruciale" dans les années à venir, "alors que les acheteurs opteront pour les coûts en carburant plus bas des véhicules plus petits ou des voitures hybrides".




Il y a plus de 200 millions de véhicules sur les routes américaines qui consomment 11% de la production totale de pétrole, a rappelé M. Greenspan.



Aussi, "les changements dans l'ampleur et la façon dont les Etats-Unis consomment de l'énergie" auront-ils "une influence importante sur l'évolution de l'économie américaine à long-terme", a ajouté le patron de la banque centrale.



Mardi, une étude du Conseil international des centres commerciauxaffirmait que les ménages aux revenus modestes commençaient à souffrir de la flambée du prix de l'essence aux Etats-Unis: plus de la moitié (54%) des ménages gagnant moins de 25.000 dollars par an ont indiqué qu'ils se servaient moins de leur voiture.



Le prix de l'essence a atteint 2,15 dollars le gallon (environ 0,44 euros par litre) fin mars selon le département de l'Energie, ce qui est un niveau record.



M. Greenspan a souligné que les prix de l'énergie avaient beaucoup augmenté ces derniers temps, et jugé "hypothétiques" les perspectives à long terme pour le pétrole et le gaz naturel.


"Beaucoup dépendra de la réponse de la demande face aux prix", a-t-il affirmé, estimant que "si l'histoire peut nous apprendre quelque chose, alors l'utilisation énergétique devrait à terme continuer de baisser par rapport au PIB si les prix restent élevés".



Le président de la banque centrale a souligné combien la résolution des grandes incertitudes géopolitiques affecterait les prix du pétrole dans les années à venir.



Cependant M. Greenspan s'est voulu confiant, alors qu'il parlait devant l'association américaine de raffinage et de pétrochimie.



"Il faut se souvenir que les prix, qui envoient des signaux décisifs pour équilibrer à court terme l'offre et la demande en énergie, signifient aussi à long terme des opportunités de profits pour l'expansion de l'offre", selon lui.



De plus "ils stimulent la recherche et le développement, qui débloqueront de nouvelles approches à peine envisageables aujourd'hui pour la production et l'utilisation de l'énergie", a-t-il assuré.