STAGFLATION ?



Les crises pétrolières des années 70 conduisirent à « la stagflation » : combinaison syntaxique d'inflation forte et de stagnation de la croissance économique, induisant un niveau de chômage élevé. Elle ne laissait aucune bonne stratégie pour la conduite de la politique monétaire. La réduction des taux d'intérêt pour créer des emplois risquant d'entraîner une spirale inflationniste et en sens inverse pour réduire l'inflation, la hausse des taux aurait fait monter le chômage.



Ces dernières semaines, la crainte d'un retour de la stagflation a poussé le cours des actions vers un plus bas depuis cinq mois. Sa forme atténuée, inflation en hausse dans une économie bien loin du plein emploi, est déjà bien présente en Europe et en conséquence, la marge de manoeuvre de la politique monétaire de la BCE apparaît à tous quasiment nulle.



Au plan macro-économique, il convient également de souligner :


- La question récurrente, posée avec de plus en plus d'acuité, des déficits jumeaux américains budgétaires et commerciaux. Ils se chiffrent en centaines de milliards de dollars. On se demandera jusqu'où son cours, soutenu par les récentes hausses de taux directeurs de la FED, exonérera-t-il les Etats-Unis de toute discipline financière ?



- La production de l'OPEP, maintenant à un nouveau plus haut depuis les 25 dernières années qui permet des livraisons de 30 millions de barils par jour. Mais quand la spéculation quittera-t-elle le marché pétrolier ?



- L'élargissement des marges de fluctuation du Yuan qui ne s'envisagera qu'avec un secteur bancaire assaini des créances douteuses dues au surinvestissement industriel et immobilier. Quand donc les autorités chinoises enclencheront-elles le mouvement ?



- Et, question chômage, des records battus par la France et l'Allemagne. Où sont passées les ambitions affichées à Lisbonne ?



En résumé, il apparaît clairement que la hausse des prix du brut produit un effet récessif bien plus net que la hausse des taux directeurs américains, et que la croissance mondiale restera encore forte cette année grâce aux pays émergents. Hors d'Europe, point de stagflation ! D'ailleurs l'inflation ne gagne pas la sphère des salaires et peu celle des produits finis, effet direct de la mondialisation.



Le traitement volontariste des divergences constatées sur chaque zone géographique est maintenant la seule voie de sortie des déséquilibres ambiants. Il est malheureusement plus risqué politiquement de faire le ménage dans sa propre maison.



Sur un plan financier et micro-économique, il faut souligner dans ce contexte, le retour en grâce des grandes «blue-chip» défensives, au premier rang desquelles se trouvent les pharmaceutiques. Le récent mouvement des taux longs vers leur bas niveau historique a également permis le rebond des valeurs immobilières... mais pour combien de temps encore?



Notre conviction sur les taux affichée plus haut, nous conforte dans un choix majoritaire d'actions européennes qui disposent autant d'une forte capacité à l'international que de rendements convenables complétés par une diversification asiatique pour les investisseurs plus agressifs.