Vous souhaitez vous documenter sur certaines thèmes relatifs à la bourse, n'hésitez pas à consulter notre espace dédié à la formation : "comprendre la bourse"
Page 1 sur 4 123 ... DernièreDernière
Affichage des résultats 1 à 10 sur 40
  1. #1
    Senior Member Jedi Trader Avatar de xenia
    Date d'inscription
    April 2003
    Messages
    6 196

    Les daubinettes à la recherche d’un parti

    Hello, people of Boursosmile !
    On a un thread sous le signe de l’United Kingdom aujourd’hui : quelques chapitres de “Orgueuil et préjugés” de la délicieuse Jane Austen (1775-181, so very british.
    D’après les commérages, elle était « d’une raideur perpendiculaire, méticuleuse et taciturne » ; c’était « un tisonnier dont tout le monde avai peut ». Il en reste des traces : il lui arrivait d’être tout à fait impitoyable, c’est l’un des écrivains satiriques les plus conséquents de toute la littérature. Son génie n’est pas celui d’un écrivain pacifique. Elle ne souhaite ni réformer ni anéantir ; elle reste silencieuse et ce silence est vraiment terrifiant. L’un après l’autre, elle crée ses sots, ses fats, ses mondains, elle les enferme dans la boucle d’une expression cinglante comme un coup de fouet (knout alors !) – on dirait qu’elle crée ses personnages dans le seul but de leur trancher la tête.
    Et, pour faire pendant à la douceur de notre récit, quelques échantillons de l’art de la miniature, peinture délicate, utilisant des teintes tendres d’aquarelle et des supports précieux tels l’ivoire ou la porcelaine, dont l’apogée a été atteint en Angleterre du XVIII siècle, indeed.


    [align=left:b1549da122]C’est une vérité universellement reconnue qu’un célibataire pourvu d’une belle fortune doit avoir envie de se marier, et, si peu que l’on sache de son sentiment à ces égard, lorsqu’il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l’esprit de ses voisins qu’ils le considèrent sur-le-champ comme la propriété légitime de l’une ou de l’autre de leurs filles.
    - Savez-vous, mon cher ami, dit un jour Mrs. Bennet à son mari, que Netherfield Park est enfin loué ?
    Mr. Bennet répondit qu’il l’ignorait.
    - Eh bien, c’est chose faite. Je le tiens de Mrs. Long qui sort d’ici.
    Mr. Bennet garda le silence.
    - Vous n’avez donc pas envie de savoir qui s’y installe ! s’écria sa femme impatiente.
    - Vous brûlez de me le dire et je ne vois aucun inconvénient à l’apprendre.
    Mrs. Bennet n’en de mandait pas davantage.
    - Eh bien, mon ami, à ce que dit Mrs. Long, le nouveau locataire de Netherfield serait un jeune homme très riche du nord de l’Angleterre. Il est venu lundi dernier en chaise de poste pour visiter la propriété et l’a trouvée tellement à son goût qu’il s’est immédiatement entendu avec Mr. Morris. Il doit s’y installer avant la Saint-Michel et plusieurs domestiques arrivent dès la fin de la semaine prochaine afin de mettre la maison en état.
    - Comment s’appelle-t-il ?
    - Bingley.
    - Marié ou célibataire ?
    - Oh ! mon ami, célibataire et très riche ! Quatre ou cinq mille livres de rente ! Quelle chance pour nos filles !
    [/align:b1549da122]

    Il est curieux que ce soit justement cette daubinettes qui initie notre sélection, alors que son pseudo s’utilise (ou plutôt s’utilisait) pour mettre un terme à un office, terme certainement affectionné par Mme Bennet car il la libérait d’obligation de rester tranquille et se taire.

  2. #2
    Senior Member Jedi Trader Avatar de xenia
    Date d'inscription
    April 2003
    Messages
    6 196

    2

    [align=left:efede68ed1]- Nos filles ? En quoi cela les touche-t-il ?
    - Que vous êtes donc agaçant, mon ami ! Je pense, vous le devinez bien, qu’il pourrait être un parti pour l’une d’elles.
    - Est-ce dans cette intention qu’il vient s’installer ici ?
    - Dans cette intention ! Quelle plaisanterie ! Comment pouvez-vous parler ainsi ?... Tout de même, il n’y aurait rien d’invraisemblable à ce qu’il s’éprenne de l’une d’elles. C’est pourquoi vous ferez bien d’allez lui rendre visite dès son arrivée.
    - Je n’en vois pas l’utilisé. Vous pouvez y aller vous-mêmes avec vos filles, ou vous pouvez les envoyer seules, ce qui serait peut-être encore préférable, car vous êtes si bien conservée que Mr. Bingley pourrait se tromper et égarer sur vous sa préférence.
    - Vous me flattez, mon cher. J’ai certainement eu ma part de beauté jadis, mais aujourd’hui j’ai abdiqué toute prétention. Lorsqu’une mère a cinq filles en âge de se marier elle doit cesser de songer à ses propres charmes.
    - D’autant que, dans ce cas, il est rare qu’il lui en reste beaucoup.
    - Enfin, mon ami, il faut absolument que vous alliez voir Mr. Bingley dès qu’il sera notre voisin.
    - Je ne m’y engage nullement.
    - Mais pensez un peu à vos enfants, à ce que serait pour l’une d’elles un tel établissement ! Sir William et lady Lucas ont résolu d’y aller uniquement pour cette raison, car vous savez que, d’ordinaire, ils ne font jamais visite aux nouveaux venus. Je vous le répète, il est indispensable que vous alliez à Netherfield, sans quoi nous ne pourrions y aller nous-mêmes.
    - Vous avez vraiment trop de scrupules, ma chère. Je suis persuadé que Mr. Bingley serait enchanté de vous voir, et je pourrais vous confier quelques lignes pour l’assurer de mon chaleureux consentement à son mariage avec celle de mes filles qu’il voudra bien choisir. Je crois, toutefois, que je mettrai un mot en faveur de ma petite Lizzy.
    [/align:efede68ed1]

    Pauvres filles, elles devaient se sentir quelque peu GêNéeS par l’attitude de leur mere qui passait son temps à essayer d’attraper tout célibataire qui avait le malheur de se trouver sur son chemin !

  3. #3
    Senior Member Jedi Trader Avatar de xenia
    Date d'inscription
    April 2003
    Messages
    6 196

    3

    [align=left:a37fc01a86]- Quelle idée ! Lizzy n’a rien de plus que les autres ; elle est beaucoup moins jolie que Jane et n’a pas la vivacité de Lydia.
    - Certes, elles n’ont pas grand-chose pour les recommander les unes et les autres, elles sont sottes et ignorantes comme toutes les jeunes filles. Lizzy, pourtant, a un peu plus d’esprit que ses sœurs.
    - Oh ! Mr. Bennet, parler ainsi de ses propres filles !... Mais vous prenez toujours plaisir à me vexer ; vous n’avez aucune pitié pour mes pauvres nerfs !
    - Vous vous trompez, ma chère ! J’ai pour vos nerfs le plus grand respect. Ce sont de vieux amis : voilà plus de vingt ans que je vous entends parler d’eux avec considération.
    - Ah ! vous ne vous rendez pas compte de ce que je souffre !
    - J’espère, cependant, que vous prendrez le dessus et que vous vivrez assez longtemps pour voir de nombreux jeunes gens pourvus de quatre mille livres de rente venir s’installer dans le voisinage.
    - Et quand il en viendrait vingt, à quoi cela servirait-il, puisque vous refusez de faire leur connaissance ?
    - Soyez sûre, ma chère, que lorsqu’ils atteindront ce nombre, j’irai leur faire visite à tous.
    Mr. Bennet était un si curieux mélange de vivacité, d’humeur sarcastique, de fantaisie et de réserve qu’une expérience de vingt-trois ans n’avait pas suffi à sa femme pour lui faire comprendre son caractère. Mrs. Bennet elle-même avait une nature moins compliquée : d’intelligence médiocre, peu cultivée et de caractère inégal, chaque fois qu’elle était de mauvaise humeur elle s’imaginait éprouver des malaises nerveux. Son grand souci dans l’existence était de marier ses filler et sa distraction la plus chère, les visites et les potins.
    Mr. Bennet fut des premiers à se présenter chez Mr. Bingley. Il avait toujours eu l’intention d’y aller, tout en affirmant à sa femme jusqu’au dernier moment qu’il ne s’en souciait pas, et ce fut seulement le soir qui suivit cette visite que Mrs. Bennet en eut connaissance.
    [/align:a37fc01a86]

    Eh oui, que voulez-vous, on recherché tous de la SECurité matérielle pour ses enfants, et la mère Bennet ne fait pas l’exception, sauf peut-être que son naturel naïf aggravé si l’on peut dire par sa franchise, rend ses intentions plus évidentes que chez d’autres.

  4. #4
    Senior Member Jedi Trader Avatar de xenia
    Date d'inscription
    April 2003
    Messages
    6 196

    4

    [align=left:f248f91d53]Voici comment elle l’apprit : Mr. Bennet, qui regardait sa seconde fille occupée à garnir un chapeau, lui dit subitement :
    - J’espère, Lizzy, que Mr. Bingley le trouvera de son goût.
    - Nous ne prenons pas le chemin de connaître les goûts de Mr. Bingley, répliqua la mère avec amertume, puisque nous n’aurons aucune relation avec lui.
    - Vous oubliez, maman, dit Elizabeth, que nous le rencontrerons en soirée et que Mrs. Long a promis de nous le présenter.
    - Mrs. Long n’en fera rien : elle-même à deux nièces à casser. C’est une felle égoïste et hypocrite. Je n’attends rien d’elle.
    - Moi non plus, dit Mr. Bennet, et je suis bien aise de penser que vous n’aurez pas besoin de services.
    Mrs. Bennet ne daigna pas répondre ; mais, incapable de se maîtriser, elle se mit à gourmander une de ses filles :
    - Kitty, pour l’amour de Dieu, ne toussez donc pas ainsi. Ayez pitié de mes nerfs.
    - Kitty manque d’à-propos, dit le père, elle ne choisit pas le bon moment pour tousser.
    - Je ne tousse pas pour mon plaisir, expliqua Kitty avec humeur. Quand doit avoir lieu votre prochain bal, Lizzy ?
    - De demain en quinze.
    - Justement ! s’écria sa mere. Et Mrs. Long qui est absente ne renter que la veille. Il lui sera donc impossible de nous présenter Mr. >Bingley puisque elle-même n’aura pas eu le temps de faire sa connaissance.
    - Eh bien, chère amie, vous aurez cet avantage sur Mrs. Long : c’est vous qui le lui présenterez.
    - Impossible, Mr. Bennet, impossible, puisque je ne le connaîtrai pas. Quel plaisir trouvez-vous à me taquiner ainsi ?
    - J’admire votre réserve; évidemment, des relations qui ne datent que de quinze jours sont peu de chose, mais si nous ne prenons pas cette initiative, d’autres la prendront à notre place. Mrs. Long sera certainement touchée de notre amabilité et si vous ne voulez pas faire la présentation, c’est moi qui m’en chargerai.
    [/align:f248f91d53]

    Comment ose-t-elle tousser, cette Kitty, sans prendre en consideration les nerfs fragiles de sa maman ? D’ailleurs, a-t-elle une toux grasse ou sèche ? Dans ce dernier cas, elle s’apparenterait à notre petite daubinette n° 4 !

  5. #5
    Senior Member Jedi Trader Avatar de xenia
    Date d'inscription
    April 2003
    Messages
    6 196

    5

    [align=left:c59819c0ce]Les jeunes filles regardaient leur père avec surprise. Mrs. Bennet dit seulement :
    - Sottises que tout cela.
    - Quel est le sens de cette énergique exclamation ? s’écria son mari, vise-t-elle les formes protocolaires de la présentation ? Si oui, je ne suis pas tout à fait de votre avis. Qu’en dites-vous, Mary, vous qui êtes une jeune personne réfléchie, toujours plongée dans de gros livres ?
    Mary aurait aime faire une réflexion profonde, mais ne trouva rien à dire.
    - Pendant que Mary rassemble ses idées, continua-t-il, retournons à Mr. Bingley.
    - Je ne veux plus entendre parler de Mr. Bingley ! déclara Mrs. Bennet.
    - J’en suis bien fâché ; pourquoi ne pas me l’avoir dit plus tôt ? Si je l’avais su ce matin je me serais certainement dispensé d’aller lui rendre visite. C’est très regrettable, mais maintenant que la démarche est faite, nous ne pouvons plus esquiver les relations.
    La stupéfaction de ces dames à cette déclaration fut aussi complète que Mr. Bennet pouvait le souhaiter, celle de sa femme surtout, bien que, la première explosion de joie calmée, elle assurât qu’elle n’était nullement étonnée.
    - Que vous êtes bon, mon cher ami ! Je savais bien que je finirais par vous persuader. Vous aimez trop vos enfants pour négliger une telle relation. Mon Dieu, que je suis contente ! Et quelle bonne plaisanterie aussi, d’avoir fait cette visite ce matin et de ne nous en avoir rien dit jusqu’à présent !
    - Maintenant, Kitty, vous pouvez tousser tant que vous voudrez, déclara Mr. Bennet. Et il se retira, un peu fatigué des transports de sa gemme.
    - Quel excellent père vous avez, mes enfants ! poursuivit celle-ci, lorsque la porte se fut refermée. – Je ne sais comment vous pourrez jamais vous acquitter envers lui. A notre âge, je peux bien vous l’avouer, on ne trouve pas grand plaisir à faire sans cesse de nouvelles connaissances. Mais pour vous, que ne ferions-nous pas !... Lydia, ma chérie, je suis sûre que Mr. Bingley dansera avec vous au prochain bal, bien que vous soyez la plus jeune.
    [/align:c59819c0ce]

    Ce Mr. Bennet a un sens de l’humour typiquement anglais (que personnellement, j’affectionne grandement !). Il tourne systhématiquement en dérision les pensées les plus profondes et les plus senties de son épouse, ce en quoi il se distingue radicalement de notre présente daubinette.

  6. #6
    Senior Member Jedi Trader Avatar de xenia
    Date d'inscription
    April 2003
    Messages
    6 196

    6

    [align=left:e7fce9813c]- Oh ! dit Lydia d’un ton décidé, je ne crains rien ; je suis la plus jeune, c’est vrai, mais c’est moi qui suis la plus grande.
    Le reste de la soirée se passa en conjectures ; ces dames se demandaient quand Mr. Bingley rendrait la visite de Mr. Bennet, et quel jour on pourrait l’inviter à dîner.

    Malgré toutes les questions dont Mrs. Bennet, aidée de ses filles, accabla son mari au sujet de Mr. Bingley, elle ne put obtenir de lui un portrait qui satisfît sa curiosité. Ces dames livrèrent l’assaut avec une tactique variée : questions directes, suppositions ingénieuses, lointaines conjectures. Mais Mr. Bennet se déroba aux manœuvres les plus habiles, et elles furent réduites finalement à se contenter des renseignements de seconde main fournis par leur voisine, lady Lucas.
    Le rapport qu’elle leur fit était hautement favorable : sir William, son mari, avait été enchanté du nouveau voisin. Celui-ci était très jeune, fort joli garçon, et, ce qui achevait de le rendre sympathique, il se proposa d’assister au prochain bal et d’y amener tout un groupe d’amis. Que pouvait-on rêver de mieux ? Le goût de la danse mène tout droit à l’amour : on pouvait espérer beaucoup du cœur de Mr. Bingley.
    - Si je pouvais voir une de mes filles heureusement établie à Netherfield et toutes les autres aussi bien mariées, répétait Mrs. Bennet à son mari, je n’aurais plus rien à désirer.
    Au bout de quelques jours, Mr. Bingley rendit sa visite à Mr. Bennet, et resta avec lui une dizaine de minutes dans la bibliothèque. Il avait espéré entrevoir les jeunes filles dont on lui avait beaucoup vanté le charme, mais il ne vit que le père. Ces dames furent plus favorisées car, d’une fenêtre de l’étage supérieur, elles eurent l’avantage de constater qu’il portait un habit bleu et montait un cheval noir.
    Une invitation à dîner lui fut envoyée peu après et, déjà, Mrs. Bennet composait un menu qui ferait honneur à ses qualités de maîtresse quand la réponse de Mr. Bingley vint tout suspendre : « Il était obligé de partit pour Londres le jour suivant, et ne pouvait, par conséquent, avoir l’honneur d’accepter … etc. »
    [/align:e7fce9813c]

    Ah ces filles, on les imagine aisément voleter à la salle de bal telle des coxinelles aux couleurs diaprées, enchantant ces messieurs qui, du coup, tombent dans les rets habilement aménagés par la maman Bennet !

  7. #7
    Senior Member Jedi Trader Avatar de xenia
    Date d'inscription
    April 2003
    Messages
    6 196

    7

    [align=left:5e3e3ed6d2]Mrs. Bennet en fut toute décontenancée. Elle n’arrivait pas à imaginer quelle affaire pouvait appeler Mr. Bingley à Londres si tôt après son arrivée en Herfodrshire. Allait-il, par hasard, passer son temps à se promener d’un endroit à un autre au lieu de s’installer convenablement à Netherfield comme c’était son devoir ?... Lady Lucas calma un peu ses craintes en suggérant qu’il était sans doutes allé à Londres pour chercher les amis qu’il devait amener au prochain bal. Et bientôt se répandit la nouvelle que Mr. Bingley amènerait avec lui douze dames et sept messieurs. Les jeunes filles gémissaient devant un nombre aussi exagéré de danseuses, mais, la veille du bal, elles eurent la consolation d’apprendre que Mr. Bingley n’avait ramené de Londres que ses cinq sœurs et un cousin. Finalement, lorsque le contingent de Netherfield fit son entrée dans la salle de bal, il ne comptait en tout que cinq personnes : Mr. Bingley, ses deux sœurs, le mari de l’aînée et un autre jeune homme.
    Mr. Bingley plaisait dès l’abord par un extérieur agréable, une allure distinguée, un air avenant et de manières pleines d’aisance et de naturel. Ses sœurs étaient de belles personnes d’une élégance incontestable, et son beau-frère, Mr. Hurst, avait l’air d’un gentleman, sans plus ; mais la haute taille, la belle physionomie, le grand air de son ami, Mr. Darcy, aidés de la rumeur qui, cinq minutes après son arrivée, circulait dans tous les groupes, qu’il possédait dix mille livres de rente, attirèrent bientôt sur celui-ci l’attention de toute la salle.
    Le sexe fort le jugea très belle homme, les dames affirmèrent qu’il était beaucoup mieux que Mr. Bingley, et, pendant toute une partie de la soirée, on le considéra avec la plus vive admiration.
    Peu à peu, cependant, le désappointement causé par son attitude vint modifier cette impression favorable. On s’aperçut bientôt qu’il était fier, qu’il regardait tout le monde de haut et ne daignait pas exprimer la moindre satisfaction. Du coup, toute son immense propriété de Derbyshire ne put empêcher qu’on le déclarât antipathique et tout le contraire de son ami.
    [/align:5e3e3ed6d2]

    Ainsi, à l’AUBe de leur existence, les demoiselles Bennet étaient déjà entraînées pour devenir des chasseresses habiles : appâter la proie, anéantir ses réflexes d’auto-défense, l’attraper et hop, tout le monde se revoit à l’église !

  8. #8
    Senior Member Jedi Trader Avatar de xenia
    Date d'inscription
    April 2003
    Messages
    6 196

    8

    [align=left:1a9f1157d4]Mr. Bingley, lui, avait eu vite fait de se mettre en rapport avec les personnes les plus en vue de l’assemblée. Il se montra ouvert, plein d’entrain, prit part à toutes les danses, déplora de voir le bal se terminer de si bonne heure, et parla d’en donner un lui-même à Netherfield. Des manières si parfaites se recommandent d’elles-mêmes. Quel contrasted avec son aim !... Mr. Darcy dansa seulement une fois avec Mrs. Hurst et une fois avec miss Bingley. Il passa le reste du temps à se promener dans la salle, n’adressant la parole qu’aux personnes de son groupe et refusant de se laisser présenter aux autres. Aussi fut-il vite jugé. C’était l’homme le plus désagréable et le plus hautain que la terre eût jamais porté, et l’on espérait qu’il ne reparaîtrait à aucune autre réunion.
    Parmi les personnes empressées à le condamner se trouvait Mrs. Bennet. L’antipathie générale tournait chez en rancune personnelle, Mr. Darcy ayant fait affront à l’une de ses filles. Par suite du nombre restreint des cavaliers, Elizabeth Bennet avait dû rester sur sa chaise l’espace de deux danses, et, pendant un moment, Mr. Darcy s’était tenu debout assez près d’elle pour qu’elle pût entendre les paroles qu’il échangeait avec Mr. Bingley venu pour le presser de se joindre aux danseurs.
    - Allons, Darcy, venez danser. Je suis agacé de vous voir vous promener seul. C’est tout à fait ridicule. Faites comme tout le monde et dansez.
    - Non, merci ! La danse est pour moi sans charmes à moins que je ne connaisse particulièrement une danseuse. Je n’y prendrais aucun plaisir dans une réunion de ce genre. Vos sœurs ne sont pas libres et ce serait pour moi une pénitence que d’inviter quelqu’un d’autre.
    - Vous êtes vraiment difficile ! s’écria Bingley. Je déclare que je n’ai jamais vu dans une soirée tant de jeunes filles aimables. Quelques-unes même, vous en conviendrez, sont remarquablement jolies.
    - Votre danseuse est la seule jolie personne de la réunion, dit Mr. Darcy en désignant du regard l’aînée des demoiselles elle-même.
    [/align:1a9f1157d4]

    Ce Beau Darcy, qu’il est désobligeant, qu’il est froid et hautain ! On parie qu’il va payer cher cette attitude dédaigneuse ?

  9. #9
    Senior Member Jedi Trader Avatar de xenia
    Date d'inscription
    April 2003
    Messages
    6 196

    9

    [align=left:ae620be875]- Oh ! c’est la plus charmante créature que j’aie jamais rencontrée ; mais il y a une de ses soeurs assise derrière vous qui est aussi fort agréable. Laissez-moi demander à ma danseuse de vous présenter.
    - De qui voulez-vous parler ? – Mr. Darcy se retourna et considéra un instant Elizabeth. Rencontrant son regard, il détourna le sien et déclara froidement :
    - Elle est passable, mais pas assez jolie pour me décider à l’inviter. Du reste je ne me sens pas en humeur, ce soir, de m’occuper des demoiselles qui font tapisserie. Retournez vite à votre souriante partenaire, vous perdez votre temps avec moi.
    Mr. Bentley suivit de conseil et Mr. Darcy s’éloigna, laissant Elizabeth animée à son égard de sentiments très peu cordiaux. Néanmoins elle raconta l’histoire à ses amies avec beaucoup de verve, car elle avait l’esprit fin et un sens très vif de l’humour.
    Malgré tout, ce fut, dans l’ensemble, une agréable soirée pour tout le monde. Le cœur de Mrs. Bennet était tout réjoui de voir sa fille aînée distinguée par les habitants de Netherfield. Mr Bingley avait dansé deux fois avec elle et ses sœurs lui avaient fait des avances. Jane était aussi satisfaite que sa mère, mais avec pus de calme. Elizabeth était contente du plaisir de Jane ; Mary était fière d’avoir été présentée à miss elle-même comme la jeune fille la plus cultivée du pays, et Catherine et Lydia n’avaient pas manqué une seule danse, ce qui, à leur âge, suffisait à combler tous leurs vœux.
    Elles revinrent donc toutes de très bonne humeur à Longburn, le petit village dont les Bennet étaient les principaux habitants. Mr. Bennet était encore debout, avec un livre. Il ne sentait jamais le temps passer et, pour une fois, il était assez curieux d’entendre le compte rendu d’une soirée qui, à l’avance, avait fait naître tant de magnifiques espérances. Il s’attendait un peu à voir sa femme revenir désappointée, mais il s’aperçut vite qu’il n’en était rien.
    [/align:ae620be875]

    Je me demande comment Elizabeth a fait pour DIGérer l’offense qui venait de lui être infligée ! C’est son naturel enjoué et un peu moqueur qui lui a permis de prendre la chose à la légère et en rire, ce qui témoigne de l’intelligence de la jeune fille, bravo !

  10. #10
    Senior Member Jedi Trader Avatar de xenia
    Date d'inscription
    April 2003
    Messages
    6 196

    10

    [align=left:0735999514]- Oh ! mon cher Mr. Bennet, s’écria-t-elle en entrant dans la pièce, quelle agréable soirée, quel bal réussi ! J’aurais voulu que vous fussiez là … Jane a eu tant de succès ! Tout le monde m’en a fait compliment, Mr. Bingley l’a trouvée tout à fait charmante. Il a dansé deux fois avec elle ; oui, mon ami, deux fois ! Et elle est la seule qu’il ait invitée une seconde fois. Sa première invitation a été pour miss Lucas – j’en étais assez vexée – mais il n’a point paru l’admirer beaucoup, ce qui n’a rien de surprenant. Puis, en voyant danser Jane, il a eu l’air charmé, a demandé qui elle était et, n’étant fait présenter, l’a invitée pour les deux danses suivants. Après quoi il en a dansé deux avec miss King, encore deux autres avec Jane, la suivante avec Lizzy, la « boulangère » avec …
    - Pour l’amour du ciel, arrêtez cette énumération, s’écria son mari impatienté. S’il avait eu pitié de moi il n’aurait pas dansé moitié autant. Que ne s’est-il tordu le pied à la première danse !
    - Oh ! mon ami, continuait Mrs. Bennet, il m’a tout à fait conquise. Physiquement, il est très bien et ses sœurs sont des femmes charmantes. Je n’ai rien vu d’aussi élégant que leurs toilettes. La dentelle sur la robe de Mrs. Hurst …
    Ici, nouvelle interruption, Mr. Bennet ne voulant écouter aucune description de chiffons. Sa femme fut donc obligée de changer de sujet et raconta avec beaucoup d’amertume et quelque exagération l’incident où Mr. Darcy avait montré une si choquante grossièreté.
    - Mais je vous assure, conclut-elle, qu’on ne perd pas grand-chose à ne pas être appréciée par ce monsieur ! C’est un homme horriblement désagréable qui ne mérite pas qu’on cherche à lui plaire. Hautain et dédaigneux, il se promenait de droite et de gauche dans la salle avec l’air de se croire un personnage extraordinaire. J’aurais aimé que vous fussiez là pour lui dire son fait, comme vous savez le faire ! Non, en vérité, je ne puis pas le sentir. /…/
    [/align:0735999514]

    Alors, c’est quand qu’il tombe amoureux de notre Eliza ? Quand lui fait-il sa déclaration, je vous le demande ? Allez, répondez-moi, et puis, traduisez donc l’un des verbes de ma phrase précédente en la langue de Shakespear, la famille Bennet et autres personnes méritantes. Vous en avez besoin pour trouver la daubette dont le mnémo s’obtient en remplaçant la première lettre de ladite traduction par une autre, plus appropriée.

Page 1 sur 4 123 ... DernièreDernière

Discussions similaires

  1. Les daubinettes à la recherche d’une victime
    Par xenia dans le forum Actions
    Réponses: 38
    Dernier message: 06/05/2005, 18h59
  2. Ubisoft : le rachat par E A, c'est parti !
    Par kokoro dans le forum Actions
    Réponses: 0
    Dernier message: 01/04/2005, 09h17
  3. je recherche........
    Par alceste dans le forum Foire aux questions
    Réponses: 2
    Dernier message: 11/02/2005, 08h34
  4. recherche de soft AT
    Par gazou dans le forum Analyse Technique
    Réponses: 12
    Dernier message: 30/11/2003, 16h36
  5. ASF: ça a l'air parti
    Par sphinx dans le forum Actions
    Réponses: 3
    Dernier message: 31/10/2003, 14h04

Règles de messages

  • Vous ne pouvez pas créer de nouvelles discussions
  • Vous ne pouvez pas envoyer des réponses
  • Vous ne pouvez pas envoyer des pièces jointes
  • Vous ne pouvez pas modifier vos messages
  •