Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Alan Greenspan s'est dit convaincu vendredi que les Chinois finiraient un jour ou l'autre par réévaluer leur monnaie, tout en doutant que cela permette de réduire l'énorme déficit commercial américain.


Le yuan "sera réévalué à un moment ou à un autre", a-t-il déclaré à l'issue d'un discours devant des hommes d'affaires à New York.


Cela risque cependant d'"augmenter les prix à l'importation aux Etats-Unis", a-t-il mis en garde.


Et "compte-tenu du gros excédent commercial (de la Chine) vis-à-vis des Etats-Unis, cela ne signifie pas que notre déficit commercial diminuera; en fait c'est sans doute assez improbable", a-t-il ajouté.


Le déficit commercial des Etats-Unis a enfoncé un nouveau record à 617 milliards de dollars en 2004. A elle seule, la Chine a représenté plus du quart du déficit à 162 milliards de dollars.


Aussi les Etats-Unis ne sont pas certains de bénéficier d'une réévaluation du yuan. Outre le fait que la hausse des prix aura "d'autres conséquences", notamment en termes d'inflation, il y a peu de chances que cela permette un retour en grâce des produits "made in USA", a-t-il averti.


"En gros ce qui va se passer c'est que nous allons importer d'autres pays", a-t-il ajouté.


M. Greenspan a par ailleurs contesté vendredi l'idée que les taux directeurs de la Fed soient au dessus d'un niveau considéré comme neutre. La dernière hausse décidée par la Fed remonte au 3 mai dernier lorsque le principal taux directeur a été fixé à 3%.



"Pour le moment, nous ne sommes pas d'accord avec ceux que vous citez", a-t-il assuré, en réponse à l'argument développé par certains économistes comme quoi les resserrements monétaires de la Fed ont poussé ses taux au-dessus de la neutralité.