J'espère que cette info ne provoquera pas les mêmes débordements que les précédentes...

Je trouve quelque part étrange qu'une terroriste hémiplégique soit maintenue en prison quand un meurtrier d'enfant est libéré dans le même temps.
Lequel est le plus dangereux potentielement pour la société ?


Pas de libération pour Ménigon, celle de Léger acceptée mais appel du parquet


Nathalie Ménigon en avril 1982
Le tribunal d'application des peines d'Arras a rejeté vendredi la demande de libération conditionnelle de l'ancienne membre du groupe terroriste Action Directe (AD) Nathalie Ménigon, et accepté celle de Lucien Léger, qui restera en prison à cause de l'appel interjeté par le parquet.

Concernant Nathalie Ménigon, le tribunal a suivi l'avis du substitut du procureur d'Arras qui avait demandé son maintien en détention lors d'une audience le 20 juin au centre de détention de Bapaume (Pas-de-Calais), où Nathalie Ménigon, 48 ans, est incarcérée, a-t-on appris de source judiciaire.

Le parquet avait mis en avant les failles du projet de réinsertion et l'absence de repentir de l'ancienne terroriste, qui avait déclaré à l'audience: "s'il y a une insurrection généralisée du peuple français, je reprendrais les armes, même en fauteuil roulant".

"Le dossier qu'elle a présenté était parfaitement complet, l'expertise psychiatrique favorable, les familles des principales victimes ne s'y opposaient pas (à sa libération, ndlr). Elle est très malade, ne peut pas travailler", a déclaré à l'AFP son avocat, Me Jean-Louis Chalanset, déplorant la décision de justice. "Ce rejet ne peut être motivé que pour des raison politiques. Pour elle (Nathalie Ménigon, ndlr) c'est une vengeance de l'Etat", a-t-il ajouté.

Nathalie Ménigon, partiellement hémiplégique et sujette à des phases dépressives, a été condamnée en 1989 avec les autres membres du groupe terroriste à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat du PDG de Renault Georges Besse en 1986, puis en 1994 pour cinq autres faits commis entre 1984 et 1986, dont l'assassinat de l'ingénieur général de l'armement René Audran en 1985.

La soeur de René Audran et l'épouse de Georges Besse ont indiqué qu'elles n'étaient "pas opposées" à une libération conditionnelle de Ménigon.

Nathalie Ménigon avait déjà essuyé deux refus de suspension de peine demandées par son avocat pour des raisons médicales.

Joëlle Aubron, 45 ans, autre ancienne membre d'AD, est la seule à être sortie de la prison de Bapaume en juillet 2004, après la suspension de sa peine pour raisons médicales à la suite d'une opération d'une tumeur au cerveau. Elle vit depuis dans l'Yonne.

Deux autres membres d'AD, Georges Cipriani, 54 ans, et Jean-Marc Rouillan, 52 ans, sont toujours détenus à la centrale d'Ensisheim (Haut-Rhin) et à Lannemezan (Hautes-Pyrénées). Le premier a effectué plusieurs séjours en hôpital psychiatrique, le second est atteint d'un cancer des poumons.


Lucien Léger en 1964
Lucien Léger, 68 ans, le plus ancien détenu de France restera en prison à cause de l'appel, suspensif, interjeté par le parquet d'Arras, a-t-on appris de source judiciaire. Une audience doit avoir lieu à la cour d'appel de Douai (Nord) dans les deux mois, a précisé le procureur de la République d'Arras Jean-Pierre Valensi à l'AFP.

Lucien Léger, en prison depuis 41 ans, est actuellement détenu à Bapaume (Pas-de-Calais). Il avait été condamné en 1966 à Versailles à la réclusion à perpétuité pour le meurtre en 1964 de Luc Taron, 11 ans, enlevé le 27 mai à Paris et retrouvé mort dans les bois de Verrières-le-Buisson (Essonne).
Le tribunal d'application des peines a motivé sa décision par "un examen très exhaustif des problèmes posés par la réadaptation et la réinsertion" du détenu, a indiqué à l'AFP son avocat, Me Jean-Jacques de Félice.

Par ce jugement, Lucien Léger est admis à la libération conditionnelle à compter du 16 août, avec obligation de résidence et de suivi par un travailleur social.

Me de Félice s'est dit "satisfait du contenu du jugement", mais a regretté l'appel du parquet, qui selon lui "n'était pas nécessaire". "Je considère que c'est malheureusement une décision liée au climat très tendu dans une opinion publique chauffée à blanc sur ces questions", a-t-il déclaré. Il a relevé que le procureur de Douai, consulté parce que Lucien Léger résiderait dans son ressort s'il sortait de prison, avait émis un avis favorable à la libération du détenu.


Jean-Jacques Felice, avocat de Lucien Léger, en avril 2005 à Strasbourg (Photo : Olivier Morin © AFP)
"Il y a une tendance actuellement chez les magistrats, qui souhaitent n'être attaqués d'aucun côté, et qui prennent toutes les précautions en s'entourant d'experts et en saisissant toutes les possibilités de recours", a expliqué Me de Félice.

Une quinzaine de demandes de libération conditionnelle lui ont déjà été refusées. Il a par ailleurs demandé à la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg, qui doit se prononcer dans les prochains mois, de condamner la France pour "traitement inhumain".