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  1. #1
    Senior Member Jedi Trader Avatar de xenia
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    Les daubinettes étudient l’art de l’amour

    Publius Ovidius Naso est né dans le sud de l'Italie en 43 av. J.-C. ; il vient à Rome pour y faire des études de droit, avant de consacrer le plus clair de son temps à la poésie. Puis, il va achever ses études à Athènes, parcourt la Grèce et la Sicile, avant de s'installer à Rome où ses poèmes connaissent rapidement le succès : la bonne société apprécie ses Amours, recueil de poèmes adressés à une amante fictive ; ses Héroïdes, où il imagine une correspondance entre des héros et des héroïnes de la mythologie ; mais, selon Ovide lui-même, le succès que lui vaut son Art d'aimer, manuel de séduction au contenu un peu léger, lui attire également les foudres d'Auguste, qui, en l'an 8 de notre ère, l'envoie en exil dans une ville de la Roumanie actuelle : Auguste, qui désirait réformer les mœurs romaines, a été choqué par le contenu du livre.

    Il faut dire que déjà avant ce fâcheux événement, Ovide a totalement renouvelé son inspiration et composé des œuvres plus vastes et plus ambitieuses : ses Métamorphoses, par exemple, rassemblent, en les classant selon une chronologie qui va des origines au règne d'Auguste, toutes les légendes qui racontent les transformations subies par des êtres humains, métamorphosés en plantes, en animaux, en astres ou en minéraux.

    N’ayant pas été déchu comme bien d'autres proscrits de sa citoyenneté romaine, Ovide espérait pouvoir revenir à Rome et continuait d’écrire du fond de son exil ; mais ses œuvres étaient pleines de mélancolie, comme le recueil des Tristes, où il décrivait son existence malheureuse et en appelait à la clémence d'Auguste, - mais le salopard a fait la sourde oreille. Le malheureux Ovide n’a jamais retourné en Italie : il est mort dans son exil en l'an 17 de notre ère.
    Après sa mort, Auguste interdit ses ouvrages dans les bibliothèques publiques : mais cela n'empêche pas Ovide de jouir d'autant de popularité que de son vivant..
    Pour le thread d’aujourd’hui, j’ai choisi justement son œuvre la plus frivole, L’art d’aimer.

    Les photos illustrant le texte vous donnent quelques échantillons de l’air des Etrusques.
    Par Etrurie, on désigne traditionnellement une zone délimitée par la Mer Thyrrénienne à l'ouest, au nord et au sud par deux rivières, respectivement l'Arno et le Tibre, à l'est par la chaîne des Apennins.
    Les origines des Etrusques sont sujettes à controverses : d’après les uns, ils proviendraient d’une population qui serait arrivée en Italie par la mer de l’Orient : d’autres défendent la théorie noreique, selon laquelle ils seraient venus de l’Europe du Nord en traversant les Alpes Rhétiques ; enfin, il y a les adeptes de la théorie autochtone qui considèrent les Etrusques comme descendants des proto-italiques, populations habitant la péninsule avant l’invasion indo-européenne.
    Quoi qu’il en soit et malgré la forte influence de l’art grec, l’art étrusque, essentiellement décoratif et très soucieux des détails, souvent à la recherche d'effets de dramatisation, a su quand même trouver sa propre voie.



    [align=left:9a5615e85b]
    L’art d’aimer

    Si parmi vous, Romains, quelqu'un ignore l'art d'aimer, qu'il lise mes vers; qu'il s'instruise en les lisant, et qu'il aime. Aidé de la voile et de la rame, l'art fait voguer la nef agile; l'art guide les chars légers : l'art doit aussi guider l'amour. Automédon, habile écuyer, sut manier les rênes flexibles; Tiphys fut le pilote du vaisseau des Argonautes. Moi, Vénus m'a donné pour maître à son jeune fils : on m'appellera le Tiphys et l'Automédon de l'amour.
    [/align:9a5615e85b]

    Pauvre Ovide, chassé de sa partie, exilé, soupirant, versant des larmes amères tout en repentant : ah, alma mater, alma mater !... en son latin maternel. Et heureusement, car ce faisant, il vous donne la possibilité de trouver le mnémonique de notre daubinettes initiale.

  2. #2
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    [align=left:e40b398413] L'amour est de nature peu traitable; souvent même il me résiste; mais c'est un enfant; cet âge est souple et facile à diriger. Chiron éleva le jeune Achille aux sons de la lyre, et, par cet art paisible, dompta son naturel sauvage : celui qui tant de fois fit trembler ses ennemis, qui tant de fois effraya même ses compagnons d'armes, on le vit, dit-on, craintif devant un faible vieillard et docile à la voix de son maître, tendre au châtiment des mains dont Hector devait sentir le poids. Chiron fut le précepteur du fils de Pélée; moi je suis celui de l'amour; tous deux enfants redoutables, tous deux fils d'une déesse. Mais on soumet au joug le front du fier taureau; [1,20] le coursier généreux broie en vain sous sa dent le frein qui l'asservit : moi aussi, je réduirai l'Amour, bien que son arc blesse mon coeur, et qu'il secoue sur moi sa torche enflammée. Plus ses traits sont aigus, plus ses feux sont brillants, plus ils m'excitent à venger mes blessures. Je ne chercherai point, Phébus, à faire croire que je tiens de toi l'art que j'enseigne : ce n'est point le chant des oiseaux qui me l'a révélé; Clio et ses soeurs ne me sont point apparues, comme à Hésiode, lorsqu'il paissait son troupeau dans les vallons d'Accra. L'expérience est mon guide; obéissez au poète qui possède à fond son sujet. La vérité préside à mes chants; toi, mère des amours, seconde mes efforts ! [/align:e40b398413]

    Notre dauxième daubinettes est, comme le proclame l’intitulé du thread, une experte en arts. Mais, j’ai un peu honte de vous l’avouer, telle que je la connais, elle ne pourrait vous parler que d’amours vénales !

  3. #3
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    [align=left:8d9bce4a81] Loin d'ici, bandelettes légères, insignes de la pudeur, et vous, robes traînantes, qui cachez à moitié les pieds de nos matrones ! Je chante des plaisirs sans danger et des larcins permis : mes vers seront exempts de toute coupable intention.
    Plan
    Soldat novice qui veux t'enrôler sous les drapeaux de Vénus, occupe-toi d'abord de chercher celle que tu dois aimer; ton second soin est de fléchir la femme qui t'a plu; et le troisième, de faire en sorte que cet amour soit durable. Tel est mon plan, telle est la carrière que mon char va parcourir, tel est le but qu'il doit atteindre.

    Où chercher ?
    À Rome même


    Tandis que tu es libre encore de tout lien, voici l'instant propice pour choisir celle à qui tu diras : "Toi seule as su me plaire." Elle ne te viendra pas du ciel sur l'aile des vents; la belle qui te convient, ce sont tes yeux qui doivent la chercher. Le chasseur sait où il doit tendre ses filets aux cerfs; il sait dans quel vallon le sanglier farouche a sa bauge. L'oiseleur connaît les broussailles propices à ses gluaux, et le pécheur n'ignore pas quelles sont les eaux où les poissons se trouvent en plus grand nombre.
    [/align:8d9bce4a81]

    La troisième daubinettes figure elle aussi dans ce thread de plein droit, elle qui représente le sujet meme du texte que vous êtes en train de lire, à savoir, l’objet de l’attention permanente de la gent masculine, qui n’hésite pas à user de toute sorte de stratagemes pour se gagner les faveurs de notre daubinette et de ses semblables.

  4. #4
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    [align=left:3f5d4522fa] Toi qui cherches l'objet d'un amour durable, apprends aussi à connaître les lieux les plus fréquentés par les belles. Tu n'auras point besoin, pour les trouver, de mettre à la voile, ni d'entreprendre de lointains voyages. Que Persée ramène son Andromède du fond des Indes brûlées par le soleil; que le berger phrygien aille jusqu'en Grèce ravir son Hélène; Rome seule t'offrira d'aussi belles femmes, et en si grand nombre, que tu seras forcé d'avouer qu'elle réunit dans son sein tout ce que l'univers a de plus aimable. Autant le Gargare compte d'épis, Méthymne de raisins, l'Océan de poissons, les bocages d'oiseaux, le ciel d'étoiles, autant notre Rome compte de jeunes beautés : Vénus a fixé son empire dans la ville de son cher Énée.
    Si pour te captiver, il faut une beauté naissante, dans la fleur de l'adolescence, une fille vraiment novice viendra s'offrir à tes yeux; si tu préfères une beauté un peu plus formée, mille jeunes femmes te plairont, et tu n'auras que l'embarras du choix. Mais peut-être un âge plus mûr, plus raisonnable, a pour toi plus d'attraits ? alors, crois-moi, la foule sera encore plus nombreuse.

    Promenades et édifices publics

    Lorsque le soleil entre dans le signe du Lion, tu n'auras qu'à te promener à pas lents sous le frais portique de Pompée, ou près de ce monument enrichi de marbres étrangers que fit construire une tendre mère, joignant ses dons à ceux d'un fils pieux.
    [/align:3f5d4522fa]

    Je vous ai déjà dit qu’Ovide a parfait ses etudes en Grèce. A n’en pas douter, il a passé moult heures studieuses à la Bibliothèque Nationale d’Athènes, vous facilitant par là meme les recherches du patronyme de notre daubette n° 4.

  5. #5
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    [align=left:dc75741704] Ne néglige pas de visiter cette galerie qui, remplie de tableaux antiques, porte le nom de Livie, sa fondatrice; tu y verras les Danaïdes conspirant la mort de leurs infortunés cousins, et leur barbare père, tenant à la main une épée nue. N'oublie pas non plus les fêtes d'Adonis pleuré par Vénus, et les solennités que célèbre tous les sept jours le juif syrien. Pourquoi fuirais-tu le temple de la génisse de Memphis, de cette Isis qui, séduite par Jupiter, engage tant de femmes à suivre son exemple ?

    Au forum

    Le Forum même (qui pourrait le croire ?) est propice aux amours : [1,80] plus d'une flamme a pris naissance au milieu des discussions du barreau. Près du temple de marbre consacré à Vénus, en ce lieu où la fontaine Appienne fait jaillir ses eaux, souvent plus d'un jurisconsulte se laisse prendre à l'amour; et celui qui défendit les autres ne peut se défendre lui-même. Là, souvent les paroles manquent à l'orateur le plus éloquent : de nouveaux intérêts l'occupent, et c'est sa propre cause qu'il est forcé de plaider. De son temple voisin, Vénus rit de son embarras : naguère patron, il n'aspire plus qu'à être client.
    [/align:dc75741704]

    On voit que l’auteur n’a rien negligee : il énumère toutes les possdibilités de faire une heureuse rencontre, et spécifie la façon de s’y prendre dans chaque CAS précis. Voilà un travail bien fait. Décidément, les Romains étaient des gens vraiment sérieux qui ne faisaient rien à moitié !

  6. #6
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    [align=left:6b9282457e] Au theatre

    Mais c'est surtout au théâtre qu'il faut tendre tes filets : le théâtre est l'endroit le plus fertile en occasions propices. Tu y trouveras telle beauté qui te séduira, telle autre que tu pourras tromper, telle qui ne sera pour toi qu'un caprice passager, telle enfin que tu voudras fixer. Comme, en longs bataillons, les fourmis vont et reviennent sans cesse chargées de grains, leur nourriture ordinaire; ou bien encore comme les abeilles, lorsqu'elles ont trouvé, pour butiner, des plantes odorantes, voltigent sur la cime du thym et des fleurs; telles, et non moins nombreuses, on voit des femmes brillamment parées courir aux spectacles où la foule se porte. Là, souvent leur multitude a tenu mon choix en suspens. Elles viennent pour voir, elles viennent surtout pour être vues : c'est là que vient échouer l'innocente pudeur.
    C'est toi, Romulus, qui mêlas le premier aux jeux publics les soucis de l'amour, lorsque l'enlèvement des Sabines donna enfin des épouses à tes guerriers. Alors la toile, en rideaux suspendue, ne décorait pas des théâtres de marbre; le safran liquide ne rougissait pas encore la scène. Alors des guirlandes de feuillage, dépouille des bois du mont Palatin, étaient l'unique ornement d'un théâtre sans art. Sur des bancs de gazon, disposés en gradins, était assis le peuple, les cheveux négligemment couverts. Déjà chaque Romain regarde autour de soi, marque de l'oeil la jeune fille qu'il convoite, et roule en secret dans son coeur mille pensers divers.
    [/align:6b9282457e]

    Les liens de cette valeur avec le contenu du thread sont des plus ténus, je vous l’accorde, mais ils ne sont pas inexistants, déjà parce que sa raison sociale utilise l’alphabêt dont nous avons hérité des Romains. Eh bien, justement, l’alphabêt : prenez la deuxième , la troisième et la quatrième letters, mélangez-les bien, et vous aurez toutes les chances de trouver le mnémo de notre belle !

  7. #7
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    7

    [align=left:37df9e1c23] Tandis qu'aux sons rustiques d'un chalumeau toscan un histrion frappe trois fois du pied le sol aplani, au milieu des applaudissements d'un peuple qui ne les vendait pas alors, Romulus donne à ses sujets le signal attendu pour saisir leur proie. Soudain ils s'élancent avec des cris qui trahissent leur dessein, et ils jettent leurs mains avides sur les jeunes vierges. Ainsi que des colombes, troupe faible et craintive, fuient devant un aigle, ainsi qu'un tendre agneau fuit à l'aspect du loup, ainsi tremblèrent les Sabines, en voyant fondre sur elles ces farouches guerriers. Tous les fronts ont pâli : l'épouvante est partout la même, mais les symptômes en sont différents. Les unes s'arrachent les cheveux, les autres tombent sans connaissance; celle-ci pleure et se tait; celle-là appelle en vain sa mère d'autres poussent des sanglots, d'autres restent plongées dans la stupeur. L'une demeure immobile, l'autre fuit. Les Romains cependant entraînent les jeunes filles, douce proie destinée à leur couche, et plus d'une s'embellit encore de sa frayeur même. Si quelqu'une se montre trop rebelle et refuse de suivre son ravisseur, il l'enlève, et la pressant avec amour sur son sein "Pourquoi, lui dit-il, ternir ainsi par des pleurs l'éclat de tes beaux yeux ? Ce que ton père est pour ta mère, moi, je le serai pour toi." Ô Romulus ! toi seul as su dignement récompenser tes soldats : à ce prix, je m'enrôlerais volontiers sous tes drapeaux.
    Depuis, fidèles à cette coutume antique, les théâtres n'ont pas cessé, jusqu'à ce jour, de tendre des pièges à la beauté.
    [/align:37df9e1c23]

    Alors que notre septième valeur ne s’appuie pas sur l’alphabêt romain, mais sur celui qui lui a precede et dont les Romains se sont inspires pour s’en créer un : pour prevue, je ne vous dis que ceci : la denomination grecque de l’une des trois lettres qui composent le mnémo precedent, expurgée de ses voyelles, vous donne le mnémo de notre petite n° 7.

  8. #8
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    [align=left:4219bc674c] Au cirque

    N'oublie pas l'arène où de généreux coursiers disputent le prix de la course; ce cirque, où se rassemble un peuple immense, est très favorable aux amours. Là, pour exprimer tes secrets sentiments, tu n'as pas besoin de recourir au langage des doigts, ou d'épier les signes, interprètes des pensées de ta belle. Assieds-toi près d'elle, côte à côte, le plus près que tu pourras : rien ne s'y oppose; le peu d'espace te force à la presser, et lui fait, heureusement pour toi, une loi de le souffrir. Cherche alors un motif pour lier conversation avec elle, et ne lui tiens d'abord que les propos usités en pareil cas. Des chevaux entrent dans le cirque : demande-lui le nom de leur maître; et, quel que soit celui qu'elle favorise, range-toi aussitôt de son parti. Mais, lorsqu'en pompe solennelle s'avanceront les statues d'ivoire des dieux de la patrie, applaudis avec enthousiasme à Vénus, ta protectrice.
    Si, par un hasard assez commun, un grain de poussière volait sur le sein de ta belle, enlève-le d'un doigt léger; s'il n'y a rien, ôte-le toujours : tout doit servir de prétexte à tes soins officieux. Le pan de sa robe traîne-t-il à terre ? relève-le, et fais en sorte que rien ne le puisse salir. Déjà, pour prix de ta complaisance, peut-être t'accordera-t-elle la faveur d'apercevoir sa jambe.
    Tu dois en outre faire attention aux spectateurs assis derrière elle, de peur qu'un genou trop avancé ne touche à ses tendres épaules. Un rien suffit pour gagner ces esprits légers : que d'amants ont réussi près d'une belle, en arrangeant un coussin d'une main prévenante, en agitant l'air autour d'elle avec un éventail, ou en plaçant un tabouret sous ses pieds délicats !
    [/align:4219bc674c]

    La denomination de la valeur n° 8 est composée des deux syllabes : la première sybolise un élément chimique lié au nom des peuples que les Romains considéraient comme barbares et qui, après avoir mis Rome à sac, formeront un Empire presque pan-europée, tandis que la seconde est plus terre-à-terre, c’est tout simplement un pronom démonstratif (ou, si vous préférez, un adverbe, c’est comme vous voulez).

  9. #9
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    [align=left:913d4054d9] Toutes ces occasions de captiver une belle, tu les trouveras aux jeux du cirque, aussi bien qu'au forum, cette arène qu'attristent les soucis de la chicane. Souvent l'amour se plaît à y combattre : là tel qui regardait les blessures d'autrui s'est senti blessé lui-même; et tandis qu'il parle, qu'il parie pour tel ou tel athlète, qu'il touche la main de son adversaire, et que, déposant le gage du pari, il s'informe du parti vainqueur, un trait rapide le transperce; il pousse un gémissement; [1,170] et, d'abord simple spectateur du combat, il en devient une des victimes.

    La naumachie d'Auguste

    N'est-ce pas ce qu'on a vu naguère, lorsque César nous offrit l'image d'un combat naval, où parurent les vaisseaux des Perses luttant contre ceux d'Athènes ? À ce spectacle la jeunesse des deux sexes accourut des rivages de l'un et de l'autre océan : Rome, en ce jour, semblait être le rendez-vous de l'univers. Qui de nous, dans cette foule immense, n'a pas trouvé un objet digne de son amour ? combien, hélas ! furent brûlés d'une flamme étrangère !

    Le triomphe

    Mais César se dispose à achever la conquête du monde : contrées lointaines de l'Aurore, vous subirez nos lois; tu seras puni, Parthe insolent ! Mânes des Crassus, réjouissez-vous !
    [/align:913d4054d9]

    La rouquine glamour dont le prénom a été adopté par cette daubinette aurait sans le moindre doute ensorcelé Ovide. Quel dommage qu’il n’ait pas pu la rencontrer, cela lui aurait donné une occasion de composer un beau poème !

  10. #10
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    10

    [align=left:07d2368f51] Et vous, aigles romaines, honteuses d'être encore aux mains des barbares, votre vengeur s'avance ! À peine à ses premières armes, il promet un héros; enfant, il dirige déjà des guerres interdites à l'enfance. Esprits timides, cessez de calculer l'âge des dieux : la vertu, dans les Césars, n'attend pas les années. Leur céleste génie devance les temps, et s'indigne, impatient des lenteurs d'un tardif accroissement. Hercule n'était encore qu'un enfant, et déjà ses mains étouffaient des serpents : il fut, dès son berceau, le digne fils de Jupiter. Et toi, toujours brillant des grâces de l'enfance, Bacchus, que tu fus grand à cet âge, [1,190] lorsque l'Inde trembla devant tes thyrses victorieux !
    Jeune Caïus, c'est sous les auspices de ton père, c'est animé du même courage que tu prendras les armes; et tu vaincras sous les auspices et avec le courage de ton père : un tel début convient au grand nom que tu portes. Aujourd'hui prince de la jeunesse, tu le seras un jour des vieillards. Frère généreux, venge l'injure faite à tes frères; fils reconnaissant, défends les droits de ton père. C'est ton père, c'est le père de la patrie qui t'a mis les armes à la main, tandis que ton ennemi a violemment arraché le trône à l'auteur de ses jours. La sainteté de ta cause triomphera de ses flèches parjures : la justice et la piété se rangeront sous tes drapeaux. Déjà vaincus par le droit, que les Parthes le soient aussi par les armes; et que mon jeune héros aux richesses du Latium ajoute celles de l'Orient ! Mars, son père, et toi, César, son père aussi, soyez ses dieux tutélaires ! l'un de vous est déjà dieu, l'autre un jour doit l'être. Je lis dans l'avenir : oui, tu vaincras, Caïus; mes vers acquitteront les voeux que je fais pour ta gloire, et s'élèveront pour te chanter au ton le plus sublime.
    [/align:07d2368f51]

    Quelles images charmantes que celle de toutes ces déesses grecques ou romaines, je suis sure que notre daubinettes n’y resterait pas indifférente, elle qui collectionne les images – et sa collection est des plus étendues !

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