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    Banned Jedi Trader Avatar de ronin
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    OPA et commedia dell'arte

    (AOF) -

    Quel spectacle! Les mariages en cours dans le village gaulois offrent à l'opinion, en France et à l'étranger, un spectacle d'une rare intensité, une représentation où surtout, à chaque fois, les surprises ne manquent pas.


    Certes, sur le fond, à chaque fois encore, les fusions envisagées ne manquent pas de cohérence.


    Les rapprochements Mittal-Arcelor, Suez-Gaz de France ou Groupe Banque Populaire-Caisses d'Epargne ont tous un sens industriel fort, et étaient évoqués régulièrement et depuis longtemps par les meilleurs analystes.

    Mais c'est plutôt, du côté de la mise en scène et de l'exécution que viennent les surprises. La pièce renvoie bien davantage, à chaque fois, à la commedia dell'arte italienne qu'au théâtre classique français.


    On a déjà beaucoup commenté les conditions dans lesquelles le combat entre le numéro un mondial de l'acier, Mittal Steel, et son second, Arcelor, a été engagé.

    On sait maintenant qu'entre le séducteur d'origine indienne et l'ingénieur franco-français, la bataille sera longue.


    Dans le mariage, précipité, entre Suez et Gaz de France, là, le plus surprenant est venu, bien sûr, d'Italie.

    Le comportement du challenger, le groupe Enel, a été à cet égard, et jusqu'à présent, absolument stupéfiant.

    Alors même qu'on ne lui demandait rien, il annonce tout de go, par la voix de son président et à la télévision, qu'il réfléchit, effectivement, à une OPA sur le groupe Suez !

    L'annonce provoque, naturellement, une hausse des cours du groupe français, mais elle accélère aussi, du même coup, l'organisation, rapide, d'un mariage impromptu.

    La semaine dernière, Enel a poursuivi dans cette voie spontanée et inhabituelle qui semble être sa marque de fabrique.

    Le groupe, dans lequel l'Etat italien possède 34% du capital et pour lequel les droits de vote maximum qu'un acteur extérieur peut acquérir sont limités à 3%, a fait savoir qu'il "reportait" son projet d'OPA en attendant de connaître la position de Bruxelles pour le cas où il lancerait l'attaque.

    "Enel ne veut y aller que s'il a, auparavant, l'assurance de gagner", ironisait un banquier d'affaires en prenant connaissance, jeudi dernier, des "fuites" ainsi organisées par l'Italien !


    On finit par comprendre les préventions de Suez à l'égard d'un acteur aussi peu averti des pratiques usuelles sur les marchés financiers.

    On les comprend d'autant mieux lorsque l'on s'intéresse à l'état du système électrique italien, un état calamiteux dont Enel est largement responsable.


    L'autre mariage du moment, celui entre les deux groupes bancaires mutualistes français, les Banques Populaires et les Caisses d'Epargne, n'a certes pas la même odeur de gaz.

    Là encore, le projet est vieux... comme le monde. Les premières ébauches en auraient été dessinées il y a une dizaine d'années au moins - en 1996.

    Il a une très forte logique industrielle - les deux entreprises, fortes d'une culture proche, celle des mutualistes, faite de proximité et de solidarité, sont très complémentaires.

    Il intervient enfin à un moment où le mouvement de consolidation dans la profession et au niveau européen s'accélère.

    Mais, une fois de plus, la mise en scène offre des aspects surprenants, voire choquants parfois.

    L'opération a été préparée, on le sait, sans que l'un des principaux concernés, en l'occurrence la Caisse des dépôts et consignations, n'en soit même informé !

    La Caisse, qui détient 35% des Caisses d'Epargne, est pourtant liée avec celles-ci par un pacte d'actionnaire très précis qui lui donne, notamment, un droit de veto sur toute décision stratégique.

    Les pères du projet, Charles Milhaud pour les Caisses et Philippe Dupont pour les Banques Populaires, invoquent la nécessité en la matière, et dans une première étape, d'une certaine confidentialité.

    Les deux dirigeants souhaitaient d'abord voir s'ils pouvaient s'entendre, avant de parler de leur projet à l'actionnaire clé des Caisses d'épargne.

    On ne peut néanmoins s'empêcher de penser que, si l'affaire a été ainsi menée, c'est que Charles Milhaud savait l'indisponibilité temporaire du directeur général de la Caisse des dépôts, qu'il savait aussi que celui-ci, ambitionnant peut-être de lui succéder à la tête des Caisses d'Epargne, n'aurait pas nécessairement approuvé une opération qui l'en écartait définitivement.

    Bref, de la commedia dell'arte ici aussi, même en France !

  2. #2
    Senior Member Jedi Trader
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    A part quelques homosexuels qui pense à se marier actuellement en Gaulle
    micalement.

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