Les contrats à terme sur le brut reculent mercredi, mais un regain des inquiétudes liées à la sécurité dans le delta du Niger empêche tout effondrement des cours.


A 12h05, le contrat à terme de juillet sur le Brent coté à l'ICE Futures de Londres cédait 32 cents à 70,49 dollars le baril.

Le contrat à terme de juillet coté sur le New York Mercantile Exchange abandonnait de son côté 52 cents, à 71,98 dollars le baril.


Un groupe militant nigérian, le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (MEND), a revendiqué mercredi l'enlèvement de cinq ouvriers sud-coréens dans la nuit, en réponse à la détention du dirigeant d'un autre groupe militant.


Le MEND a également annoncé qu'il comptait multiplier ses attentats sur les infrastructures pétrolières "dans les prochaines semaines".


Les courtiers en pétrole indiquent que l'intensification des désordres au Nigéria est un nouveau facteur d'incertitude sur un marché déjà inquiet du programme d'enrichissement d'uranium iranien, et à l'approche de la saison des ouragans qui s'annonce chargée en 2006.


"Lorsque vous vous dites qu'à tout moment, 15% de la production pétrolière américaine venant du Golfe peut être neutralisée, il suffit d'un seul Katrina cette saison pour que le prix du baril atteigne des plus-hauts historiques en un instant", explique un courtier.


Un rapport de l'administration américaine de l'information sur l'énergie a rappelé mardi ce que promettait la saison des ouragans.

Elle a indiqué que le Golfe du Mexique pourrait voir sa production réduite de 35 millions de barils de pétrole, et de près de 63 milliards de mètres cubes de gaz naturel si les prévisions pour la saison des ouragans en 2006 se révélaient exactes.


Dans l'immédiat, les statistiques des stocks de pétrole, à paraître à 16h30, orienteront les prix.


Les stocks d'essence sont attendus en hausse pour la sixième semaine consécutive, selon un sondage réalisé par Dow Jones Newswires auprès d'analystes. Les stocks de brut et de distillats devraient également être en progression.


Le pétrole commence à affecter l'économie des USA Greenspan

WASHINGTON, 7 juin -

L'ancien président de la Réserve fédérale Alan Greenspan a déclaré mercredi que la flambée des prix pétroliers devrait finalement aider les Etats-Unis à réduire leur dépendance vis-à-vis du pétrole.

Mais il a ajouté que cette flambée commençait d'affecter l'économie des Etats-Unis.


"Les Etats-Unis, en particulier, ont pu absorber l'énorme impôt implicite des prix pétroliers jusqu'à présent", a dit Greenspan à la commission des Affaires étrangères du Sénat. "


Toutefois, les récents indicateurs indiquent que nous pourrions finalement subir un certain impact".

Jusqu'à présent, les entreprises ont pu suffisamment améliorer leur productivité pour compenser la facture énergétique mais cette dernière pèse lourd aussi sur les ménages.


"Les prix pétroliers actuels devraient avec le temps réduire dans une certaine mesure notre inquiétante dépendance envers le pétrole", a dit également Greenspan.



L'ex-patron de la Fed a également observé que la zone tampon entre l'offre et la demande de pétrole était extraordinairement mince et que les flambées des prix demeuraient un risque.


"L'équilibre de l'offre et de la demande pétrolières mondiales est devenu à ce point précaire que le plus petit acte de sabotage ou d'insurrection locale produit un impact de taille sur les prix pétroliers", a noté Greenspan, remarquant que les capacités de raffinage mondiales restaient trop limitées