Le 46e congrès de la CFDT, qui s'est achevé vendredi à Grenoble, a permis à la confédération de tourner la page des conflits internes liés à la réforme des retraites.


L'actuel secrétaire général François Chérèque a été réélu pour un deuxième mandat, et son projet "réformiste" pour les quatre années qui viennent approuvé par plus de 80% des délégués.



Le projet "réformiste" qu'il défendait pour les quatre années à venir, débattu pendant plus de deux jours, a été approuvé vendredi par 84,28% des délégués.


Dans ce projet, la CFDT place son action dans le sens d'une régulation de l'économie de marché, pas d'un combat contre le capitalisme.


Elle entend aborder "sans tabous", les débats futurs sur une refonte du contrat de travail, tout en réaffirmant le principe du contrat à durée indéterminée, ou sur la poursuite de la réforme des retraites en 2008.


L'organisation syndicale se prononce également contre le recours systématique à la grève dans les services publics -notamment les transports- en cas de conflit social pour ne pas pénaliser les usagers, et rappelle son opposition à la politique du gouvernement sur plusieurs points, notamment la remise en cause des 35 heures.



La CFDT, qui s'était prononcée en faveur du traité de Constitution européenne au printemps 2005, réitère par ailleurs sa volonté de voir relancer "la construction politique de l'Europe et le renforcement de son modèle social (...) indissociables d'une gouvernance mondiale".



Dans son discours de clôture, François Chérèque a parlé d'un projet "ambitieux", qui témoigne de la capacité de l'organisation syndicale et de ses militants à "regarder la réalité en face, d'un oeil critique, et de dire la réalité telle qu'elle est aux salariés".


Pendant deux jours, au début du congrès, François Chérèque avait tout d'abord défendu son rapport d'activité, bilan de quatre années d'action sous son égide, de 2002 à 2006, marquée par le départ de plusieurs dizaines de milliers de militants suite à l'approbation de la réforme Fillon sur les retraites en 2003.



Le secrétaire général de la CFDT a expliqué que le "oui" de la CFDT à la réforme des retraites avait permis d'obtenir d'importantes compensations, notamment le départ anticipé pour les salariés ayant commencé à travailler très jeunes, et de fermer la porte à la capitalisation et aux fonds de pensions.



Il avait aussi expliqué que l'approbation de cette réforme avait rendu la confédération crédible lorsqu'elle s'est opposée au contrat première embauche (CPE).



"J'ai cru comprendre dans certaines interventions qu'il y avait eu deux CFDT, celle des retraites et celle du CPE. Non, il n'y a pas eu deux CFDT dans ce mandat.

C'est parce que l'on a eu le courage de soutenir jusqu'au bout une réforme que tout le monde attendait que nous avons été d'autant plus crédibles dans notre refus d'une mesure non négociée et discriminante pour la jeunesse", avait-il défendu.



M. Chérèque, souvent applaudi, avait expliqué qu'une organisation syndicale n'avait pas comme seul but d'organiser des grèves.


"Ce n'est pas uniquement sur sa capacité d'aller jusqu'au bout dans l'opposition que le syndicalisme sera jugé, mais aussi sur celle d'aller au bout dans les négociations ensemble, pour apporter des résultats concrets aux salariés", avait-il expliqué.


Ce bilan a finalement été approuvé par 73,5% des militants.


Quelques minutes avant de clore ce 46e congrès, vendredi, François Chérèque a expliqué que la démarche de la CFDT, "c'est tout sauf le syndicalisme du repli et du corporatisme", vantant les "atouts" de sa confédération.


Et en conclusion, il a lancé: "ces atouts, nous venons de les renforcer en décidant ensemble de tourner une page difficile dont nous avons collectivement tiré les leçons".