Les utilisateurs d'Euronext pour une troisième voie européenne

PARIS (- Une troisième voie plus conforme aux intérêts de l'Europe et des utilisateurs d'Euronext est préférable au projet de fusion Euronext-New York Stock Exchange ainsi qu'à la contre-proposition de Deutsche Börse, selon le président non exécutif de Schneider Electric, Henri Lachmann.



Présentant jeudi à la presse les conclusions de la mission que lui avait confiée l'association Paris Europlace, qui regroupe les utilisateurs d'Euronext, il a ainsi préconisé que Deutsche Börse apporte son activité actions au comptant à Euronext qui lui céderait en échange 15 à 20% de son capital.



"Ce scénario permettrait la fusion des marchés actions d'Euronext et de Deutsche Börse, conduisant à un accroissement de la liquidité sur ces marchés et à des synergies notables. Il laisserait Deutsche Börse en pleine possession de ses autres activités, les dérivés et le post-marché, qui représentent 80% à 85% de son chiffre d'affaires", a-t-il dit.



Ce scénario d'apport pourrait être étendu à la Borsa Italiana et permettrait de négocier avec le Nyse une nouvelle grande alliance transatlantique reflétant mieux les poids respectifs des différent marchés, a-t-il plaidé.


"Cette solution nous paraît gagnant-gagnant pour tout le monde", a-t-il dit. "C'est une bonne chose pour les Bourses européennes, les utilisateurs et pour le renforcement de l'Europe."



PAS UNE FUSION ENTRE EGAUX


Selon lui, le projet de rapprochement qui lie actuellement Euronext au Nyse "présente des opportunités de développement pour les marchés d'Euronext, mais ne crée pas de nouveaux bassins de liquidité et constitue une prise de contrôle par le Nyse qui ne garantit pas à moyen terme le développement de la partie européenne au bénéfice de ses utilisateurs".


"Il ne s'agit pas d'une fusion entre égaux mais d'une acquisition (...) Je ne suis pas favorable à cette acquisition", a lancé Henri Lachmann.


Pour sa part, l'offre de Deutsche Börse présente, selon le rapport, d'importants risques d'exécution (position dominante dans les dérivés, ndlr) et ne permet pas le maintien du modèle fédéral d'Euronext, compte tenu des périmètres d'activité et des modèles boursiers très différents des deux entreprises.


Euronext fédère les Bourses d'Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne, Paris et le marché de dérivés londonien Euronext.Liffe. Elle fonctionne sur une séparation des activités de négociations et de "post-marché" alors que Deutsche Börse fonctionne sur un modèle vertical intégré.


Euronext s'est dit favorable à un apport de l'activité cash actions de la Bourse allemande, contre des actions Euronext, tout en jugeant que cette opération pouvait se faire en parallèle à son projet de fusion avec le Nyse.


Pour sa part, Jonh Thain, président du Nyse, a assuré être ouvert à l'intégration de marchés cash de Deutsche Börse ou de Borsa Italiana.



Deustche Börse s'est félicitée de la préférence du rapport Lachmann à une solution paneuropéenne et son hostilité à une acquisition d'Euronext par le Nyse.


Le rapport d'Henri Lachmann a été présenté au conseil d'Europlace mercredi soir. Il doit encore faire l'objet d'une discussion avant que le conseil de l'association de promotion de la place financière de Paris ne prenne position sur les différentes propositions de fusion.


Arnaud de Bresson, délégué général d'Europlace, a indiqué qu'aucun délai n'avait pour l'instant été fixé.