Quelle(s) incidence(s) pour nous ,petits actionnaires??Beaucoup plus de monde sur les actions Françaises?Mais avec Internet ,n'importe quel Américian ,pouvait déja en acheter.Alors baisse du cout des ordres d'achat?

Euronext-Nyse, fin d'un chapitre de la consolidation boursière.
par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - Les actionnaires d'Euronext devraient clore mardi un chapitre long et mouvementé de l'histoire de la concentration des Bourses et choisir le "grand large" en approuvant le projet de fusion de la Bourse pan-européenne avec le New York Stock Exchange.

Une assemblée générale extraordinaire d'Euronext est convoquée mardi à Amsterdam et devrait, sauf surprise, donner son feu vert au projet. Deutsche Börse ayant retiré le mois dernier sa contre-offre de fusion, la tâche des dirigeants d'Euronext s'en trouve facilitée.

Si elle est avalisée, la fusion Nyse-Euronext donnera naissance à la première Bourse transatlantique, la plus vaste et la plus liquide du monde dont la capitalisation combinée des sociétés qui y sont cotées sera de l'ordre de 27.000 milliards de dollars, soit trois fois celle de la Bourse de Londres.

En tenant compte du dernier niveau du cours de clôture du Nyse, l'offre de la Bourse de New York - pour partie en actions et pour partie en numéraire - valorise Euronext 14 milliards de dollars (10,7 milliards d'euros) environ, soit autour de 94,85 euros par action.

Les dirigeants de la future entité se disent ouverts à un élargissement du périmètre à d'autres Bourses européennes, notamment celle de Milan, Deutsche Börse ayant rejeté l'idée de rejoindre ultérieurement l'ensemble Nyse-Euronext.

Le vote de l'assemblée d'Euronext, qui sera suivi le lendemain par celui des actionnaires du Nyse, fermera un chapitre riche en rebondissements du processus de concentration des Bourses mondiales commencé à la fin 2004.

C'est en décembre 2004 que Deutsche Börse ouvre le feu avec une offre de 1,89 milliard d'euros sur le London Stock Exchange. Le LSE la rejette. Euronext se met alors sur les rangs sans toutefois faire une offre ferme ou proposer un prix.

L'année 2005 voit les hedge funds (fonds spéculatifs) comme l'américain Atticus Capital et Children investment fund (TCI), actionnaires de poids à la fois de la Bourse allemande et d'Euronext, monter au créneau contre la fusion LSE-Deutsche Börse et obtenir le départ de Werner Seifert, le patron de Deutsche Börse qui avait pris l'initiative de l'offre.

Atticus et TCI, qui ne souhaitent pas qu'une guerre des offres sur le LSE réduise la part de cash flow (trésorerie) distribuée aux actionnaires des deux sociétés de marché, affichent leur préférence pour une alliance Deutsche Börse-Euronext.

DEUTSCHE BORSE JETTE L'EPONGE

A la fin de l'année 2005, les présidents des directoires des deux opérateurs de marché, Jean-François Théodore (Euronext) et Reto Francioni (Deutsche Börse), entament des discussions mais butent sur des divergences profondes de modèle économique.

Deutsche Börse est attachée à son modèle en "silo vertical" qui intègre toute la chaîne d'une opération de marché depuis la négociation jusqu'aux opérations post-marché (compensation et règlement-livraison). Elle intègre également un très important département informatique.

Euronext, qui fédère les Bourses d'Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne, Paris et le marché de dérivés londonien Euronext.liffe, a externalisé son informatique dans une coentreprise, Atos Euronext Market Solutions, et a amorcé la cession de la totalité de ses actifs dans l'activité post marché - une exigence importante des utilisateurs français d'Euronext soucieux de faire jouer la concurrence.

Au début 2006, le Nasdaq américain, concurrent du Nyse, s'invite au tour de table du LSE et n'a cessé tout au long de l'année de monter dans le capital de la Bourse de Londres pour atteindre aujourd'hui 28,75%. Passant outre au rejet de ses propositions par le conseil d'administration du LSE, le Nasdaq vient de lancer une offre en direction des actionnaires.

L'entrée en scène du Nasdaq et le cours atteint par l'action du LSE ont définitivement mis un coup d'arrêt aux prétentions d'Euronext et de Deutsche Börse sur la Bourse de Londres.

Des contacts noués au printemps 2006 entre John Thain, directeur général du Nyse, et Jean-François Théodore, aboutissent à l'annonce fin mai d'un accord de fusion - un accord contré par Deutsche Börse.

Malgré des appels à une solution européenne de la part de personnalités comme le président français Jacques Chirac, le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet, Claude Bébéar, président d'Axa, Henri Lachmann, président de Schneider, la fusion Euronext-Deutsche Börse n'aura pas lieu.

Dans un rapport à l'association Paris Europlace, qui regroupe les utilisateurs français d'Euronext, Henri Lachmann n'avait pas jugé satisfaisants les deux projets de fusion en compétition et estimé que le rapprochement avec le Nyse ne serait pas "un mariage entre égaux".

Reto Francioni a jeté l'éponge et refusé une solution de compromis proposée par Henri Lachmann et Paris Europlace. Dans un communiqué publié vendredi, Europlace une fois encore "regretté que cette main tendue (...) ait été rejetée par la partie allemande".

Favorable à une alliance européenne dans un premier temps, Europlace a proposé que Deutsche Börse apporte à Euronext sa seule activité de négociation actions au comptant en échange d'une participation de 25% à 20% dans le capital de la Bourse paneuropéenne.

Soumis également à des pressions politiques en Allemagne, Reto Francioni n'a pas accepté cette porte de sortie et enterré la solution intra-européenne.

PAS DE LOI AMÉRICAINE SARBANES-OXLEY EN EUROPE

Selon des sources proches du dossier, les réticences des autorités européennes de la concurrence auraient influé sur la décision allemande. Une fusion totale Euronext-Deutsche Börse créerait un quasi monopole sur le segment des marchés des dérivés par la réunion d'Euronext.liffe et d'Eurex.

Sous la pression des utilisateurs européens, Euronext et le Nyse ont dû amender leur schéma initial.

Ils ont ainsi ajouté des dispositifs juridiques censés garantir la compétence exclusive des régulateurs européens sur les marchés Européens et l'impossibilité présente et future d'étendre la loi américaine Sarbanes-Oxley jugée, en Europe, trop contraignante en matière de communication financières.

La gouvernance du futur ensemble a été rééquilibrée en faveur des Européens. Le conseil d'administration de 22 membres sera composé à égalité de 11 Européens et de 11 Américains contre un partage 10-12 en faveur des Américains dans le projet initial.