L'euro pourrait être soutenu par l'inflation


LONDRES -L'anticipation d'une baisse de l'euro pourrait bien être prématurée.


Il est en effet possible que les pressions inflationnistes dans la zone euro n'aient pas autant diminué qu'on pouvait le penser et qu'une hausse plus marquée

des taux d'intérêt dans la zone euro se révèle après tout nécessaire.


"Un ton restrictif concernant les salaires et une forte insistance sur les perpectives à moyen terme devraient être perçus comme des signes que la Banque

centrale européenne n'en aura pas fini (avec son cycle de relèvement des taux) le mois prochain".


C'est la conclusion à laquelle parviennent certains analystes avant la réunion de la BCE jeudi. Si la banque ne devrait pas relever ses taux à ce stade, son

président, Jean-Claude Trichet, devrait en revanche laisser entendre qu'elle le fera le mois prochain.


Au cours des deux dernières semaines, les statistiques n'ayant mis en évidence que des pressions inflationnistes modérées, le marché a commencé à juger que

la BCE a peu de raisons de continuer à relever ses taux après le mois de mars.


"Il est possible qu'un ton restrictif de la part de la BCE jeudi apporte peu de soutien à l'euro". "De fait, les statistiques sur l'inflation pour janvier

ont conduit à une modération des attentes concernant un nouveau relèvement des taux d'intérêt au deuxième trimestre de 2007, affectant par la même occasion

les dispositions du marché à l'égard de l'euro.



Des signes indiquent toutefois que les statistiques de janvier dénotant une inflation modérée pourraient ne pas refléter toute la réalité.


Le week-end dernier, le magazine allemand Der Spiegel a ainsi rapporté qu'IG Metall réclamait 6,5% de revalorisation salariale cette année.


Il s'agit de la première organisation syndicale en Allemagne et ses négociations avec les employeurs servent souvent d'étalon pour les revendications

salariales.


"Le déroulement de ces négociations salariales pourrait avoir un impact sur la politique de la BCE cette année", remarque Steven Barrow, stratégiste devises

chez Bear Stearns International à Londres.


Un intervenant doute en outre que les statistiques sur l'inflation de janvier conduisent la BCE à adopter un ton plus accommodant.


Il explique ainsi que la baisse des pressions inflationnistes pourrait bien être liée à l'augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée en Allemagne au début

de l'année, qui a incité à anticiper certains achats avant l'entrée en vigueur de cette mesure. Selon lui, une inflation modérée après la hausse de la TVA

pourrait maintenant stimuler la consommation en Allemagne.


Il souligne également la forte croissance de la masse monétaire M3, qui signale "des risques plus importants pour la stabilité des prix à moyen terme".

Tout cela tend à s'opposer à l'idée que l'euro pourrait se déprécier si les statistiques économiques américaines continuent à s'améliorer, soutenant ainsi le dollar.