Santé - Stress au travail : combien ça coûte?



La négociation qui s'ouvre lundi entre syndicats et patronat doit permettre de combattre un fléau qui coûte une fortune aux Etats et aux entreprises.


Le Bureau international du travail l'estime à 3% du PIB des Etats.


Le gouvernement rêve de trois points de croissance en plus?



Qu'il instaure une sieste obligatoire, un service de massage, et la consigne de se parler gentiment dans toutes les entreprises!



Derrière ce doux rêve se cache un constat désarmant : le stress au travail coûte une petite fortune aux grandes économies de la planète.




Syndicats et patronats français se sont mis autour de la table ce lundi pour avancer sur le sujet.

Ils avaient théoriquement trois ans pour adapter à la France un accord-cadre européen sur la lutte contre ce fléau, signé... en octobre 2004.




Ils sont donc déjà en retard et ont hérité de l'obligation très stressante de boucler le dossier au plus vite, encouragés par le ministre du travail Xavier Bertrand.


Le texte européen impose notamment que "si un problème de stress au travail est identifié, une action doit être entreprise pour le prévenir, l'éliminer ou le réduire", et que "la responsabilité de déterminer les mesures appropriées incombe à l'employeur".



"Ce n'est qu'un socle a minima", considère le syndicat CFE-CGC, "On a les moyens d'aller plus loin car le stress au travail est de plus en plus prouvé scientifiquement".


Les patrons sont donc prévenus : ils pourraient se retrouver chargés d'un nouveau fardeau. Mais un meilleur combat contre le stress au quotidien devrait aussi leur rapporter gros...


3% de croissance?


Le coût du stress était en effet déjà évalué en 2000 par le Bureau international du travail à "3 à 4% du PIB" de chaque Etat, même si ce chiffre est très difficile à vérifier.


Des effets bien réels sont en tout cas révélés par toutes les études.


Un quart des arrêts de travail de 2 à 4 mois sont ainsi dus à des "problèmes psychosociaux", au premier rang desquels on trouve le stress.


Selon ce rapport du BIT, aux Etats-Unis, cela représente une perte annuelle d'environ 200 millions de journées de travail, par an et en Allemagne, l'impact sur la production se chiffrerait en milliards d'euros.



Une étude réalisée en France par l'INRS (Institut national de Recherche et de Sécurité) la même année estimait que "le coût direct et indirect du stress peut être évalué entre 830 et 1 656 millions d'euros par an", ce qui représente de 10 à 20 % du budget de la branche accidents du travail / maladies professionnelles de la Sécurité sociale.




Surplus d'accidents...


Derrière ces nombres chargés en zéros se cache une liste infinie de conséquences très désagréables pour les entreprises à gérer au quotidien :

augmentation de l'absentéisme, bien sûr, mais aussi difficultés et coûts engendrés pour remplacer le personnel et former les nouveaux employés.


Sans parler du surplus d'accidents du travail, de la démotivation ou de la dégradation générale de la productivité de l'entreprise...

Un état de fait qui en dernier lieu finit par porter atteint e à l'image d'une société.





De tels arguments pourraient faire réfléchir les entreprises sur le bien-être de leurs salariés.

Le rapport Nasse-Légeron sur le stress remis le mois dernier au ministre du travail ne s'y est pas trompé.




Selon le texte, en plus de mieux mesurer le stress en élaborant de nouveaux indicateurs, c'est bien en informant et en formant les employeurs, notamment sur son coût, que l'on parviendra à le combattre efficacement.




Rien de tel que l'appât du gain pour venir en aide aux salariés?