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L'économie britannique va-t-elle entraîner la livre sterling dans sa chute ?
Si la politique d'austérité de David Cameron est courageuse sur le plan purement économique, elle reste un véritable fléau d'un point de vue social.
Conséquence : le moral des Anglais est au fond de la Tamise.
La morosité ambiante s'ancre profondément dans l'inconscient collectif. Les consommateurs sont angoissés, ce qui grève le potentiel de rebond de la demande intérieure.
Or c'est bien cette demande intérieure qui fait défaut au Royaume-Uni. Si la tendance se confirme, le risque est réel de voir le pays s'acheminer vers une seconde vague de récession.
Le PIB du premier trimestre est finalement conforme à l'estimation de départ à 0,5%.
Si la livre n'a pas fêté comme il se devait ce chiffre, c'est sans doute que cette croissance cache un mal plus profond : elle est uniquement due à une forte hausse de l'excédent dans la balance du commerce extérieur.
En effet, les exportations ont progressé. Mais cette hausse de l'excédent commercial est surtout due au coup de frein sur les importations (en raison de la hausse de la TVA).
La forte contribution des exportations au PIB doit donc être relativisée.
En regardant dans le détail, on constate que les dépenses des ménages ont chuté de 0,6% sur le premier trimestre, soit la plus forte baisse depuis 2009.
Du côté des investissements, c'est également la chute libre avec 4,4% de baisse.
Comme le souligne le site Marketnews.com, à elles seules, les dépenses publiques -- qui sont appelées à être drastiquement ralenties dans les prochaines années -- ont apporté 1% de hausse à la croissance intérieure de la Grande-Bretagne.
Malgré cela, la demande intérieure a chuté de 1,3% sur le premier trimestre.
La Banque d'Angleterre lève le pied !
Jour après jour, la probabilité d'une hausse des taux directeurs par la Banque d'Angleterre, tant attendue par les cambistes et qui avait soutenu la monnaie anglaise, s'éloigne.
En effet, la forte inflation est due à la fois à la hausse des matières premières et à la hausse de 2,5% de la TVA.
Or la légère correction sur le pétrole et les autres matières premières pourrait donner un peu de répit à la Banque d'Angleterre avant de remonter ses taux.
De plus, les pressions politiques vont bon train pour maintenir sous pression la livre sterling afin d'améliorer les exportations, seul pilier qui soutient la croissance pour le moment.
GBP/USD : fort potentiel de correction
Ces facteurs économiques et politiques plaident pour la poursuite de la baisse de la monnaie anglaise.
Techniquement aussi, le potentiel baissier est fort. Tout d'abord, l'échec potentiel du rebond initié sur le support à 1,6044, qui constituait le retracement à 50% de la vague de hausse, laisse entendre une reprise de la baisse.
Ensuite, nous devrions assister à un retour sur le support majeur à 1,6044, puis à une extension de cette baisse vers 1,5640.
" Nous nous entraînons pendant des milliers d'années, mais la victoire ou la défaite survient en un instant ". Jigoro Kano