Bonus : la proposition française "prise en compte"


En réunion pré-G20 à Londres, l'UE et les Etats-Unis ont abouti à un compromis a minima sur la notion de plafonnement, sans toutefois de mesure concrète.



La ministre française de l'Economie Christine Lagarde a commenté les décisions prises samedi par le G20 des Finances à Londres ainsi :


les bonus sont désormais "dans le collimateur de tout le monde" et la proposition française de les limiter a été "prise en compte" par ses homologues du G20.



Sous entendu, à ceux qui critqueraient le fait que ça n'avance pas, elle répond : c'est mieux que rien.


Si les Français, qui avaient décrété un "haro sur les bonus" ne sont pas parvenus à obtenir leur plafonnement, ils ont toutefois obtenu que cette question ne soit pas totalement abandonnée.




Les ministres des Finances du G20 ont en effet trouvé un compromis sur la question du plafonnement des bonus des banquiers, en acceptant que les moyens de le mettre en oeuvre soient... étudiés pour le sommet de Pittsburgh aux Etats-Unis les 24 et 25 septembre.




Les Américains sont sur le fond toujours "hostiles" au principe du plafonnement de ces rémunérations variables, alors que les Français sont le fer de lance de l'idée.



Mais la solution trouvée devrait permettre de satisfaire tout le monde en inscrivant le mot de "plafonnement" dans le communiqué final, sans que celui-ci n'implique un engagement formel à appliquer à court terme une telle limitation.



Ce compromis a été trouvé à l'issue de discussions "difficiles" en début de matinée à la réunion des ministres des Finances des grands pays industrialisés et émergents, les Américains se montrant encore "très bloqués", selon une source du G7.



Mais la situation s'est arrangée à la pause, le secrétaire américain au Trésor Tim Geithner et la ministre française de l'Economie Christine Lagarde finissant par tomber d'accord sur les termes.




Le G20 Finances s'est en revanche plus clairement accordé à soutenir l'idée d'un étalement des bonus dans le temps, avec suppression possible des derniers versements en cas de mauvaise performance, et d'une plus grande transparence sur les bonus des dirigeants.



Paradis fiscaux: le G20 prêt à des sanctions à partir de mars 2010




Au final, le Conseil de stabilité financière (CSF) a été chargé de faire des propositions en ce sens avant Pittsburgh, selon ce texte.



Les règles adoptées samedi pour encadrer les primes des banquiers prévoient leur étalement dans le temps avec la possibilité de ne pas les verser dans leur totalité en cas de mauvaise performance de la banque, selon le principe du "bonus/malus" déjà appliqué par la France.


Satisfaits sans doute que le compromis trouvé permette de ne pas enterrer définitivement la question du plafonnement, les Français espèrent désormais recevoir l'appui du président du CSF Mario Draghi qui, selon une source du G7, s'est montré samedi matin "très tonique" devant les ministres pour dénoncer les dangers des bonus, selon lui au coeur de la crise.



Il a en outre été entendu et les pays du G20 ont réaffirmé leur engagement à "continuer de mettre en oeuvre avec détermination nos mesures de soutien financier et nos politiques budgétaires et monétaires expansionnistes", selon le texte de la déclaration.



Les ministres des Finances du G20 ont aussi évoqué, sans parvenir à une conclusion, la réforme du Fonds monétaire international (FMI) vendredi soir, un sujet qui oppose les Européens à la fois aux Etats-Unis et aux pays émergents.



Les Européens ont confirmé qu'ils étaient certes favorables à une plus grande représentativité des pays émergents, mais souhaitent que la réforme concerne tous les sujets, y compris la remise en cause du droit de veto des Etats-Unis.




Le G20 a là aussi renvoyé à Pittsburgh l'éventualité d'un accord sur la future gouvernance du FMI.







Enfin, les ministres des Finances du G20 se sont dits "prêts" à sanctionner à partir de mars 2010 les paradis fiscaux qui refusent de se conformer aux normes internationales, dans un communiqué publié à l'issue de leur réunion.