"Je ne peux pas faire d'économies avec la vie des gens".




Nicolas Sarkozy a présenté lundi à Marseille son plan Cancer 2.




Avec, tout d'abord, ce chiffre :


près de 750 millions d'euros seront débloqués pour la période 2009-2013 parce que la "lutte contre le cancer est devenue un enjeu majoritaire pour la France", parce que "depuis 2004, les cancers sont devenus la première cause de mortalité".






Voici les objectifs affichés et annoncés. Nicolas Sarkozy les a ainsi résumés :



"mettre de l'argent pour chercher et trouver des solutions ; pour mieux considérer le personnel hospitalier ; pour mieux accompagner les malades; faire en sorte que tous ceux qui souffrent n'aient pas non plus à en souffrir dans le regard des autres".




- Améliorer la visibilité sur les cas de cancers




Nicolas Sarkozy a demandé à l'Institut de veille sanitaire de produire en 2010 des données plus récentes et de "meilleure qualité" sur les cancers en France, pour permettre une meilleure prévention.





"Je ne suis pas satisfait", a-t-il dit. "




Les Etats Unis publient des données d'incidence et de décès estimées pour 2009, la France s'en tient encore aujourd'hui à des données de 2005.





C'est une erreur.


Comment voulez-vous que notre action contre le cancer soit efficace si nous passons notre temps à regarder la réalité dans le rétroviseur ?"






- Etudier les risques environnementaux




"Je souhaite que 15% du budget de la recherche prévu par ce plan soit consacré à quelque chose qui est très important à mes yeux, qui est l'analyse des risques environnementaux et comportementaux", a déclaré le chef de l'Etat.





Selon lui, il faut "étudier davantage les effets à long terme des expositions, même à faible dose, à certains agents chimiques, biologiques ou physique".







"On n'a pas assez travaillé sur ces questions", a-t-il martelé, tout en se défendant de vouloir "affoler inutilement les Français".




( En 39 aussi on n'a pas voulu les affoler avec les accords de Munich, et pourtant comme commenta Daladier


" Les cons s'ils savaient...."

Il va peut être falloir songer à placer les gens devant leurs responsabilité aussi )





"Ça n'aurait aucun sens", a-t-il précisé, "mais il faut être attentif aux risques émergents, ce sont sans doute les risques de demain".





- Mieux dépister






Pour réduire les inégalités face à cette maladie qui devrait toucher 350.000 personnes en 2009 (+10% en quatre ans), il a promis l'installation de 74 machines supplémentaires d'imagerie par résonance magnétique nucléaire, "dont 39 dans les 10 régions ayant la mortalité pour cancer la plus élevée".






- "Construire l'excellence des soins de demain"




"Nous avons 5000 chercheurs en cancérologie.





Au sein de cet ensemble, nous allons identifier les meilleurs structures, cinq sites de recherche pluridisciplinaire seront labellisés par l'Institut national du cancer", a déclaré le chef de l'Etat.





Il a expliqué que ces cinq sites "travailleront en réseau avec d'autres équipes de recherche et d'autres établissements de santé.



Ils seront un facteur d'émulation



". Ces sites devront "contribuer de manière décisive à accélérer le transfert des avancées de la recherche au bénéfice des malades", a poursuivi Nicolas Sarkozy, en ajoutant qu'ils "seront encouragés à concourir au plan mondial à la réalisation d'essais cliniques précoces de nouveaux médicaments".




Par ailleurs, le chef de l'Etat a dit souhaiter "que la participation des patients aux essais cliniques augmente de 50%".






- "20% de spécialistes de plus"



"Pour garantir la qualité des soins à l'avenir, à côté de la recherche, il faut anticiper l'évolution démographique de certaines professions.





Les spécialistes impliqués dans la prise en charge des cancers, je pense aux oncologues, aux radiothérapeutes, aux hématologues qui sont aujourd'hui en nombre insuffisants", a déclaré le chef de l'Etat.





"Un effort particulier de recrutement sera consenti en faveur des radiophysiciens", a-t-il poursuivi, en faisant allusion "au drame d'Epinal" où des patients avaient été irradiés.



Il a souhaité ainsi "une centaine d'étudiants en plus dans les formations de radiophysiciens chaque année".







- Alcool : améliorer l'information des consommateurs



Nicolas Sarkozy a annoncé que "en 2011 la quantité d'alcool devra être indiquée sur chaque bouteille".




Actuellement, c'est le degré d'alcool qui est inscrit sur les bouteilles.



Le chef de l'Etat a ajouté que dans le "même temps, les centres venant en aide aux personnes en difficulté avec l'alcool verront leurs moyens renforcés".





- Tabac : des substituts mieux remboursés



Nicolas Sarkozy a reconnu lundi que la hausse de 6% du prix du tabac votée par l'Assemblée constituait "une forte progression", qu'il a justifiée, et a annoncé un remboursement des substituts nicotiniques de 150 euros en 2010 (contre 50 actuellement) pour les bénéficiaires de la CMU et les femmes enceintes.





Mieux lutter contre l'usage du tabac, c'est aussi prévoir des avertissements visuels sur les paquets "atténuant l'image positive de la cigarette", et interdire la vente de tabac sur internet ainsi qu'aux mineurs, a-t-il ajouté.





- Améliorer la vie après le cancer



"Je n'accepterai pas que des patients ne puissent s'assurer et emprunter dans les meilleures conditions possibles", a déclaré le chef de l'Etat, qui a promis "d'élever la voix" contre "les assureurs et les établissements de crédit".




Il a notamment demandé aux signataires de la Convention "s'assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé" (AERAS) de "renouveler celle-ci pour améliorer la couverture assurancielle et l'accès à l'emprunt des personnes qui sont sorties de la maladie".





Signée par les pouvoirs publics, les fédérations professionnelles de la banque, de l'assurance et de la mutualité et les associations de malades et de consommateurs, cette convention, en vigueur depuis le 6 janvier 2007, vise à élargir l'accès à l'assurance et l'emprunt pour les personnes affrontant ou ayant affronté un problème de santé.









"Peu d'effets sur la recherche"





Le député PS Jean-Louis Bianco a regretté que le plan cancer 2 annoncé à Marseille par le président Nicolas Sarkozy ait "peu d'effets sur la recherche".






Selon lui, "émotion, compassion, accompagnent de nouvelles mesures de prévention ainsi qu'une nouvelle hausse du prix du tabac", mais "la véritable réponse au cancer, c'est un investissement massif dans la recherche".




( Nulle intention de nier la nécessité d'une recherche pointue et conséquente.


Mais responsabiliser aussi les gens serait judicieux... )