Marchés - Les transactions à haute fréquence gagnent du terrain








NEW YORK/TORONTO, 2 décembre




Les transactions financières à haute fréquence gagnent du terrain dans toutes les régions du monde et concernent de plus en plus d'actifs mais leur avancée est freinée par des infrastructures insuffisantes, des régulations contraignantes et l'opposition de certains acteurs.






Sur certains marchés en Asie, il faut parfois plusieurs secondes pour qu'un ordre sur un titre boursier soit exécuté.




Une éternité pour un trader qui utilise des algorithmes complexes afin d'effectuer un millier de transactions en l'espace d'une milliseconde pour tirer parti du moindre déséquilibre entre l'offre et la demande.






La concurrence entre les plates-formes empêche également l'interconnection recherchée par les opérateurs de ces transactions ultrarapides.




Les courtiers et les institutions traditionnelles, dont la position est menacée par l'apparition de nouveaux acteurs, contribuent à ériger des cloisons.






Mais les transactions à haute fréquence ("high-frequency trading"), qui représentent environ 60% des opérations sur actions aux Etats-Unis selon des estimations, ont déjà conquis une grande partie de l'Europe et se propagent aux marchés émergents, particulièrement l'Amérique latine.





La haute fréquence gagne également du terrain sur les contrats à terme, les options et les changes.






Les craintes d'une panique sur les marchés provoquée par un problème d'algorithme sont passées au second plan.







"CERCLE VERTUEUX"




"C'est un cercle vertueux. Plus il y a de gens qui s'y convertissent et plus nombreux sont ceux qui se disent interessés".




Sur certains marchés boursiers européens, la haute fréquence représente déjà plus d'un tiers du total des transactions, selon plusieurs estimations.





L'automatisation des échanges a permis de réduire fortement les spreads et de diminuer les coûts de transaction, permettant une ouverture sans précédent de certains marchés.





Au Brésil, des signes montrent que la haute fréquence progresse et des marchés relativement petits comme le Mexique et la Colombie encouragent les principales sociétés américaines de courtage à exporter leurs techniques dernier cri.





L'Asie, en revanche, est à la traîne en dépit d'un potentiel élevé.




"L'environnement réglementaire aux USA et en Europe, qui a pour objectif d'améliorer l'exécution, n'existe pas en Asie



Des changements de réglementation aux Etats-Unis et en Europe ont permis d'harmoniser les échanges et déclenché une guerre des prix entre les différentes plateformes.





L'Asie est encore loin de ces évolutions, plombée par des problèmes structurels de manque d'harmonisation des régulations et de liquidités irrégulières.






En outre, la plupart des marchés de la région n'ont pas les infrastructures nécessaires face à des opérateurs utilisant les microsecondes, c'est-à-dire un millionième de seconde, pour mesurer le temps nécessaire à un ordre pour atteindre les marchés.







TOKYO ET HONG KONG TRÈS LENTS



"Les systèmes à Tokyo et à Hong Kong sont très lents. Il faut plusieurs secondes pour qu'une transaction soit acceptée", souligne Neil Katkov, vice-président et directeur du département Asie à Celent, une société de conseil.




"Il n'y a que quelques marchés qui fonctionnent sous la seconde, comme la Corée".




UBS estime qu'environ 30% des transactions boursières japonaises se font à haute fréquence, contre jusqu'à 10% pour l'ensemble de l'Asie, jusqu'à 10% au Brésil, environ 20% au Canada et jusqu'à 40% en Europe.





Les transactions haute fréquence représentent aux Etats-Unis jusqu'à 40% des volumes d'échanges sur les contrats à terme, jusqu'à 20% sur les options et 10% sur les changes.




Selon des courtiers et des analystes, les marchés de taux fixes et des matières premières pourraient être les prochaines cibles de la haute fréquence.




Paul Wilmott, expert en finance quantitative, met toutefois en garde contre les dangers de ces transactions ultrarapides.





"Nous devrions marquer une pause et réfléchir avant d'aller trop loin sur ce chemin, tout simplement parce que quand trop de gens suivent la même stratégie, il existe un risque (...) de bulle et de crash, dont nous ne voulons pas", explique-t-il.






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