Banques d’affaires, Investment Banks


Celles par qui le malheur est arrivé?


Sont-elles seulement des banques ou de gigantesques casinos ?

et si c'était des Hedge Funds?






Les termes « Banque d’affaires », « Banquiers d’affaires » ont connu des fortunes diverses en France.


On se souviendra (avec de plus en plus de difficultés) des deux cents familles (en fait les deux cents actionnaires de la Banque de France quand elle était encore privée).





Les banquiers d’affaires, c’était le saint des saints de la Banque, on y traitait de grandes relations, on montait des affaires dans le plus grand secret, les chargés d’affaires portaient tous de grands noms qui ouvraient les portes des hôtels particuliers les plus discrets de la grande bourgeoisie.


Les Banques d’affaires n’avaient pas le droit de recevoir des dépôts du public.


Pendant la grande crise, celle de 1929, leurs clients avaient découvert, mais un peu tard, que leurs dépôts avaient été anéantis dans des spéculations, des investissements et des opérations boursières très malheureuses, en peu de mots dans des transactions de banques d’affaires.


Alors, la réglementation leur avait interdit d’autres déposants que des gens avertis, riches ou entrepreneurs.

En contrepartie, la faculté d’investir dans les entreprises et de mener des opérations financières pour leur compte et le compte de leurs clients leur était reconnue.




Aux Etats-Unis, les mêmes causes avaient produit les mêmes effets.


En 1933, le Banking Act mettait en place une réglementation nouvelle : le Glass-steagall act.



La loi nouvelle séparait les métiers de la banque de dépôts (commercial banking, en anglais), c'est-à-dire les activités de prêts et de dépôts, et de la banque d'investissement (Investment Banking, en anglais), portant sur les opérations sur titres et les valeurs mobilières.


Les Investment Banks devinrent la fine fleur de la banque américaine.


Le Glass-Steagall Act a été remplacé en 1999 par le Gramm-Leach-Bliley Act, réduisant l’écart entre les commercial banks et les Investment Banks et autorisant les unes et les autres à exercer une seule entité des activités de dépôt, d'investissement et d'assurance.

Cette réforme a-t-elle conduit à la crise financière ?

Est-ce parce que les banques d’affaires américaines ont été « débridées » que la crise des subprimes a éclaté ?



Dans ce dernier cas, on prête beaucoup aux riches et pas assez aux « tâcherons de la profession » les banques commerciales.


La crise des subprimes a trois responsables au moins :


les taux d’intérêts qui se trouvèrent à des niveaux ridiculement bas, la distribution du crédit immobilier par les banques commerciales et les montages de produits dérivés par les banques d’affaires.



L’avantage des banques commerciales résidait dans le fait qu’elles avaient des dépôts et donc pouvaient refinancer même leurs créances douteuses.


En revanche, les Investment Banks n’ayant pas de dépôts, dépendaient des liquidités du
marché interbancaire et quand des mouvements de défiance commencèrent à marquer le marché, les liquidités leur firent défaut.



Innocentes les banques d’affaires ?

Si peu que Goldman Sachs, empêtrée dans quelques mauvaises affaires s’est engagée à mettre en œuvre la réforme financière américaine avant 2014 date limite prévue par les textes.



Ce sera un gros sacrifice pour: il s’agit ni plus ni moins que d’encadrer fermement les opérations pour compte propre des banques sur les marchés de spéculation.



Avant la crise, ces opérations représentaient jusqu’à 10% des revenus.

JP Morgan sa concurrente la plus proche a annoncé son intention de se séparer de cette activité.



Mais au fait !

Les grandes banques d'investissement américaines ont disparu !

Soit elles ont fait faillite en 2008 comme Lehman Brothers ou Bear Stearns (rachetée par JP Morgan) ou , elles ont pris le statut de bank holding comme Goldman Sachs et sont devenues banque de dépôt soumises à la réglementation et aux contrôles des banques de dépôts !



On a bien compris tout le mal qu’on pouvait en penser !

Il est temps d’évoquer ce qu’elles font dans la vie de tous les jours !



Il y a immédiatement une ambigüité dans les termes qu’il faut lever.


Quand les Investment Banks apportent des services de corporate banking, cela concerne leurs relations avec les grandes entreprises.



Les autres relèvent du commercial banking, activité beaucoup plus « frustre » et principalement orientée sur les services bancaires classiques.


De plus, aux Etats-Unis, le rôle des banques dans le financement de l’économie est beaucoup plus réduit qu’en Europe et encore plus qu’en France et les financements longs sont assurés par les marchés financiers, via les obligations, les produits financiers structurés etc.…
qui sont justement le domaine d’élection des investments banks.


Leurs clients sont des clients dits corporate, IFI (insurance and financial institutions) ainsi que des Etats. (que n’a-t-on pas dit sur le rôle délétère de Goldman Sachs vis-à-vis de l’entrée de la Gréce dans la
zone Euro).




L’activité traditionnellement dévolue aux Investments banks est relative au conseil, montage, structuration et à l’exécution d’opérations dites de haut de bilan pour cette fameuse clientèle Corporate.


On y trouve donc les grands classiques de la finance d’affaires : opérations de financements structurés et de marchés financiers : IPO (introduction en bourse), montage d’émission d’obligation, création et gestion de syndicat d’émission, tenue de marché, contrats de liquidité etc…


On les trouve dans tout ce qui est relatif aux LBO, aux OPA, OPE, opérations de rachat ou de cessions d’actifs et de blocs de contrôle et de fusions acquisitions.



Elles ont aussi des activités très importantes de courtage sur les marchés financiers, les marchés de matières premières et les opérations dites OTC, (over the counter), Gré à Gré. … .

Il faut y ajouter une forte activité de courtage boursier et de gestion de fonds pour compte propre et pour compte de tiers.



Listant toutes ces opérations, on met en valeur leur extrême diversité, mais aussi les risques extrêmes auxquelles elles sont confrontées en matière d’éthique et de conflits d’intérêts.



C’est à ce point que pour mettre en valeur l’importance accordée à l’éthique, pour en faire aussi un avantage compétitif, Goldman Sachs avait, il y a 30 ans, posé 14 «business principles » qui énonçaient que le client et ses intérêts étaient au centre de l’activité et des préoccupations de la banque, et surtout, insistait sur la vertu du travail d’équipe («teamwork») et l’impératif de transparence et d’intégrité.


Le fameux « Chinese Wall » qui fait que l’équipe assure la gestion de portefeuille des sociétés d’investissement clientes au Dixième étage ne sait pas qu’une autre équipe travaille sur une augmentation de capital très stratégique pour une des entreprises comprise dans le portefeuille d'un des fonds.



Ou que l’équipe d’opérations sur fonds propres a décidé de se débarrasser de produits financiers mis au point par l’équipe en charge de la structuration de ce type de produits et vendus aggressivement à la clientèle de la même banque.

Cas classique du conflit d'intérêts.


C’est justement un des points sur lequel Goldman Sachs et quelques autres sont attaqués aux Etats-Unis à l’heure actuelle.


Les produits financiers structurés autour des subprimes recommandés à « l’achat » à la clientèle d’un coté de la banque étaient vendus en masse de l’autre coté par les gestionnaires de ses fonds propres.



Le problème de fonds aux Etats-Unis et dans les grands centres de la finance internationale est que les banques d’affaires en sont venues à gérer leurs fonds propres pour compenser la faiblesse des résultats des autres activités !

Au point qu’on les a qualifiées de « gigantesques hedge funds ».

Au point que d’autres observateurs …et régulateurs se demandent si les hedge funds ne sont pas des banques !!!!