WASHINGTON (AFP)
Les "conséquences" évoquées par Washington dans ses relations avec la France pourraient se traduire par une révision à la baisse de la coopération des deux pays sur la scène internationale, mais des sanctions semblent difficiles, estiment des diplomates et experts.
Exaspérée par l'opposition française à la guerre en Irak, l'administration américaine ne va pas toutefois jusqu'à parler de "punition".
Les actions envisagées pour faire sentir à Paris le courroux américain se situent principalement dans le domaine diplomatique, et seraient ciblées sur un point jugé sensible pour les Français: les battre froid sur la scène internationale.
Washington pourrait ainsi refuser d'inviter la France à des rencontres informelles organisées par les Etats-Unis avec ses "amis et alliés" européens, à l'Onu, à l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) ou à l'Otan, selon des responsables américains parlant sous anonymat.
A l'Otan, Washington envisage de recourir plus activement au Comité des plans de défense (CPD), une structure politique (bien politique) de l'Alliance dont Paris ne fait pas partie. Spécialisée dans la préparation de plans en cas d'invasion et dans le domaine nucléaire, elle est tombée en désuétude depuis la disparition de l'URSS.
Washington envisage également d'admettre de nouveaux pays (Italie, Espagne et Pologne, trois pays favorables à la guerre contre l'Irak) dans un forum sans existence légale, appelé par certains diplomates "directoire". Composé des quatre membres les plus influents de l'Alliance - Etats-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne, France -, il facilite la recherche d'un consensus pour les décisions importantes, de facto entérinées ensuite par le reste du Conseil de l'Otan.
Les Etats-Unis semblent toutefois vouloir éviter des mesures trop visibles ou trop ouvertement vexatoires.
La Maison Blanche a ainsi démenti jeudi que le président George W. Bush ait l'intention de snober la France en séjournant en Suisse à l'occasion du sommet des sept pays les plus industrialisés et de la Russie en juin à Evian (est de la France).
Washington n'envisage pas non plus d'appliquer à Paris des mesures de rétorsion comme celles décrétées à longueur d'année par le Congrès et le département d'Etat contre les "Etats voyous", de Cuba à la Corée du Nord.
La Maison Blanche a souligné qu'il ne s'agissait pas de "punir" ou de faire "payer un prix" à Paris, tandis que le département d'Etat a rappelé que la France restait un pays "allié".
"La France n'est tout de même pas la Syrie", souligne Simon Serfaty, du Centre d'études stratégiques et internationales de Washington. De plus, "les économies sont tellement intégrées que l'on ne pourrait pas sanctionner la France sans faire du mal à toute l'Europe et nous pénaliser nous-mêmes".
Pour James Goldgeier, directeur des études européennes à la George Washington University, les Etats-Unis ont toujours besoin du soutien de la France pour la lutte anti-terroriste, où la coopération est jugée excellente.
"Les efforts globaux pour lutter contre le terrorisme et les armes de destruction massive ne vont pas être facilités si l'on dit que les pays qui ont soutenu les Etats-Unis en Irak seront récompensés, et ceux qui ne l'ont pas fait seront sanctionnés", assure M. Goldgeier.
La volonté de contourner le plus possible la France à l'Otan a elle aussi ses limites et risquerait de fragiliser cette institution dans son ensemble, alors que Washington n'exclut pas que l'Alliance joue un rôle dans la stabilisation de l'Irak.
Quant à évincer la France de la reconstruction de l'Irak, l'idée est également à double tranchant. "La reconstruction de l'Irak risque d'être un fardeau plus qu'un gâteau. On en reparlera dans quelques mois quand les Américains verront la facture", fait valoir un diplomate européen à Washington.


Il me semble avoir entendu quelque part que les entreprises Françaises font travailler 700 000 personnes aux states...

Par ailleurs comme dit dans l'article ci dessus, une guerre économiqe à la France bouleverserait l'économie mondiale. Ce n'est peut être pas le moment pour une amérique en crise de jouer les gros bras. Par ailleurs chez eux le bizeness passe avant tout...